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12 mai 1999, 19h25...
Vandalia avenue, Brooklyn, New York...

Après sa mission avec Tim, Max avait passé quelques jours en Italie. Les deux premiers, avec son partenaire qui effectua un rapport préliminaire avant de rejoindre une autre position, du côté de Naples. Il ne s'agissait que d'observation et la présence d'un soldat n'était pas nécessaire. Max n'avait pas d'autre sortie programmée et décida de faire un peu de tourisme. Il emprunta ensuite un vol régulier, au départ de Rome, pour rentrer chez lui.

La balle qu'il avait reçu en pleine poitrine ne lui laissa pas plus de séquelle qu'un large bleu. En revanche, il boita pendant toute la semaine qui suivit. Le docteur italien qu'il avait consulté, lui avait assuré qu'il ne s'agissait de rien de bien sérieux. Rien que du repos ne pourrait soigner, en tout cas. Crapahuter dans Rome n'aida donc pas la situation à s'améliorer.

Une fois de retour, Max retrouva Diana, tous les deux jours, pour continuer son apprentissage. Elle formait la plupart des agents arme blanche, que ce soit chez les S OPS ou les unités B. Chaque nouvelle recrue était ainsi formée pendant un à deux ans avec un rythme similaire. Par ailleurs, elle effectuait aussi des stages de perfectionnements pour les agents plus anciens. Il était hors de question qu'un soldat de la LOTUS se laisse aller et perde ses capacités au fil du temps, répétait-elle régulièrement. Max avait l'impression qu'il ne faisait que s'améliorer et s'était fixé pour objectif de réussir à battre son enseignante dans toutes les disciplines qu'elle lui inculquait.

Ce soir, son entraînement s'était éternisé. Il avait eu du mal à maitriser une technique de bâton et avait continuer à pratiquer, seul, dans le gymnase. Ce dernier n'appartenait pas à la LOTUS. La société secrète utilisait le complexe pour l'entraînement des soldats en se faisant passer pour une association sportive pour les soldats en intermission. Après cette difficile séance, Max eut envie de boire un coup et se retrouva dans un bar de l'avenue Vandalia, non loin de chez lui. L'établissement, moderne, était accueillant et bien moins fréquenté que les bars du centre de New York. À cette heure, en semaine, la clientèle était principalement composée de cadres sortant du bureau et cherchant un peu de détente avant de rentrer chez eux. La décoration était quasiment absente, le mobilier neuf et la musique d'un niveau si bas qu'elle était presque inaudible. Cependant, tous ces détails passèrent inaperçus pour l'agent de la LOTUS qui ne put détacher ses yeux de la jeune femme assise au bar. Seule.

Elle était grande et musclée. Ce dernier détail sautait aux yeux malgré le chemisier ample qu'elle portait. Max vint s'installer près d'elle et apprécia son parfum légèrement épicé. L'inconnue buvait probablement un Martini et lui-même commanda une bière. Il n'était pas un fin palais, en ce qui concernait l'alcool. Il avait soif et appréciait la bière, nul besoin d'aller chercher plus loin, en ce qui le concernait.

— Bonsoir ! tenta-t-il en se tournant vers sa voisine.

Elle le toisa un instant et lui sourit en lui rendant la politesse. Le soldat comprit qu'elle ne serait pas facile à charmer, mais accepta le défi. Elle devait probablement attendre des copines, réalisa-t-il. Une fille de son âge et de son allure ne restait pas seule longtemps dans un bar, pour ce qu'il en savait. Il préféra imaginer qu'elle serait rejointe par des amies plutôt que son petit ami.

— Ça t'embête de me tenir compagnie en attendant... ce que tu attends, osa-t-il avec un large sourire. Je suis nouveau dans le quartier, je rentre de voyage et je me fais chier chez moi.

La jeune femme pouffa. C'était probablement la pire méthode d'approche qu'elle ait jamais subie.

— Et comment est-ce que je peux te tenir compagnie ? demanda-t-elle moqueuse.

— Bah... tu pourrais déjà me dire si j'ai choisi le bon quartier. J'ai pas vraiment les moyens de viser l'Upper East Side, mais ici ça à l'air pas trop mal.

— J'habite pas Brooklyn, répondit-elle sans se départir de son sourire.

— Oh ! Tu bosses dans le coin, alors ?

— T'es flic ou quoi ?

Cette fois, elle avait perdu son sourire et Max sentit qu'elle ne lui accorderait plus beaucoup de temps.

— Presque en fait, fit-il sur le ton de la confidence, ravivant l'intérêt de la grande brune. Je bosse dans les assurances en fait. Je pourrais t'en parler plus en détail, mais j'ai bien compris que tu n'attends que la bonne excuse pour me fausser compagnie, alors je préfère éviter ce sujet.

Il ponctua sa phrase d'un clin d'œil et les lèvres de la jeune femme s'arquèrent de nouveau.

— Je m'appelle Max, fit-il en lui tendant la main.

— Lindsay, répondit-elle en la serrant.

— Content de te rencontrer. Je ne plaisantais pas, je suis vraiment nouveau dans le coin.

— Tu viens d'où ?

— San Diego.

— Carrément ?

— Ouais, carrément, répéta-t-il avant de prendre une grande gorgé de sa bière. Nouveau boulot, nouvelle vie, tout ça.

— Tu faisais quoi, là-bas ?

— J'étais...

Max marqua une pause, cette vie lui sembla subitement tellement loin. Un léger sourire naquit sur son visage avant qu'il ne réponde finalement :

— J'étais flic, en fait. Mais j'ai démissionné pour m'engager dans les navy. Finalement, je bosse dans les assurances.

— Mais t'as l'air jeune pourtant.

Max éclata de rire.

— J'ai vingt-cinq ans. J'ai fait trois ans chez les flics, deux chez les navy et puis un passage dans une société de sécurité. Maintenant les assurances. On peut dire que professionnellement, je ne suis pas super stable.

— Je vois ça.

— Tu fais quoi toi, dans la vie ?

— Agent immobilier.

— Ah ! Donc tu vas vraiment pouvoir m'aider, alors, éclata Max. Me dire si j'ai fait un bon investissement ou si je ferais mieux de bouger.

— Faudrait d'abord que je vois ton appartement pour ça, sourit Lindsay.

— Je crois pas que ça soit quelque chose qui me dérange.

Il regarda sa montre rapidement et termina sa bière d'une traite.

— Si je te demande ton numéro tu le prendras peut-être mal, du coup est-ce qu'on peut se revoir ici quand tu veux ? J'ai un rendez-vous, là, mentit-il.

— Je suis là tous les mercredis, répondit-elle laconique.

— Super ! Lindsay, je suis ravi d'avoir fait ta connaissance. À bientôt.

Max laissa son verre vide avec un pourboire et quitta le bar d'un pas alerte. Il n'avait absolument rien de prévu, pas plus que de rendez-vous. Cependant, s'il voulait avoir une chance avec cette fille, il s'imaginait qu'il valait mieux qu'elle ne se sente pas draguer à outrance. Il reviendrait dans une semaine, et si elle était effectivement là, cela voulait dire qu'il avait ses chances. Il rentra donc chez lui à pied.

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Mini chapitre pour se détendre ;)

Unités B (Chronicles 6)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !