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- Skully lève ton cul ! lance une voix que je connais si bien.

- Mmmmm... grogné-je.

- Allé bouge-toi putain !  enchéri cette même voix.

- Mmmmm...

Malheureusement, les mains du propriétaire de la voix se saisissent de ma couette pour me laisser à poil étalé sur mon lit.

- Putain Al tu fais chier ! lâché-je. 

- Je sais ! Allé bouge on a rendez-vous ! Et vires  ta blondasse aussi ! C'est pas la maison du peuple ici.

Je me tourne pour voir qu'elle fille est dans mon lit ce matin. Je regarde d'abord ses jambes interminables puis remonte doucement. La demoiselle étant allongée sur le ventre, mes yeux ne tardent pas à fixer son cul. Pas mal... Mon regard continu sa montée pour enfin découvrir le visage de la "blondasse". J'aime les blondes. Bien sûr, je ne suis pas difficile question meufs, un cul c'est un cul. Mais quand mon cul du soir est blond, je préfère. Enfin bref...

- Salut... dis-je en laissant ma phrase en suspend.

- Hilary, dit-elle en se rendant compte que j'ai du oublier son prénom.

D'ailleurs, j'ignore même si nous avons déjà échangé nos prénoms la veille. J'ai du prendre une de ces cuites !

- Hilary, répété-je.

Un vrai prénom de chaudasse. 

- Faut que tu partes, je dois y aller, dis-je en me levant.

- Tu m'appelleras ? demande-t-elle souriante.

- Pourquoi faire  ? dis-je encore la tête dans le cul.

Sur ce, Hilary la chaudasse blonde, se lève en furie et s'habille en quatrième vitesse. Elle passe la porte presque aussi rapidement en lâchant un "connard" avant de disparaître.

Bah quoi ? J'ai dit quoi ? Ah les meufs...

Après une bonne douche et un café, je retrouve Allen qui m'attend déjà dans la voiture.  Ce mec est trop stressé.

- Tu devrais te détendre un peu Al. Si tu continus, tu vas crever d'un arrêt cardiaque avant 30 piges.

- Ta gueule Skully !

Skully*, le nom que tout le monde me donne depuis que j'ai rejoins Blaine et Allen il y a cinq ans. Ils m'ont rebaptisé ainsi à cause de mon crâne dur. Quand j'avais 15 ans, je ne me battais pas avec mes poings comme aujourd'hui. Je n'avais pas le temps d'arriver jusque là. Mon truc, clairement, c'était les coups de tronche. Une vraie passion. Passion qui m'a d'ailleurs valut un nombre incalculable de bosses et d'hématomes. Enfin bref, depuis, plus personne ne m'appelle autrement que Skully. Sauf Blaine, qui lui m'appelle "frérot". Depuis qu'il m'a pris sous son aile il y a cinq ans, il me considère  comme tel. Lui et Allen sont aujourd'hui ma famille. Les seules personnes sur qui je puisse compter. Je me souviendrais toujours du jour où je les ai rencontré. Le 6 octobre 2012. Je me rappelle même qu'il pleuvait ce jour-là. J'étais totalement trempé de la tête aux pieds quand j'ai pénétré dans la supérette de mon quartier. Je n'avais qu'un seul objectif en tête, voler quelques conneries à bouffer avant de mourir de faim. Ça faisait deux jours que je n'avais rien avalé à part de l'eau. Et il était hors de question que je rentre chez moi pour trouver mon père raide mort sur le canapé. J'avais déjà bien assez vu ce poivrot en mode décuvage. Du coup, la seule alternative que j'avais trouvé en ce temps-là, c'était le vol. À quinze ans avec ma dégaine de racaille et mes fringues démodées, ce n'est pas comme ça que j'aurais trouvé un travail. Alors aux grands maux, les grands remèdes comme on dit. J'étais sorti de la supérette avec un paquet chips dans le froc et une barre chocolatée dans chaque manche de ma veste. J'avais profité du moment où le vieux à la caisse aidait une dame à attraper un truc hauteur. C'est là que je suis tombé sur Blaine. Il avait attrapé mon bras alors que je lui passais devant.

《 - La pêche a été bonne ?

- Quoi ?

- Tu partages ?

- Qu'est-ce que tu fous ? Lâche moi !

- Un conseil microbe... si tu ne veux pas te faire choper, va falloir faire quelques progrès, dit-il en quittant mon bras. Je te montre ? 》

Et voilà comment j'ai appris à voler bien plus qu'un paquet de chips. C'est à  partir de ce moment-là que j'ai  eu l'impression d'exister depuis longtemps. Blaine m'a ouvert sa porte alors qu'il n'avait que 22 ans et qu'il  devait subvenir aux besoins de son frère Allen, âgé d'à peine un an de plus que moi. Ce jour-là, je n'ai pas remis un pied chez moi. Et depuis cinq ans, je ne l'ai toujours pas fait. De toute façon, je savais bien qu'on ne verrait pas ma tronche sur les briques de lait. Ni à la télé en gros plan avec « ALERTE ENLÈVEMENT » placardé au dessus de ma tête. Mon cher papa se foutait pas mal de moi. Je crois même qu'il a du être soulagé de ne pas me voir réapparaître. Il m'arrive parfois de me demander ce qu'il devient. S'il est mort suite à une ultime cuite, par exemple. Mais je jette mes questions à la poubelle presque aussitôt. Qu'il soit comme je l'ai laissé il y a cinq ans ou pas, en fait, je m'en fous.

Allen se gare devant chez Hec, Hector quoi. Mais il en a bombé plus d'un qui avaient eu le malheur de l'appeler Hector. Alors va pour Hec ! Hec, c'est un receleur. C'est à lui qu'on refourgue les trucs qu'on vole dans les baraques de bourges. Pas glorieux, c'est vrai. Mais j'ai prévenu que j'étais loin d'être parfait.

- Pourquoi il veut nous voir ? demandé-je avant de sortir de la voiture.

- Il a une commande à passer.

- Une commande ? Putain fait chier. C'est toujours des plans foireux ça ! dis-je agacé. 

- Oh arrêtes de faire ta mauviette. Si t'es sage, je te paie le petit déj.

- Enfin quelque chose d'intelligent sort de ta bouche, déclaré-je en me foutant de sa gueule.

- J't'emmerde ! Allé amène-toi.

Lors de l'entretien avec Hec, je laisse Allen dirigée les "négociations". Moi, ça me gonfle ces trucs-là. Je participe mais ne discute jamais. Je préfère l'action à la réflexion. Bon, je l'avoue, des fois, il me serait bien utile que je m'attarde sur la réflexion avant d'agir. Mais bon, il paraît qu'on ne se refait pas... Hec, veut qu'on aille "rendre visite" à un type qui lui doit du blé et qu'on "fasse les courses" pour lui. Quelle feignasse ce mec ! Il ne peut pas régler ses comptes tout seul ?

Après notre "rendez-vous professionnel", Al nous conduit au Krak pour le petit déj. Ça tombe bien, j'ai une dalle d'enfer !

- Tu vas voir Skully, y a une nouvelle serveuse. Elle a un cul j'te raconte pas, annonce Allen en se mordant la lèvre. 

Bordel ce que ce mec peut être con !

Je me marre alors que nous entrons dans la cafétéria. Al et les culs, une grande histoire. Mais lui, il préfère les fesses des brunes en général.  Tant mieux pour moi je vais dire. Avec sa gueule de gentil beau gosse, j'aurai une putain de concurrence sur le marché de la chaudasse blonde.  Nous nous installons ensuite sur la banquette de droite et attendons qu'on vienne prendre notre commande. Allen est en train de me dire qu'il y a une course ce soir avec un paquet fric à se faire quand nous sommes interrompus.

- Bonjour messieurs, qu'est-ce que je vous sers.

Je lève les yeux pour voir à qui appartient cette voix.

- Putain de merde ! crié-je en regardant la serveuse. Sarah ? Sarah Jane ?

*Skully : référence à skull : crâne en anglais.

*Skully : référence à skull : crâne en anglais

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