Chapitre 29

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(Mettez le média quand vous voyez "🔹", la musique reflète beaucoup l'émotion que je voulais transmettre)

•••

- Mademoiselle Carter?

Une infirmière se dirige vers moi après m'avoir reconnue. Je me tourne vers elle et voit ma mère souffler et secouer la tête d'un air frustré, elle me tourne le dos et s'éloigna d'une démarche rapide.

- C'est un sujet très important. Il faut absolument que demain matin on se rejoigne.

Résignée j'accepte et suit l'infirmière qui m'attendait, elle me conduit devant la chambre de Vincent. Je laisse mes pensées de côté et me concentre sur le moment présent. Il n'y a avait plus rien autour de moi, je n'entendais que mon souffle qui s'accélérer. Lorsque j'entre dans sa chambre, la mère de Vincent se tourne vers moi et me prend dans ses bras, je ferme les yeux et la laisse me réconforter. Les yeux de son mari était rivés sur son fils, il se tenait assis, le dos courbé et la tête baissée. La femme me sourit tristement et me prit la main pour m'inciter à m'asseoir avec eux. Mon regard se pose sur le visage blême de Vincent, je pris doucement sa main.

Froide.

Cette sensation me brisait le coeur, de savoir que j'avais le droit de vie et de mort l'homme que j'ai aimé pendant ces trois dernières années. L'homme qui m'a aidé et qui a aimé ma fille comme la sienne. Mon regard était perdu dans le vague, je sentais tous les moments et les souvenirs que j'ai vécu avec lui me revenir. Je me tourne les larmes aux yeux vers ses parents, la même douleur se reflétait dans leurs yeux.

Réveille toi. Le suppliais-je mentalement

Je scrutais le moindre signe d'un  mouvement, il demeurait immobile, plongé dans un sommeil sans fin.

- Vincent est quelqu'un de bien qui a passé sa vie à servir nos intérêts avant les siens. Chuchotais-je

Elle éclate en sanglot tandis que son mari acquiesça, il la prit dans ses bras dans un geste protecteur et lui embrassa doucement le front.

- Il méritait mieux. Continuais-je la voix brisée

Je sentis mon coeur de serrer et je me cramponne à son bras, je ne voulais plus le lâcher. Je restais plusieurs minutes à le contempler dans l'espoir de voir ses yeux vairons me fixer avec tendresse. De sentir sa main sur mon visage. D'entendre sa voix.

- On a trouvé ça dans son appartement.

La mère de Vincent me tendit une enveloppe, mon prénom était inscrit dessus je la regarde et la saisit au bout de quelques secondes. Ils se lèvent, l'homme se penche et embrasse son fils, sa femme fait de même et caresse doucement son visage les yeux remplis d'une tendresse infinie.

- Nous te laissons faire ton deuil. Chuchota-t'elle

Je sentis la main du père de Vincent se poser sur mon épaule et la presser doucement, mon regard était toujours posé sur l'enveloppe. J'entends la porte claquer je la saisis avec délicatesse et l'ouvrit en reniflant. J'en tira un portable, un papier était collé dessus, je reconnus aussitôt l'écriture de Vincent.

"Enregistreur"

- Qu'es que tu as voulu faire. Murmurais-je

Je me rend sur l'application. Un seul enregistrement était présent et datait du 5 juillet à 14h34. Je tapote dessus plusieurs fois et augmente le volume.

🔹 Média 🔹

"C'est moi.

Je sanglote et presse sa main en entendant le son de sa voix.

Si tu reçois ce message c'est certainement parce qu'il m'est arrivé quelque chose, j'ai fais en sorte que mes parents la trouve et te la remette.

Anéantie je pose doucement mon front sur son torse tandis que sa voix continuait à résonner dans le silence glacial de la chambre.

Je suis désolé.

Ses trois mots réussirent à me faire perdre mon calme et je sens de nouveau mes yeux devenir humide.

Je savais que cette histoire se finirait comme ça, c'est mon destin mais pas le tien. Je voulais te protéger, et si ça devait arriver au péril de ma vie. Je te l'ai dit lorsque nous étions kidnappé.

J'entendis son souffle devenir saccadé, il y eu un léger silence.

Je t'aime plus que tout.

- Moi aussi. Sanglotais-je

Je ne veux pas que tu te reproches toute ta vie ce qui m'est arrivé.

J'essuie mes joues du revers de la main et essaie petit à petit de reprendre mon souffle malgré la douleur qui me tiraillait de l'intérieur, il marque une courte pause.

La vie est belle et bien trop courte. Promet moi qu'une fois que tu auras fait ton deuil tu continueras à vivre. Tu m'as bien entendu. Je veux que tu passes à autre chose, parce que si tu veux me rendre heureux c'est la meilleure chose que tu puisses faire.

Je fermais les yeux, chacune de ses paroles résonnaient dans ma tête.

Promet le moi.

- Je te le promet. Soufflais-je

Je me penche et embrasse son front, toujours posée sur sa joue ma main glisse lentement de nouveau vers la sienne.

Je t'aimerais quoi qu'il arrive."

L'enregistreur s'arrête, mon regard reste plongé dans le vide. J'entends la porte s'ouvrir, je n'ai pas la force de tourner la tête.

- Il est 14h59. Chuchota gentiment la femme. Acceptez-vous de le débrancher?

Mes mains tremblent.

- Oui. Balbutiais-je.

Je me lève et recule, je sens la main de la mère de Vincent se glisser dans la mienne. Je me retiens pour ne pas éclater en sanglot et relève la tête vers Vincent.

Je dois rester forte. Pour lui.

Plusieurs personnes entrent dans la salle. Je finis par fermer les yeux et laisse échapper plusieurs larmes. Une détonation stridente retentit redoublant mes larmes, je porte ma main à ma bouche et réouvre mes yeux embués de larmes.

- Heure du décès... 15h00. Souffla un homme

Je sors de la salle et me laisse glisser contre le mur, comme vidée de toute énergie. Je presse ma tête et pose une main contre mon coeur que je sentais se compresser, ma tête bascule contre le mur tandis que mes yeux étaient rivés au plafond.

C'est fini.

J'ai toujours entendu que nos blessures nous rendent plus fortes. C'est des conneries. La souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Notre esprit n'en ressort pas sans séquelles. On en ressort meurtris, blessé. Et surtout marqué.

Criminal [Tome 2]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant