Prologue

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- La meute de l'Ouest pense que tu les attaques.

Aloïse leva les yeux yeux vers sa seconde. Elle en avait exactement cinq, ses plus proches amis qui faisaient office de garde du corps, conseiller et surtout, qui la supportait au quotidien. Elyne.

- Que je les attaque ? Qu'est-ce que j'ai encore fais ?

- Tu as cassé le bras de l'un de leur membre.

C'était une très belle jeune femme, les cheveux blonds, le visage parsemé de petites tâches de rousseurs. Elle avait un beau teint hâlé, conséquence de ses vacances au bord de la mer en compagnie de son âme soeur, qui répondait au nom de Daël.

- J'ai fait ça ? Demanda innocemment la jeune femme.

- Oui Aloïse, tu as fait ça.

Son amie avait l'air totalement exaspérée.

Elle se trouvait dans le bureau de l'alpha. Une pièce tout à fait charmante, ronde, des bibliothèques sur tous les murs. Une sorte d'estrade avec un lourd bureau en chêne posé dessus. C'est là qu'Aloïs travaillait et qu'elle dormait également.

Normalement elle avait une chambre, à quelques portes d'ici. Mais elle n'y était jamais.

Cette dernière connaissait Aloïse depuis le bac à sable. Lorsque la jeune rousse avait encore sa place dans la meute de son père avant de s'en faire éjecter pour quelques raisons étranges. Elle était devenue trop puissante, une alpha qui mettait en péril l'équilibre de la meute.

- Je l'ai emmené à l'hôpital, dit-elle, donc techniquement je l'ai aidé à soigner son bras.

- Mais, c'est toi qui lui a cassé, Aloïse !

- Il l'avait mérité.

La jeune rousse avait l'étrange, et très désagréable impression, de redevenir un enfant. Alors, lançant un regard dédaigneux à probablement sa meilleure amie, elle s'avança dans la pièce pour s'asseoir sur un petit fauteuil crème relativement confortable.

Ils étaient en pleine période de noël, elle trouvait cela stupide de célébrer une fête humaine. Mais sa meute y tenait particulièrement, alors voilà pourquoi est-ce qu'elle se retrouvait avec un petit sapin clignotant sur le bureau.

Et des autocollants représentant le père noël collé sur sa fenêtre. Dehors la neige tombait, doucement, sur l'immense manoir quand lequel isl vivaient tous. Quatre étages, suffisamment long et surtout suffisamment de places pour accueillir environs cinquante personnes. Des guerriers pour la plupart. Mais également des familles, des loups isolés.

La meute se suffisait à elle même, ils produisaient de l'argent, leur nourriture, avait même leur propre médecins.

Ils avaient un réfectoire, une cuisine. Le manoir était posé dans un immense terrain, plusieurs hectares pour permettre aux loups de courir. Plusieurs maisons se trouvaient tout autour, encore des loups de la meute qui avaient choisi de vivre indépendamment des autres.

En tout la meute comptait plus de deux cent membres. Dont des enfants, que la jeune femme avait vu naitre et voyait grandir tous les jours.

- Tu devrais apprendre à gérer ta colère, lui lança Elyne.

Visiblement elle était à bout. La rousse lui lança un regard éclatant en jouant avant une petite guirlande décorant son bureau.

- C'est ma façon de gérer ma colère, fit-elle remarquer d'une voix calme.

Son amie s'avança vers elle, montant sur la petite estrade au centre de la pièce, les bras croisés sur sa poitrine elles se regardaient.

- Ce n'est pas juste, reprit son amie.

Elle avait la voix qui montait dans les aigus, comme à chaque fois qu'elle s'énervait. Aloïse ne la regardait presque pas, trop fascinée par les petites gouttes clignotantes qui décorait son sapin.

- Je croyais être une adulte, dit-elle doucement.

- Et alors ?

- Alors les adultes font ce qu'ils veulent, c'est bien connu.

- Non, les adultes ne font pas ce qu'ils veulent. Bon sang, j'ai l'impression de discuter avec un enfant.

- Et moi avec ma mère, et elle a essayé de me tuer deux fois donc ce n'est pas la meilleure expérience que j'ai si tu veux tout savoir.

Nouveau regard noir dirigé vers la jeune femme. Elle s'amusait énormément.

- Arrête de me parler si je t'énerve à ce point. Et casse toi, reprit-elle doucement pour détendre l'atmosphère, au passage tu pourrais me ramener du café ? Ordre d'alpha, mon corps est en manque de caféine.

- Aloïse, reprit Elyne dans un dernier effort désespéré, tu es l'alpha tu dois montrer l'exemple.

- Je montre l'exemple. J'essaye, tous les jours. Je montre aux enfants comment survivre dans un monde hostile comme lui là. Tu vois ? Je suis géniale.

Son amie soupira et cette fois ci s'arrêta de courir dans toute la pièce pour se tourner vers son amie. Elle lui lança un regard noir.

- On n'a qu'à dire qu'il est tombé, dit doucement la rousse revenant sur le sujet de départ, sur le bras et que je passais par hasard par là.

La blonde qui lui faisait face secoua la tête et quelques mèches tombèrent de son petit chignon mal fait. Elles se fixèrent quelques secondes

- D'accord, envois leur une lettre d'excuse, abdiqua Aloïse. Ecris là et je te promets de la signer.

- C'est mieux que rien, je crois.

Elyne s'approcha du bureau pour prendre un papier vierge. Et un stylo.

- Qu'est-ce que tu veux que je dise ?

- Sincèrement, je m'en fous. Ce que tu veux, quelque chose de politiquement correct.

- Je croyais que tu te foutais du "politiquement correct"

- Je m'en fous, mais ça à l'air tellement important pour toi.

La blonde secoua la tête et s'accroupit à coté du bureau pour écrire. Elle n'osait pas s'assoir sur le siège, puisqu'il appartenait à son alpha.

Tous les seconds d'Aloïse était des dominants, mais ils lui avaient prêté allégeance et supportaient tant bien que mal de lui obéir au quotidien. Ils étaient les seuls à pouvoir la résonné et lui parler sans prendre aucuns risques.

Enfin les seuls, sauf Connor.

Elle détestait penser à lui, parce qu'il lui rappelait tant de chose.

Elle voulait tant qu'il parte, mais elle savait également que son départ la détruirait. Connor était son âme soeur, qu'elle avait renié quelques années au par avant lors de leur rencontre.

Hors de question pour elle de l'entrainer dans sa vie, et dans le tourbillon infini qu'était sa vie.

- Aloïse ?

Elle leva les yeux vers Elyne.

Elle aussi l'avait entendu, une alarme résonnait dans l'ensemble du manoir.

On les attaquait.

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