Chapitre 18-1

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— Rien d'autre d'important ?

— Je pense que le mot « important » n'a pas la même signification pour moi que pour vous, alors comment voulez-vous que je sache ?

— Redites-moi exactement ce que vous avez entendu, m'ordonna-t-il toujours droit comme un I derrière son bureau.

Je m'exécutai dans un soupir agacé, ce qui compte tenu du peu que j'avais surpris de la conversation, ne dura pas longtemps.

— A priori, la diffusion ne s'est pas trop propagé encore, marmonna Aaron dans ses dents, semblant réfléchir intensément.

— Tu crois que les nôtres ont réussi à la bloquer ?

— Certainement. Le problème c'est qu'une fois que quelque chose est sur le net, cela finit toujours par ressortir à un moment ou à un autre.

— Même si c'était le cas, les humains prendront ça pour une blague, un montage. Ils ne sont clairement pas prêts à croire au surnaturel.

— Peut-être...mais pourquoi l'armée nous attaque-t-elle alors ? La coïncidence est un peu grosse, non ! intervint un homme que je ne connaissais pas en pénétrant dans la pièce sans frapper.

Contrairement à Nicolas et Aaron, il n'était pas très grand et bien que son corps ait l'air affuté, il paraissait plutôt svelte et frêle en comparaison des deux autres hommes présents dans la pièce. Ses cheveux noirs un peu trop long faisaient ressortir sa peau aux reflets chocolat et ses yeux noirs pénétrant, qui me laissèrent une impression étrange. Surtout, comment diable avait-il fait pour entendre la conversation à travers la porte fermée ? Nous ne parlions pas si fort que cela !

— Des nouvelles du clan...des piafs ? demanda-t-il avec une légère hésitation après m'avoir jeté un coup d'œil étonné et avoir refermer la porte derrière lui.

— Non ! lui répondit Aaron avec humeur. Tu sais très bien ce que je pense de cette Harpie et de sa clique !

— Qu'ils feraient de supers cure-dent ! Je les inviterais bien à un pic-nic, moi ! ajouta-t-il avec un petit rire contagieux qui réussit même à faire esquisser un semblant de sourire à Aaron.

— Akshay, nous ne sommes pas seuls ! le sermonna-t-il quand même d'un ton sérieux.

— J'avais remarqué, lui répondit-il avant de se tourner vers moi. Bonjour, je suis Akshay, le second bras droit de Aaron, se présenta-t-il en me tendant la main. Vous devez-être...

— Rose, lui répondis-je en serrant sans hésitation la main tendue. L'humaine encombrante qui se demande ce qu'elle fait toujours là !

— Ha, ha...excellent ! s'exclama-t-il en rigolant. Mais j'avoue me poser la même question, reprit-il en se tournant vers Aaron, un air soudain très sérieux sur le visage.

— Elle avait des informations importantes pour nous, se contenta de lui répondre rapidement Aaron, ne voulant de toute évidence pas entrer dans les détails.

— Ce qu'il oubli de te dire, c'est que sans elle, nous ne serions peut-être plus là pour te parler, ajouta Nicolas d'une voix sourde et me sembla-t-il un peu menaçante à son encontre.

Akshay ne dit rien, mais le bref regard qu'il me lança était plus curieux et incisif que le premier. Il avait peut-être l'air sympa et insignifiant comme ça, mais apparemment, il ne fallait pas se fier qu'aux apparences.

— Moi aussi j'ai des infos pour vous...et elles ne vont pas vous plaire !

— Attend ! l'arrêta Aaron, en se saisissant du téléphone présent sur son bureau.

Il appuya sur une unique touche, puis se contenta d'aboyer dans le combiné « viens la chercher », avant de raccrocher d'un geste vif qui me fit craindre pour l'intégrité physique du téléphone. Il ne faisait aucun doute que le « la » me désignait...moi ! J'en avais plus que marre d'être traité comme un objet encombrant et insignifiant ! J'avais beau être épuisée, terrifiée et...bref, j'en avais ras-le-bol !

— Je suis parfaitement capable de trouver la sortie toute seule ! dis-je au moment où Nicolas disait à son tour en se levant « je vais la raccompagner ».

— Non ! J'ai besoin de toi ici, lui ordonna Aaron d'un ton sans réplique.

— J'ai fait une promesse, lui susurra ce dernier d'un ton sourd et menaçant.

— Et tu la respecteras, dans la mesure de tes moyens, comme toujours...mais pas tout de suite !

Quelqu'un frappa sèchement et brièvement à la porte avant d'entrer dans la foulée. Eva braqua instantanément son regard hostile sur moi, tandis qu'elle s'avançait dans l'intention évidente de me saisir par le bras. Je me reculai précipitamment en faisant un petit bon en arrière.

— Ne me touche pas !

— Rose, suivez Eva s'il vous plait, me demanda Nicolas d'un ton pressant. Nous avons...des choses à régler mais après je vous promet de vous ramener chez vous.

— Nicolas !

— Merci beaucoup pour votre aide, ajouta-t-il à mon intention sans tenir compte de la mise en garde limpide de Aaron.

Je le fixais dans les yeux pendant de longues secondes, puis finit par accepter de suivre l'autre harpie d'un signe de tête avant de lui emboîter le pas. 

Ombre Fauve (sous contrat d'édition )Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant