01 - This world is Sick

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Les cours étaient ennuyeux, comme ils l'étaient souvent. Ce n'étair rien, bien sûr, pour Taiyô Yagami, l'élève le plus doué de toute la classe. Une sorte d'alpha suprême dans le champ des gendres idéaux. Assez beau pour être agréable mais pas assez pour être énervant, il était aussi intelligent qu'un élève en début de master. Bien sûr, ses parents avaient demandé à ce qu'il soit traité comme n'importe quel élève. Il était important qu'il ait une vie normale.

Mais Tai Yagami n'était pas un élève normal et il le savait. Toutes les filles lui tournaient autour et tout le monde l'admirait. Quand il passait dans un couloir, les soupirs et les évanouissements n'étaient pas rares. Les professeurs avaient dû ériger des barrières cet été quand il avait couru pour le marathon inter-classe - qu'il avait gagné bien entendu. Tout le monde voulait être avec lui, faute d'être avec lui.

Toute cette agitation ne l'aidait pas à garder les pieds sur terre. Quand on lui demandait ce qu'il ferait plus tard, il ne se voyait pas moins que président du monde ou première personne à rafler tous les prix Nobel en une seule session. Toutes les choses qui devaient être faites le seraient par lui. Bientôt, quand cette adolescence dégoûtante serait partie, il deviendrait l'homme le plus important du monde.

Si ses parents essayaient de le faire redescendre un peu - son père était un inspecteur connu pour sa mesure et sa réflexion sans égal et sa mère une femme au foyer banale qui avait quitté une carrière de chimiste pour élever ses enfants , sa soeur ne cessait de flatter son égo pour qu'il l'aide dans ses devoirs. Comme toutes les personnes qui se croient meilleures qu'elles ne le sont vraiment, Taiyô était sensible aux compliments.

"Hey, Yagami-kun, ce soir c'est la fête!"

Tai releva ses yeux bruns ennuyés vers son side-kick du moment, un grand brun aux dents blanches et aux cernes impressionnantes. Il était président du club d'échecs ou quelque chose comme ça.

"Ce n'est que mon anniversaire, Yujin. Rien de très excitant, juste une année qui de plus qui me rapproche de ma mort."

L'autre lycéen sembla faire la moue, ce qui ressemblait plus à un caprice qu'autre chose, et Tai leva les yeux au ciel. Très bien, il irait au karaoké ou quoi que puisse être la super surprise party qu'avait prévu Yujin. De toute façon, la vie était ennuyeuse et il ne trouverait jamais de quoi se divertir chez lui. Si c'était pour entendre sa soeur chanter en rythme les chansons du nouveau mini album des BEPCoiffure ou l'acteur porno qu'hébergeait ses parents se taper un nouveau mec, autant aller chanter des vieux titres d'idols japonaises dans une salle qui sentait la sueur.

"Au bout du compte, ça pourrait bien être plus excitant que ce que je pensais. Que faisons-nous?"

Il se leva et Yujin commença à taper dans ses mains comme un petit singe intelligent - et encore la comparaison était flatteuse. Il attira par les mains ses meilleurs amis - deux jumeaux insupportables, des comploteurs de la pire espèce. Ils organisaient des fêtes dans le lycée. Vous rendez-vous compte ? Des fêtes dans le lycée. On ne pouvait pas tomber plus bas.

"Un karaoké !"

Tai se fendit d'un sourire aussi faux que la couleur châtain de ses cheveux et mima la surprise quelques secondes avant de récupérer son sac. Il sortit son smartphone de sa poche et envoya un sms à sa soeur pour qu'elle forge une excuse pour lui. Quelque chose à propos de la bibliothèque du lycée. De toute façon, ses parents étaient bêtes à manger du foin pour tout ce qui touchait à leurs enfants.

" C'est comme quand j'ai mis ..."

Le jeune homme n'écoutait son groupe que d'un oreille. Il avait remarqué un petite cahier noir, dans le fond de la Cour. Un détail, juste un détail. Mais un intriguant détail.

"J'ai quelque chose à faire, on se rejoint à la salle de karaoké !"


Vu de haut, les choses tristes avaient l'air d'événements insignifiants. Pour un Dieu de la Mort, les humains étaient déjà des êtres insignifiants mais alors, quand ils prenaient leur envol ... Comme cette fille qui venait de perdre son père. Ri n'en avait absolument rien à faire de sa tristesse. Par contre, le fait de savoir qu'elle mourrait dans treize ans d'un AVC, c'était intéressant.

Soudain, Ri se sentit tiré de la branche sur laquelle il était perché. Il laissa tomber le trognon de sa pomme et suivit avec délice ce gamin qui avait ramassé le carnet de la mort. Est-ce qu'il aurait les épaules pour ? Peu importe, sinon il réessayerait avec quelqu'un d'autre.


Le carnet était entièrement noir, à l'exception du titre qui était écrit en lettres d'or. Punishment note. Les pages à l'intérieur étaient vierges, presque toutes. Sauf une, une seule au début du carnet, aussi noire que la couverture. Elles comportaient quelques instructions en anglais. Tai était bon en anglais et le peu qu'il aperçu le motiva à cacher cette chose. Quoique ce soit, c'était dangereux. Et ça lui appartenait maintenant.

Une fois chez lui, il ôta ses chaussures et salua sa mère, qui faisait de la soupe aux champignons. Une immondice qui on demandait à Tai qui n'avait plus mangé de champignons ou de fromage depuis qu'il avait appris qu'il s'agissait de moisissure.

"Eh bien, tu n'es pas resté étudier finalement ?"

Tai releva la tête et fit quelques pas en arrière. Il tenait sa veste bien serrée, dans l'intention de cacher le carnet du mieux qu'il pouvait.

"Hein ? Hm, je veux dire, pardon ?"

Il se souvint ensuite de ce qu'il avait demandé à sa soeur et sourit du mieux qu'il pouvait. Il devait paraître naturel. Ce semestre aurait été magnifique et si ses parents avaient cessé de chercher la petite bête.

"En fait, en y repensant, je n'ai pas volé une soirée de repos. N'est-ce pas ?"

Elle lui accorda un rire doux et adorable. Tai avait envie de lui dire d'arrêter de faire semblant mais elle aurait bien pu être honnête. Elle faisait partie des "gens biens".

Il passa devant le piaf de ses parents, qu'on aurait cru empaillé mais qui remuait bien de temps à autres, et partit s'enfermer dans sa chambre, s'y enfermant à double tour.

"Ce monde est malade, n'est-ce pas, petit?"

Le lycéen se retourna brusquement et fit tomber le carnet à terre, avec son sac de cours. Une créature hideuse se tenait devant lui. Une créature hideuse atteinte de strabisme.

Trial & GallowsWhere stories live. Discover now