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12 février 2001, 17h26...
Bureau des Spécial OPS, LOTUS CORPORATION, Philadelphie, Pennsylvanie...

On avait beau le nommer le bureau des Spécial OPS, le bâtiment qui hébergeait Kevin Albin était également le quartier général des unités B. Il était donc naturel pour le chef des armées d'y convier ses soldats d'élite lorsqu'il avait besoin de leur parler face à face. Ce qui n'arrivait pas si souvent.

Ils étaient tous rentrés, la veille, d'une opération à Paris. John Ducrane, le directeur de la LOTUS et l'homme le plus puissant de la planète selon de nombreux soldats, avait eu besoin d'une escorte rapprochée en prévision de représailles de la part de Cassius.

Max avait appris, chez Imert, que l'opération Ruppert avait certainement dû faire sortir de ses gonds le vampire numéro un dans le collimateur de la LOTUS. Les informations étaient vraisemblablement exactes, puisqu'il avait envoyé des vampires s'en prendre au directeur lors de son voyage européen. Il y avait eu un lourd cafouillage à l'hôtel de Crillon, à Paris, mais le directeur et le chef des armées qui l'accompagnaient, n'avaient subi aucun dommage. En revanche, la nouvelle venue chez les unités B, Venus de Witford, avait fait parler d'elle. Max avait fini par apprendre son nom de famille et ne put s'empêcher de faire le rapprochement avec la formatrice chercheuse du laboratoire français. Sa première intuition fut qu'elles étaient sœurs. Pourtant, elles n'avaient aucun air de famille. Mais le jour de l'agression à Paris, ce fut tout à fait autre chose qui le frappa de plein fouet.

À présent, elle se tenait devant le bureau de Kevin Albin, juste à sa droite, avec la petite dizaine d'autres soldats qui avaient participé au voyage.

— Comme vous le savez, puisque vous y étiez, commença Kevin Albin en se levant de son large siège, nous avons essuyé une attaque d'importance sur le sol français. Je vous passerai les détails politico-diplomatiques d'un tel déploiement de force à deux pas du palais de l'Élysée. Sachez simplement que faire le ménage ensuite, n'a pas été aussi simple que d'habitude. Il se trouve que si nous n'avons enregistré qu'une seule perte de notre côté, c'est en très grande partie grâce à Venus, qui a su reconnaître l'ennemi avec un temps d'avance sur tout le monde.

— Bien joué ! lança quelqu'un et quelques applaudissements suivirent.

— Cependant, aucun d'entre vous n'a démérité, reprit Kevin Albin. Vous avez tous parfaitement géré la situation et vous y gagnez les félicitations du grand patron en personne.

Les applaudissements reprirent avec un peu plus d'entrain, cette fois.

— Si vous n'étiez pas dans la garde rapprochée qui nous a raccompagnés, John et moi, vers la sortie de secours, vous avez certainement assisté à une décapitation en règle. C'était le meneur de l'attaque, je ne vous apprends rien, mais les renseignements nous ont confirmé son identité ce matin. Il s'agissait de Jerrod.

Il y eut quelques oh ! de stupeur et Max entendit Venus demander tout bas « qui c'est celui-là ? ».

— Après des années de traques, nous avons pu identifier, même post-mortem, le bras droit de Cassius. C'est donc une victoire importante que nous pouvons célébrer et qui se soldera très certainement par des représailles. Ce qui signifie...

— Plus de boulot ! coupa Edouard Thompson, l'un des trublions de l'équipe.

— C'est ça, confirma Kevin Albin. Vos prochaines missions sur les huit prochains jours ont été annulées. Vous avez droit à un peu de repos. Ensuite, ça risque d'être compliqué. Rompez !

Il y eut une légère vague de contentement et les soldats se dispersèrent ensuite vers les ascenseurs. Venus de Witford emprunta les escaliers, comme pour éviter ses collègues. Max, Edouard, Bob, Dickson et Stephan se retrouvèrent à la sortie de l'immeuble et trouvèrent un endroit discret pour discuter.

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