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23 juillet 2002, 9h22...
LOTUS corporation Head Quarters, au large des Iles Pitcairn, Océan Pacifique...

— Tu veux donc me dire que vous ne trouvez rien du tout ? s'emportait légèrement Kevin Albin au téléphone.

Il était à son bureau de Philadelphie et s'entretenait avec Raphaëlle Parker, directrice des renseignements.

— C'est ça, répondit calmement la jeune femme regardant par la fenêtre la plénitude de l'océan. Il connait bien nos protocoles, s'il se cache, on aura beaucoup de mal à mettre la main dessus. Et s'il est mort quelque part, ça ne sera pas mieux.

— Je croyais que vous aviez une piste ?

— On l'a cru aussi. Il y a eu des mouvements sur son compte, mais après rapide vérification, on s'est rendu compte que c'était sa femme. Deux mois que son mari a disparu, elle n'a pas d'avis de décès ni la moindre nouvelle, il était normal qu'elle aille y faire un tour puisqu'elle a les accès à ses comptes.

— Et de son côté, y a rien qui cloche. Elle ne serait pas en train de siphonner les comptes pour mettre les voiles ensuite ?

— Tu voudrais bien ne pas essayer de m'apprendre mon métier Kevin, s'il te plait. D'abord, je ne pense pas Matthews si con. Il sait bien que l'argent est facile à suivre. On le lui a enseigné. En plus, tous les téléphones de la fille sont sur écoute. Si elle est dans le coup, elle joue super bien la comédie.

— Comment ça ?

— Elle n'arrête pas de pleurer, tous les soirs, depuis plusieurs semaines déjà. Elle parle à ses copines de sa situation, tout comme à sa mère. À elle d'ailleurs, elle a fini par dire qu'il était agent secret. Bref, elle agit exactement comme une femme qui a perdu son mari devrait agir. Je n'ai rien à lui reprocher, conclut Raphaëlle.

Il y eut un léger silence. Kevin n'était pas satisfait de cet entretien, mais ne pouvait rien reprocher à l'équipe de sa collègue. Elle connaissait parfaitement son métier et faisait très certainement tout ce qu'il fallait pour retrouver l'agent 0743. Il semblait qu'il était plus malin qu'ils ne l'avaient tous escompté.

— Et au sujet de Venus ? reprit le directeur des armées.

— Tu veux vraiment n'aborder que les sujets qui fâchent, ce matin ?

— Ouais !

— Pour elle, c'est pire. On n'a aucune piste. Tous ses comptes ont été fermé la veille de sa démission. Forcément, on n'a pas réussi à remonter une quelconque trace puisque tous les transferts ont été fait vers un compte en Hongrie, fermé une heure plus tard après avoir tout récupéré en cash. Elle n'a été vue nulle part. J'ai fini par transmettre l'avis de recherche à interpol, le FBI et plusieurs agences nationales à travers le globe. Je n'attends aucun miracle de leur part, mais multiplier les paires d'yeux ne fera pas de mal. La bonne nouvelle, c'est que, même si elle est avec le conseil, elle n'a pour l'instant rien dévoilé de vital sur nous ou nos installations. Sinon, je pense que nous aurions subit une attaque, depuis le temps.

— Possible. Mais qu'elle soit dans la nature donne des idées aux autres, manifestement. Si on l'avait récupérée aussi rapidement que sa mère, Matthews n'aurait probablement même pas tenté de nous lâcher.

— Je tiens tout de même à te rappeler que, si on s'en tient aux preuves en notre possession, il n'est pas déserteur, mais capturé par l'ennemi.

— Foutaises ! cracha Kevin.

Il prétexta une réunion sur le point de commencer et mit fin à la conversation abruptement. Raphaëlle n'en prit cependant pas ombrage. Elle savait que la disparition de Venus de Witford était vécue par le directeur des armées comme une défaite personnelle. Si 0743 était effectivement un second déserteur sur lequel on ne remettait pas la main, il y avait de quoi être à cran. La directrice des renseignements appela ensuite Esthel. Elle était en charge de l'enquête sur Max Matthews. Il était temps de tenter de nouvelles approches...

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