Premier monstre

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Link finit par revenir avant que je remette en question toute ma vie et donc que je parte dans une profonde dépression. Il me sourit tendrement en me tendant une bouteille en métal remplie d'eau de sa fameuse source. Je le remercie pendant qu'il fouille dans le seul placard de cette cabane et me tend une petit bassine. Je verse l'eau dedans et j'y trempe mon pied. Il s'assoit et nous regardons bêtement ma cheville.

- Normalement, tu pourras marcher dans plusieurs minutes.

- Minutes ? Je conterais plutôt ça en jours.

Il écarquille les yeux avant de pouffer de rire. Je lui donne un petit coup de coude dans les cotes.

- Aïe ! T'étais pas obligée, tu sais ?

- Si., réponds je avec ironie.

- Tu verras que j'ai raison dans pas longtemps.

- Tu penses qu'on devrait dormir ici ou rentrer ?

- Il faut mieux qu'on reste là., grogne t il, Les soldats doivent encore fouiller la maison...

Mon ventre hurle et je me plie en deux pour le calmer.

- Je crois que j'ai faim...

Il se lève pour aller chercher nos maigres provisions dans son sac et me tend une pomme. Je la prend délicatement et croque dedans après l'avoir remercié.

- Tu as des couvertures pour cette nuit ? Il fait hyper froid !

- Heu..., hésite t il en regardant une nouvelle fois dans le placard, Non.

Je soupire en baissant la tête vers mon pied qui a vachement réduit de volume.

- Au pire, on dort dehors avec un feu.

- Je suis pour., affirme je.

Il se rassoit à ma droite.

- Je crois que tu peux l'enlever de l'eau., dit il en désignant ma cheville du menton.

Je suis son conseil et je remet ma chaussette et ma botte. Je le regarde brièvement avant de me dresser sur mes deux pieds. Je pousse un petit cri de surprise quand je constate que je n'ai aucune douleur.

- Alors ?, se vante Link en bombant le torse, C'est qui qui avait raison ?

- Toi., dis je en levant les yeux au ciel, Mais comment c'est possible ?

- C'est un secret., me nargue t il en me fessant un clin d'œil.

J'ouvre la porte et je sors en continuant à le toiser du regard. Sauf que je ne remarque pas que la cabane est en hauteur et je me sens tomber. Je pousse un cri incontrôlé en fermant les yeux.
Le vide puis le sol.

Quand j'ose enfin ouvrir les yeux, je constate que je ne suis pas parterre.
Tiens ? J'ai déjà vu ce grain de beauté quelque part...
La voix grave de Link fait accélérer encore plus les battements de mon coeur :

- Ça va ?

Ma gorge se serre et j'arrive seulement à étouffer un petit "Oui..." avant de me séparer de ses bras. Il me regarde pendant que j'essaye de gérer ma respiration.

- Bon. On va se le faire ce feu ?

Je couine un nouvelle fois pour prouver mon accord.
Je m'approche du bord et je m'assure de descendre par l'échelle. Link me rejoint au sol.
Sans dire un mot, il me prend le poignet et m'attire dans un buisson très épais. Il place sa main devant ma bouche et met son index devant la sienne. Je bloque ma respiration machinalement et je fixe les yeux saphir de Link qui lui regarde une chose passer.

Il me fait signe de ne pas bouger d'ici. J'hoche la tête et il sort de sa cachette. Je me mets là où il était pour comprendre ce qui se passe. Je finis par apercevoir une sorte de cochon avec des canines rouges sang ressortant d'une gueule immonde. J'ai encore plus peur lorsqu'il déploie des ailes de chauve-souris quand il voit Link s'approcher avec son arc rendu à la main.
Malheureusement pour le monstre, Link est plus rapide et il ressort une flèche dans son unique œil. Complètement déboussoler, la créature s'agite dans tous les sens en agitant ses ailes. Le blond évite ses attaques désordonnées et il parvient à lui planter son épée dans l'abdomen. Le monstre hurle avant de s'écrouler. Link range son épée dans son dos.
Il se tourne vers moi.

- Viens (T/p) !

Je sors du buisson et m'approche de lui en fixant la bête qui se décompose trop rapidement à mon goût.

- C'est quoi ?, questionne je.

- Je t'avoue que je ne sais pas tellement ce que c'est et ni même pourquoi il y'a un monstre dans cette forêt.

- Tu m'as pas dit que tu avais l'habitude de tuer ce genre de chose ?

- Oui mais quand Ganondorf était au pouvoir. Depuis qu'il est mort, je n'avais plus à faire à ça.

On regarde l'immonde carcasse disparaître dans un liquide violet gluant.

- C'est normal qu'il se désintègre aussi vite ?

- Oui, ce n'est qu'une invention morale. Son corps est vrai mais pas son âme. Il disparaît donc beaucoup plus vite.

- Une invention morale ?

- Oui, une création imaginaire qui a été matérialisée.

Je le regarde, la bouche entrouverte.

- Bon !, siffle t il entre ses dents, Je vais chercher du bois. Fais un cercle de pierres en attendant.

Je me décide enfin à bouger.
Pendant qu'il s'enfonce un peu plus dans la forêt, je prends des cailloux et je les entasse dans un rond parfait.

Link revient quelques minutes après, les bras remplis de brindilles. Nous réussissons à faire une petite étincelle et donc enflammer le tout.

La nuit tombe et il fait de plus en plus frai. J'entends les bras en mettant mes paumes de main face aux flammes.

- On gèle quand même..., dis je avant d'éternuer.

- Effectivement.

- On aurait dû prendre des couvertures.

- Je pense que notre vie était plus importante., râle Link en claquant des dents.

- Ils nous auraient tués ?

- Sûrement., marmonne t il en ramenant ses genoux à son torse.

Je soupire ce qui créer un petit nuage de fumée. Link se lève et je l'entends  fouiller dans son sac.

- Tu vas être contente !

- Pourquoi ?, dis je en me retournant.

Il brandit un plaid assez épais en l'air. J'applaudis en souriant. Il la démolit et l'étant sur mes épaules.

- Et toi ?

- On va dire que je suis galant...

- Aller viens ! On rentre largement à deux.

Il me fait un petit sourire et se colle à moi sous la couverture. Je regarde les flammes dansées sans rien dire, tout de même perturbée par cette proximité.

- En faite, on se réchauffe rapidement quand on est contre quelqu'un.

Je ne réponds pas à cette phrase qui rajoute une tension entre nous.

- Je vais m'endormir., souffle Link dans mon oreille.

- Moi aussi...

- Maintenant que je l'ai dit, j'ai plus envi.

- Si tu vas dormir !, râle je, Demain est un grand jour !

- Il se passe quoi ?

- Rien. Je veux dormir.

Il pouffe de rire pendant que je ferme mes paupières sans trop le vouloir.

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