Après l'Italie, la Provence

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Leandru avait compris, après le nouvel échec des troupes alliées, que sans le soutien des bombardiers lourds, sans un solide appui aérien, ils n'arriveraient à rien.

Les allemands, quant à eux, comptaient bien remporter cette bataille : ils avaient disposé des mitrailleuses, des mortiers et enterré des chars sur les premières pentes de la colline menant au monastère. Ils avaient même, dans les maisons en pierre de la ville, dissimulé d'autres chars et des armes automatiques.

La météo, décidément très capricieuse, vint à son tour tourmenter les plans des Alliés. Il se mit à pleuvoir encore et encore pendant trois semaines, empêchant les troupes d'effectuer la moindre sortie.

Le matin du 15 mars, les soldats français levèrent la tête vers un ciel qui s'était enfin dégagé. Les opérations reprirent et plus de cinq cent bombardiers se mirent alors à larguer des tonnes et des tonnes de bombes sur la petite ville de Cassino.

Les Néo-zélandais purent enfin lancer un assaut, soutenus par plusieurs chars, dans le sud de la ville. Plusieurs d'entre eux se mirent ensuite à grimper les premières pentes menant au monastère.

Cassino fut réduite à l'état de ruines et les décombres bloquèrent l'avancée des chars. Aucun blindé n'était en mesure de s'enfoncer plus loin dans ce chaos, obligeant l'infanterie à prendre le relais. La progression des Alliés fut donc considérablement ralentie et les soldats rencontraient les pires difficultés pour nettoyer le terrain.

Ils essuyaient également les tirs des allemands toujours bien dissimulés dans leurs cachettes et les morts se comptèrent par dizaines.

Les combats dans la ville de Cassino ne menaient à rien et du côté de la colline du monastère la situation n'était pas plus brillante.

Après cinq jours et cinq nuits, les troupes alliées avaient perdu un grand nombre de leurs effectifs et les survivants étaient à bout de force.

Leandru et Matteu avaient suivi les combats de loin et le 24 mars lorsque cette nouvelle attaque sur Cassino s'acheva avec un nouvel échec, ils se sentirent totalement désespérés.

Pendant six semaines environ, il n'y eu plus le moindre combat puis, la VIIIe armée britannique et le Corps expéditionnaire français furent redéployés en secret. Leandru et Matteu se demandaient ce que les dirigeants alliés prévoyaient à présent et ils eurent une réponse assez rapidement.

Une attaque allait être menée sur toute la longueur de la ligne Gustave, de la côte aux montagnes. Le but étant de forcer les allemands à repousser des offensives simultanées sur un front s'étendant sur trente kilomètres.

Dans le même temps, les troupes stationnées à Anzio devaient avancer afin de bloquer la retraite des allemands.

Les deux corses étaient cependant sceptiques sur l'effet de surprise escompté par les gradés alliés et ils en discutèrent pendant qu'ils quittaient l'endroit où ils pourrissaient depuis des semaines :

- Les allemands vont quand même remarquer quelque chose enfin ! On ne déplace pas autant de divisions de la sorte à travers le pays sans que personne ne s'en aperçoive non ? Enfin bon je suppose qu'ils savent ce qu'ils font.

Leandru n'écoutait pas totalement le frère d'Elisabetta car il ne cessait de regarder autour de lui par crainte de tomber dans une embuscade. Il tenait fermement son fusil en main et il était attentif au moindre mouvement suspect.

Le 11 mai à 23 heures les premiers tirs de canons anglais et américains débutèrent : la luminosité était telle qu'on se serait cru en pleine journée.

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