De Colmar à Stuttgart (1ère partie)

748 111 23

Avec les Américains du 6e corps de la 7e armée, Leandru et Matteu progressaient à toute vitesse en direction de l'Allemagne. Ils avaient libéré Montbéliard, Héricourt et Gerardmer puis les français avaient atteint le Rhin le 19 novembre.

Quelques jours plus tard, ils avaient appris que les troupes du Général Leclerc avaient libéré Strasbourg et que de plus en plus de divisions alliées, américaines essentiellement, se battaient à présent en Allemagne.

Les soldats essayaient de se motiver comme ils pouvaient : les victoires qui s'enchaînaient leur laissaient espérer une fin rapide de ce conflit qui avait débuté cinq ans auparavant. Certains, plus optimistes que les autres, voulaient croire en une possibilité de fêter Noël au sein de leur famille respective mais Leandru savait qu'ils se trompaient. La résistance allemande était acharnée et le jeune homme redoutait un enlisement des combats tel qu'il l'avait connu en Italie.

- Tu as entendu ce que les gars disaient, à propos de ce...camp ?

Le corse se tourna vers Matteu dont le visage était extrêmement pâle.

- Non. De quoi s'agit-il ?

- Et bien...il y a une division américaine qui est tombée sur une sorte de...camp de travail. Mais...d'après ce que certains disent c'était un lieu pour...pour exterminer les prisonniers de guerre. Il y a des rumeurs qui disent qu'il existe des endroits similaires en Allemagne.

Leandru,...ils ont parlé de fours...des fours où ils brûlaient les prisonniers. Et...il paraît qu'il y avait des centaines de cadavres de prisonniers et...oh mon dieu je vais être malade !

Le frère d'Elisabetta s'éloigna rapidement de Leandru pour aller vomir dans un coin. Il avait entendu la description horrible de ces corps décharnés abandonnés par les allemands et il n'imaginait pas que de telles horreurs puissent exister.

Les deux corses n'eurent plus l'occasion d'échanger à ce sujet car ils apprirent qu'ils allaient participer à une nouvelle offensive, cette fois pour libérer la ville de Colmar. Plusieurs hommes protestèrent en raison des conditions climatiques épouvantables mais ils devaient suivre les ordres : il était temps de supprimer définitivement la poche de résistance allemande de la ville.

Les rivières de la région débordaient en raison des pluies diluviennes qui ne cessaient de tomber depuis plusieurs jours.

Un contre ordre arriva alors : l'attaque sur Colmar était repoussée mais cela ne signifiait pas pour autant l'arrêt de combats.

Cependant, devant la résistance allemande, les soldats français furent obligés de se contenter de progresser sur les flancs de la poche de Colmar. Ils libérèrent Thann le 10 décembre et Sélestat ensuite. Le 12 décembre, le général de Lattre dû finalement se rabattre sur un plan plus modeste qu celui qu'il avait envisagé initialement, consistant à agir en direction de Colmar et de Cernay à partir des crêtes des Vosges, puis, en cas de succès, de progresser jusqu'à l'Ill, avant de pousser jusqu'au Rhin.

Le manque de munitions conjugué à la rude opposition allemande, empêchèrent les français d'atteindre les objectifs fixés. La progression des troupes s'arrêta le 18 décembre, à 8 km seulement de Colmar, alors que des pertes considérables avaient été enregistrées durant les combats.

Le moral des hommes était à nouveu au plus bas quand une nouvelle incroyable fit rapidement le tour de la division :

- Les Boches ! ils ont attaqué dans les Ardennes en Belgique ! Ils ont déjà repris de nombreux villages et les troupes sur place sont totalement débordées !

Cum' un cantu di libertaWhere stories live. Discover now