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6 mai 2002, 3h03...
508 12th Street, Brooklyn, New York...

Assis dans son immense canapé, Max était perdu dans la contemplation du ciel couvert de Brooklyn. C'était du moins l'impression qu'il donnait. En réalité son attention était focalisée sur l'embryon de plan qui commençait à naître dans son esprit. Quitter la LOTUS était une décision facile à prendre. La mettre en application en était une toute autre. Son chef avait décidé de lui indiquer qu'il connaissait le nom de sa femme. Devait-il y voir une menace voilée ? Assurément, décida-t-il.

La maison devait également être sur écoute, pensait Max. Ce qu'il ignorait en revanche, c'était jusqu'où la société secrète était allée. Avaient-ils installés des caméras également ? Les téléphones portables étaient-ils espionnés ? Y avait-il un agent ou un satellite qui surveillait Lindsay en permanence ? Max prit le pari que la LOTUS ne laissait jamais rien au hasard. Ainsi, s'il était peu probable qu'un système de vidéosurveillance soit installé à son domicile, il restait persuadé qu'un agent épiait probablement sa femme. Il y avait de grandes chances pour que des micros soient implantés dans sa voiture, à son bureau ou même dans son sac à main. Il ne pouvait donc rien lui dire pour le moment.

Il ne pouvait compter que sur lui. Inutile d'impliquer les gars de son équipe non plus. Il leur faisait confiance, pour la plupart, mais il savait qu'ils obéiraient aux ordres. Après tout, le cas s'était présenté lorsque Venus avait déserté. Tous avaient admis que si descendre la blondinette un peu bizarre ne leur plairait guère, ils ne se rebelleraient pas pour autant. Max devait bien admettre qu'il les comprenait parfaitement.

— Qu'est-ce que tu fais ? demanda alors la voix encore un peu endormie de Lindsay.

Elle était appuyée contre le chambranle de la porte de la pièce principale, un œil encore fermé.

— J'ai du mal à dormir, répondit Max simplement. Décalage horaire...

— T'es sûr que ça va ? insista quand même la jeune femme.

— Oui, mentit-il. Ne t'inquiète pas, vas dormir.

Max n'avait jamais été sensible au décalage horaire, en réalité. Voilà pourquoi cette excuse était la plus mauvaise qu'il aurait pu choisir. Lindsay, trop fatiguée pour insister, se contenta de faire demi-tour d'un pas lent et regagna la chambre.

Max s'en voulait d'avoir entraîné sa femme dans cette histoire. Il comprenait mieux pourquoi la plupart des soldats de la LOTUS restaient célibataires. Pas de mensonge, pas d'inquiétude... Le niveau général de stress était bien suffisant, sans avoir besoin d'en ajouter avec une femme à la maison, pensa-t-il. Max sourit. Il se remémora leur première rencontre dans ce bar et comprit qu'il avait craqué pour la jeune femme dès l'instant où il avait posé les yeux sur elle. Il se souvint avoir eu l'envie, un jour, de la laisser tomber. À ce moment, il avait eu un éclair de lucidité et avait compris que cette relation ne serait qu'un nid à embrouilles. Autant pour lui que pour elle. Mais le sourire de la brune avait fait disparaître sa lucidité en une fraction de seconde. À présent, elle était en danger de mort, supposait-il, et surveillée par la plus puissante agence non gouvernementale que la Terre ait portée.

— Fais chier ! chuchota-t-il.

Son téléphone vibra sur le canapé près de lui. Il le gardait toujours à portée de main. La LOTUS le lui avait fourni. En tant que membre des unités B, il devait être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il décrocha.

— 0743 ?

— Affirmatif !

— Je m'attendais à te laisser un message, fit la voix féminine dans le combiné. Je suis Esthel, on n'a jamais bossé ensemble. Il faut qu'on se voit pour ta prochaine mission. Je viens d'arriver à JFK, on peut se voir au lever du jour ?

Unités B (Chronicles 6)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !