Chapitre 24-1

Depuis le début
                                                  

— Rose, essaya une nouvelle Nicolas d'un air malheureux en tendant une main dans ma direction.

C'est alors que la porte s'ouvrit brusquement sur un bel homme brun au teint chocolat, qui fixa sur moi un regard étrange. Je le connaissais, je l'avais déjà vu mais je n'arrivai plus à me souvenir...l'horrible odeur de tout à l'heure était revenu en force et obscurcissait tous mes sens.

— Tu es sensé être un alpha, non ? demanda-t-il à Nicolas d'un ton moqueur. Pourquoi ne la contrôles-tu pas ?

— Parce qu'elle a peur de moi ! rugit-il d'une voix sauvage en foudroyant le nouveau venu d'un regard meurtrier. Sa bête me hait autant qu'elle me craint, continua-t-il d'une voix impuissante et malheureuse. Si j'insiste, j'ai peur de briser le lien de la transformation à tout jamais.

En l'entendant parler de moi...d'elle, une terrible vague de chaleur brute me submergea et sans réellement comprendre pourquoi je faisais ça, je bondis vers Nicolas dans un cri de rage. L'homme s'interposa soudain entre moi et ma proie en souriant froidement tandis qu'il m'interceptait et me stoppait aussi facilement que si j'avais été un chaton.

— Nicolas, sors d'ici ! lui ordonna-t-il d'une voix tranquille mais intransigeante, son regard dérangeant toujours fixé sur moi.

— C'est l'une des miennes, ne la touche pas ! rugit ce dernier en fondant à son tour sur l'homme pour me libérer de sa prise.

— Tu es trop affaibli pour jouer à ça ! se contenta-t-il de lui répondre en l'envoyant valser contre le mur, d'un simple revers du bras. Je suis là pour vous aider, alors ravale ton alpha et dégage de là !

— Tu ne vas pas...

— Bien sûr que non, elle est devenue bien trop intéressante ! lui répondit-il tandis que d'une seule main, il me saisissait par le cou et lentement commençait à serrer.

— Je ne lui ferais pas de mal, tu as ma parole, ajouta-t-il d'une voix sincère en complète contradiction avec ce qu'il était en train de me faire subir. Sors !

Je vis un éclat étrange passer dans le regard de Nicolas, tandis qu'il sortait enfin de la pièce à contrecœur, un éclat meurtrier dans le regard. À l'instant où il ne fut plus dans notre champ de vision, l'homme relâcha sa prise et je sentis ma bête se calmer. Ma bête ? me dis-je complètement perdue en essayant de retrouver mon souffle.

— Tu te souviens de moi Rose ? Je m'appelle Akshay, me dit l'homme en desserrant lentement ses doigts de mon cou. Je suis l'un des seconds de la troupe d'Aaron, ajouta-t-il calmement tandis qu'il retirait lentement sa main en me fixant d'un regard signifiant clairement, ne bouge pas.

Je me contentai de hocher la tête, perdue et apeurée en frottant mon cou endolori de ma main.

— Mais je ne suis pas que ça, reprit-il en commençant à me tourner autour. Je suis aussi l'exécuteur du clan. Et malgré ce que j'ai dit à Nicolas, si j'acquière la certitude que tu représentes le moindre danger pour nous, je te tuerai ! m'expliqua-t-il avec un grand sourire en continuant à m'encercler d'une démarche de prédateur.

Un grondement assourdissant, vite suivit de bruits de luttes, se firent entendre à l'extérieur de la pièce, ce qui n'eut pas l'air d'inquiéter Akshay qui continua son petit manège. Je le regardai, consciente d'être en danger, bien plus qu'avec Nicolas, mais bizarrement je n'arrivais pas à avoir peur.

— Pourquoi vous me tournez autour comme ça ? Vous voulez marquer votre territoire ? le provoquai-je d'une voix légèrement moqueuse bien qu'un peu éraillée.

M'entendre parler ainsi me choqua profondément ! Jamais je n'aurais osé dire cela d'ordinaire, pensai-je mortifiée tandis qu'il éclatait de rire en s'arrêtant enfin de marcher. Mais d'un autre côté, je me sentais libre, forte, plus assurée. Après tout je ne disais que la vérité.

— Je te test, me répondit-il d'un ton plus sérieux, sans pour autant se départir de son sourire.

— Pour voir si je supporte votre odeur ?

— Excellent ! Je sens que tu vas me plaire, toi et ta nouvelle personnalité, s'exclama-t-il dans un nouvel élan d'hilarité tandis que dans le même temps, il faisait deux pas vers moi et me saisissant de nouveau à la gorge, me soulevait de terre comme une vulgaire plume.

— Tu dois contrôler ta louve, me grogna-t-il à l'oreille d'un ton menaçant. C'est elle qui prend le dessus pour le moment et c'est normal car tu ne laisses pas ton alpha t'aider. Tu dois retrouver ta personnalité, la dissocier de celle de ta bête. À terme, elles se mêleront mais pour le moment, tu dois reprendre les commandes, m'ordonna-t-il tandis qu'il resserrait ses doigts, m'étouffant de plus en plus.

Fut-ce la douleur, la peur, son discours persuasif ? Je n'aurais su le dire, mais je sentis quelque chose lâcher prise en moi, tandis qu'Akshay me lâchait avant de me réceptionner dans ses bras, au milieu desquels je m'effondrai en me mettant à pleurer toutes les larmes de mon corps. 

Ombre Fauve (sous contrat d'édition )Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant