Amnésie

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En sentant les rayons du soleil sur lui, Leandru cligna des yeux. Il avait terriblement mal à la tête et quand il comprit qu'il se trouvait dans un lit, il se redressa brusquement. Mal lui en prit car une douleur intense irradia dans tout son crâne.

Il s'écroula sur le matelas et se prit la tête entre les mains. Lorsqu'il se sentit un peu mieux, il observa alors attentivement l'endroit où il se trouvait.

Le jeune homme était dans une chambre dont les murs étaient peints en un blanc cassé qui virait par endroits au jaune. De part et d'autre de la fenêtre, des rideaux blancs aux motifs floraux empêchaient une partie de la lumière de filtrer dans la pièce.

Leandru remarqua également une imposante armoire beige et à côté de celle-ci, un grand miroir sur pied.

Le jeune homme supposa, au vu du relatif dépouillement de la pièce qu'il se trouvait dans un hôtel.

Le corse fronça alors les sourcils : que faisait-il dans un hôtel ? Et que lui était-il arrivé ?

La porte de la chambre s'ouvrit alors et une jeune femme blonde portant des draps sous le bras, fit son apparation.

En voyant que Leandru était réveillé, elle poussa un cri et elle sortit rapidement de la pièce pour revenir quelques instants plus tard avec une femme d'une cinquantaine d'années.

Les deux inconnues s'approchèrent avec précaution du lit et dévisagèrent le jeune homme avec une certaine inquiétude. Et quand elles se mirent à lui parler doucement, Leandru écarquilla les yeux : il ne comprennait absolument rien.

Il se redressa alors lentement et il regarda les deux femmes droit dans les yeux :

- Où suis-je ? Et qui êtes-vous ?

La plus jeune regarda celle qui l'accompagnait puis elle s'assit sur le bord du lit, à une distance raisonnable de Leandru.

- Vous êtes à Stuttgart en Allemagne et vous êtes chez mes parents. Notre maison a échappé aux bombardements car nous ne sommes pas en centre-ville.

- Stuttgart ? De quels bombardements parlez-vous ?

- Ceux des Alliés.

- Je ne comprends pas.

- Êtes-vous un soldat français ou américain ?

- Je ne suis pas soldat mademoiselle. Vous devez me confondre avec quelqu'un d'autre.

- Vous ne vous rappelez de rien ?

- De quoi devrais-je me rappeler ?

- Et bien...de ce qu vous faisiez en ville. Comment vous appelez-vous ? Je pourrais au moins retrouver vos camarades ;

- Comment je...m'appelle ?

Leandru regarda le mur devant lui et il frissonna : il était incapable de dire à cette jeune fille son nom, il ne savait pas d'où il venait et ce qu'il était venu faire en Allemagne, un pays où apparemment il y avait la guerre.

Les deux femmes se dévisagèrent très préoccupées. Elles n'eurent cependant pas l'occasion de questionner plus Leandru car un homme entra à son tour dans la chambre.

- Magda ? Erika ?

Erika se tourna vers son père et d'un air grave lui dit :

- Il est français. Mais il ne se rappelle de rien. Nous ne pouvons pas le laisser ainsi.

Cum' un cantu di libertaWhere stories live. Discover now