Chapitre 3

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Lorsqu'ils commencent à s'éloigner je rampe difficilement hors de ma cachette, j'essuie mes cuisses meurtries par le frottement contre le gravier. Au moment de partir je trébuche sur le corps sans vie du jeune homme et me réceptionne gauchement contre une taule en fer. Alerté par le boucan je me tourne aussitôt vers le coin de la rue et fais face aux deux américains. L'un d'eux s'empare de son arme pendant que je commence aussitôt à tourner dans l'autre sens pour m'enfuir.

– Dépêche toi! Hurla l'un d'eux

Les deux hommes se lancent à ma poursuite, je cours en puisant dans mes dernières forces et me jette sur la porte d'une casa qui s'ouvre brutalement sous mon poids, je me dirige vers les étages du dessus et ferme la porte derrière moi. Les hurlements des deux hommes resonnent ainsi que leurs bruits de course. Je m'empare d'un meuble et le renverse devant la porte, en tournant la tête j'aperçois une fillette tapie dans l'ombre qui me dévisage les yeux écarquillés. Lorsqu'ils tentent de défoncer la porte je m'accroupis près d'elle et l'aide à se relever. J'ouvre la fenêtre et la fait sortir en pointant du doigts les escaliers de secours alors qu'elle part dans cette direction en courant. Je fixe le toit de la deuxième casa un peu plus bas et saute dessus, je m'écroule haletante et tousse en sentant la poussière m'envelopper.

– Ici! Hurla un des hommes devant la fenêtre

Il me vise de son arme n'osant pas sauter, je me relève en trébuchant et m'écroule derrière un muret. Les tirs fusent autour de moi et je me traîne au sol vers le rebord du toit, je pousse un cri de surprise lorsqu'une balle frôle l'endroit où ma main était posée. Je recule aussitôt et toujours accroupie place un pied devant l'autre en guise d'appuis. Lorsque les tirs s'arrêtent je me relève sans perdre de temps et fonce vers l'autre rebord face à moi, je panique en entendant aussitôt les tirs reprendre tandis que je saute par-dessus bord en battant des jambes dans le vide, la chute parait durer une éternité jusqu'à ce que mon dos heurte une surface vitrée qui se brise sous mon poids. Je passe à travers une bâche qui ralentit ma chute et heurte le sol avec une telle violence que j'en eu le souffle coupé. Je roule sur le côté parmi les débris de verre et pose ma tête contre le sol en me tenant les côtes douloureusement. Je suis tombée dans un hangar servant de marché de fruit et légumes, les gens autour de moi sont figés leur produit à la main sans me quitter du regard.

– Que pasa? (Qu'est-ce qu'il se passe?) S'exclama l'un d'eux en me pointant du doigt

Personne n'eût le temps de répondre que la porte du hangar s'ouvre dans un fracas assourdissant laissant apparaître mes deux agresseurs, je roule aussitôt sous la bâche qui recouvre l'établi du stand et ferme les yeux en pressant mes côtes.

– ¿Dónde está la chica? (Où est la fille)

Aucun d'entre eux ne répond, comprenant que je suis en danger je sors mon portable et active l'enregistreur vocal dans le cas où il me trouve, je repose mon portable dans la poche arrière de mon short et serre les dents pour étouffer un cri de douleur.

– ¡Entonces! (Alors!) Hurla le deuxième

J'entends un déclic d'arme et des murmures se firent entendre.

– Una americana. (Une américaine) Poursuivit-t'il

– No está aquí, se marchó. (Elle n'est pas là elle est partie) S'exclama une femme

– Et merde! Hurla furieusement l'un d'eux.

– Si on la bute pas elle lui diras.

– Elle ne sait rien. Cracha-t'il

J'entends des pas de courses vers l'extérieur et souffle soulagée alors que mes paupières se ferment lentement pendant que je tente de reprendre mon souffle. Ma main tremble lorsque je repris mon téléphone, je coupe l'enregistrement et le range de nouveau. La bâche se soulève et une femme m'extirpe doucement de ma cachette. Je la repousse aussitôt surprise et en voyant que je suis blessée elle fait signe à d'autres femmes de venir.

– Despacio. (Doucement) S'exclama la femme d'un ton autoritaire

Elles me reposent au sol et l'une d'entre elle se penche au-dessus de moi et tâte avec douceur mes côtes.

– Creo que tengo rotas las costillas. (Je crois que mes côtes sont cassées) Haletais-je

L'une d'elle secoue négativement la tête et se penche vers moi pour essayer de me relever, elles me mettent debout me provoquant un hurlement de douleur. Elles m'épaulent de chaque côté et m'allongent à l'arrière d'une camionnette une fois sortie. Mon attention se porte sur la conductrice qui porte un tatouage sur le cou semblable à ceux que portent des détenus, je l'ai déjà vue.

– Qui êtes-vous? Chuchotais-je dans ma langue natale

– Comment tu sais que je suis américaine? Rigola-t'elle

– Je t'ai déjà vu. Répondis-je

Lorsque je croise son regard dans le rétroviseur, je fronce les sourcils avec surprise.

– Comment t'es-tu échappée de ADX Emilia? M'exclamais-je

– Tu te souviens de moi alors? Demanda-t-elle

– Emilia Brandson tu étais du bâtiment B et aussi ma patiente. Répondis-je

Je laisse retomber ma tête contre la surface dure du siège et fixe le plafond.

– J'ai profité de la diversion que tu as créée pour me tirer et je suis pas la seule d'ailleurs.

– Comment tu m'as trouvé ? Demandais-je

– Je te devais une dette c'est grâce à toi si je suis dehors et je déteste être redevable. Répondit-t'elle

Lorsqu'elle freine je me retiens en grimaçant contre la porte coulissante, elle me soulève et m'aide à marcher vers une des casa. Je m'assis difficilement sur le canapé pendant qu'elle sort plusieurs cachets dans un des tiroirs.

– Prends ça le temps que je trouve un vrai médecin.

– Tu sais quelque chose à propos de la mort d'Alvaro? L'interrompis-je

Elle se tourne vers moi surprise puis hausse un sourcil.

– C'est ton copain qui l'a tué t'es pas au courant?

– Qui? Demandais-je en saisissant les cachets

Elle s'arrête à ma hauteur et récupère la boîte d'un air perdu.

– Aaron Torres. Déclara-t'elle

Criminal [Tome 2]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant