Chapitre 2

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Alec me fixa encore pendant quelques secondes avant de me repousser violemment et de m'insulter de tous les noms.

Je ne l'écoutais plus trop occupée à faire abstraction des murmures et chuchotements moqueurs du groupe qui s'était formé autour de nous. Alec partit brutalement avec à sa suite ses autres sbires et les ricanements des autres élèves.

Damon resta quelque temps en retrait et je croisai son regard. Je ne pus qu'articuler un léger "merci" et il inclina légèrement la tête en souriant subrepticement puis il partit rejoindre ses amis.

Je me dirigeai enfin vers ma case et inspira profondément avant de l'ouvrir. Ouf. Aujourd'hui seuls mes affaires ont été mises sens dessus dessous. J'avais connu pire. Je me posais quelques minutes pour réfléchir à mon parcours jusqu'ici.

Au début tout allait plutôt bien. J'avais réussi à me fondre dans la masse, me contentant d'attirer que quelques furtifs regards. J'avais même réussi à adresser la parole à quelques personnes. Ce n'était pas incroyable mais c'était déjà ça. Puis un jour tout bascula. Et ce fut à partir de ce jour-là que ma vie entre ces murs devint un calvaire quotidien. Pourtant rien ne présageait que cette journée allait être le commencement du début de la fin...

La journée avait commencé normalement. Le réveil, les transports, les cours du matin... puis arriva l'heure du déjeuner. Ce jour là j'étais particulièrement heureuse. Mon professeur de littérature avait loué un de mes écrits et envisageait de le présenter à un illustre concours national. J'étais superbement fière de moi et fredonnait et m'agitais sans cesse. Hélas cet instant de béatitude fut aussitôt suivie de l'instant fatidique, celui qui signa ma marginalité dans ce lycée... Pitoyable n'est ce pas?

C'était donc l'heure du déjeuner. Encore toute frémissante de joie de la louange de mon écrit, je m'empressais joyeusement de me servir. La joie m'avais fortement mise en appétit aussi me servais je copieusement des pâtes à la bolognaise servis ce jour la... Alors que je me retournais prête à aller chercher une place je me percutais violemment à quelqu'un et tout le contenu de mon plateau s'effondra sur son torse. Cette personne c'était Alec Harding. Dans les secondes qui suivirent cet incident tout se passa très vite...

Un l'instant même où mon plateau se renversa sur Alec, un silence de mort s'abattit sur le self entier jusqu'alors bruyant comme un essaim d'abeilles.

Alec dont la veste étais trempé, regarda les taches de sauce avant de remonter lentement très lentement le regard sur moi les yeux remplis de mépris.

"- Dites moi que je rêve, murmura t il, cette idiote a renverse son plateau sur moi...

-Je suis absolument désolée je n'ai pas fait exprès m'excusai-je. Donne moi ta veste je la donnerai au pressing.

- Tu es bien la pouilleuse de banlieue non? ,à ces mots je tressaillis, as-tu la moindre idée du prix de cette veste imbécile dit-il en haussant peu à peu la voix.

- Je t'ai dit que je la ramènerai au pressing elle sera comme neuve après

-Non je ne veux pas que tu ramène ma veste chez un vulgaire pressing. Est-ce que tu sais qui je suis? Des vestes comme cela je peux m'en acheter par milliers clocharde. Mais toi tu vas payer pour m'avoir fait ca devant tout le monde,dit il avec une lueur malsaine dans les yeux, tu vas en baver maintenant pauvre cloche

- C'était un accident répliquais je

-Un accident qui va te coûter cher,miteuse! Je suis le roi ici.Je vais tout faire pour que ta vie devienne un enfer rugit il en me poussant violemment. Bienvenue en enfer clocharde...

Et il partit... me laissant muette de stupéfaction...

C'était le lendemain que je compris l'ampleur de ses menaces...

Le lendemain de mon altercation avec Alec, les ennuis commencèrent J'étais à peine arrivé que déjà une armée d'élèves m'attendaient à l'entrée. Tous avaient un paquet de farine et des oeufs à la main. Je vous laisse imaginer ce qui se passa ensuite. Trempée et collante suite à l'attaque aux oeufs, j'allai à mon casier. En l'ouvrant des centaines d'insectes de toutes sortent en jaillirent. Je hurlais terrifiée sous les ricanements moqueurs et les insultes de mes camarades. Mais cela ne s'arrêtait pas là. En classe je découvris que mon bureau et ma chaise avaient disparu m'obligant à attendre la fin du cours, assise au sol, pour aller le rechercher. Pendant les cours suivants, dès que le professeur avait le dos tourne je recevais des projectiles de toutes sortes... Les jours suivants , on me renversa un seau d'eau et le contenu d'une poubelle tout ça sous les rires et quolibets de tout genre. En sport, on ne cherchait plus à viser les buts mais moi... C'était nettement plus drôle... Et cela continua pendant des semaines. Tous rivalisaient d'ingéniosité pour m'en faire voir de toutes les couleurs.

Mais celui qui m'en fit le plus baver et plus regretter de m'être inscrite ici c'était bien évidemment Alec. Sa première attaque fut le lendemain de notre dispute. Il avait fait en sorte par je ne sais quel moyen de me fairr éliminer du concours national. J'étais effondrée. Les petites blagues des autres ne m'atteignaient pad mais celui ci m'a frappé en plein coeur. Je tentai en vain de protester contre cet acte ainsi que les autres humiliations mais le directeur et les professeurs faisaient la sourde oreille. Qui aurait osé mettre en tort LE fils d'Aaron Harding? Les attaques continuèrent et commencaient peu à peu à se "calmer" avec le temps. Cela faisait maintenant 6 mois que je subissais tout cela. Je commençais à m'habituer. Du moins jusqu'à aujourd'hui. Je crispais mon poing furieusement sur la porte de mon casier avant de le détendre lentement avec un triste sourire mêle de détermination. Alec avait tenu sa promesse: ma vie à Mary Haden Prestige School était devenu un enfer mais je ne lui donnerai pas le plaisir de me voir capituler...

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