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Ce matin-là, Gaïa sut tout de suite que quelque chose allait arriver. Les gardes et soldats s'agitaient, préparant la salle aux cages rapidement et avec rigueur.

Elle les observa remuer, amusée. Depuis la veille, depuis sa tentative ratée d'évasion, elle n'avait pas parlé. Elle s'était contentée de sourire, comme si plus rien ne l'atteignait. Mais elle pensait surtout à ses parents. Elle était prête à tout pour les revoir, pour s'en sortir. Et elle refusait d'être traitée comme un animal de laboratoire.

Alors elle ne laisserait personne l'utiliser de cette manière.

Au bout de deux heures, le remue-ménage cessa... et la porte s'ouvrit. Tous les soldats qui avaient gardé la salle, à un moment où l'autre, entrèrent, dans une démarche militaire carrée. Gaïa repéra Thad, Ares, Urian, Midas, Hadès, Damen, Ciro, et, à la toute fin, Ajax et Alec.

Ils se placèrent, immobiles, en deux lignes parallèles. Alec dut user de toute sa force pour garder la tête droite et ne pas la tourner vers Gaïa. Mais il n'avait pas le droit à l'erreur. Pas maintenant. Pourtant, Dieu sait qu'il aurait voulu s'assurer qu'elle allait bien, que son dos avait guéri. Il voulait être certain qu'elle ne garderait aucune cicatrice. Mais il ne le pouvait pas. Pas maintenant.

Gaïa n'attendit pas longtemps pour voir la suite. Sept femmes entrèrent à leur suite et se placèrent près des hommes. Deux d'entre elles portaient des tenues de soldat, tandis que deux autres étaient des sorcières, comme Gaïa et les autres. Cette nouvelle information choqua Gaïa. La brune aux yeux bleus portait trois marques qu'elle affichait fièrement. Le Feu, l'Air, et l'Eau. Quant à la blonde aux yeux verts, elle exhibait la marque du Feu.

Alors comme ça, certaines sorcières étaient au service de la Reine... Gaïa enregistra l'information et observa avec soin les trois autres femmes. Probablement les conseillères de la Reine, étant donné leurs vêtements luxueux. Elle retint son souffle. Elles avaient un éclat de cruauté dans le regard qui l'effrayait, même si elle refusait de le montrer. Elle avait un mauvais pressentiment. Quelque chose allait se passer, et elle n'allait pas apprécier... En même temps, depuis qu'elle était ici, il était rare qu'elle apprécie quoi que ce soit...

Les soldats se mirent au garde à vous et une huitième femme entra dans la prison improvisée. Une femme portant une couronne ridicule, aux yeux de Gaïa, mais qui en jetait, de par son porte de tête haut et sa beauté féroce. Elle avait une expression sadique. La même qu'elle avait vue chez certains soldats, mais encore plus appuyée. La Reine continua de marcher, passant entre les deux rangées de soldats, observant rapidement chaque sorcier. Elle passa devant les deux garçons, sourit en coin, puis reprit sa route. Elle s'arrêta à côté d'Elyssa, mais la regarda à peine. Son attention était fixée sur Gaïa, qui s'en serait bien passé. Gaïa tenta de remuer, mais elle avait été attachée et les chaînes fixées au mur la retenaient. Et avec la dose d'améthyste qu'ils avaient ajouté, elle était parfaitement vulnérable et sans défense. La Reine resta devant sa cage bien plus longtemps qu'elle l'avait été devant les autres. Gaïa n'aima pas ce petit traitement de faveur. Et Alec non plus. Il regardait la scène se dérouler avec une immense appréhension. La Reine tendit la main, ses cheveux blonds retenus sur son crâne par un chignon plaqué. Elle portait une robe sublime qui jurait avec les lieux sordides, puants et sales. On y déposa une clé. Gaïa s'obligea à respirer calmement, mais elle savait sans aucun doute que c'était mal engagé pour elle. La Reine glissa la clé dans la serrure qui s'ouvrit dans un grincement qui résonna dans un son affligeant, prometteur de nouvelles souffrances.


- La sorcière aux quatre marques... Ça ne s'était pas vu depuis des dizaines années, lança la Reine en s'avançant. Gaïa, n'est-ce pas ? Le nom de la Déesse Mère.

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