Amère libération

Depuis le début

Cependant Giovannina n'oubliait pas les consignes laissées par son neveu et elle posa quelques questions à son visiteur afin de s'assurer de son identité. Après s'être assuré qu'il s'agissait bien du père de l'enfant d'Elisabetta, Giovannina comprit pourquoi la jeune femme n'avait cessé de lui dire qu'avec Leandru à ses côtés elle se sentait en sécurité et lorsqu'elle assista aux retrouvailles du couple, elle se sentit terriblement émue.

Les deux jeunes gens s'éclipsèrent ensuite dans la chambre d'Elisabetta afin de pouvoir discuter en toute intimité.

Lorsqu'ils s'assirent côte à côté sur le lit, le premier réflexe de Leandru fut de poser sa main sur le ventre de sa compagne et de s'enquérir de sa santé.

Elisabetta le rassura puis elle se blottit contre lui. Pendant quelques minutes seul le silence régna dans la pièce.

- Tu ne devais pas venir aussi vite...

- Je sais mais...Basiliu m'a appris des choses et je...je ne pouvais pas...je devais venir ici pour te protéger, toi et le bébé.

- Me protéger ? Mais de quoi ? De qui ? Gabriel va venir à Aiacciu ?

- Non. Du moins, je n'ai aucune nouvelle de ton frère. Non, Basiliu m'a fait comprendre que ce n'était plus qu'une question de temps pour que les véritables actions soient lancées, celles qui auront pour but de libérer notre pays des Italiens et des Allemands. Et il était hors de question que je ne sois pas à tes côtés lorsque les combats débuteront.

- Mais...mais alors nous ne sommes plus en sécurité ici ?

- Ne t'inquiète pas Lisa. Tant que tu es avec moi, tu n'auras rien à craindre.

- Et...Matteu ?

- Il est toujours dans la montagne. Basiliu lui a sacrément remonté les bretelles. Ça ne lui a pas plu mais...je crois qu'il n'a plus le projet, du moins pour le moment, de retourner à Merusaglia. Mais là aussi, ce n'est plus qu'une question de temps pour qu'il informe ta famille à notre sujet. Cependant, je...je crois que...en fait je ne sais pas s'il restera rangé aux cotés de Gabriel.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Il m'a sauvé la vie deux fois Lisa. A chaque fois il a dit qu'il le faisait pour toi, pas pour moi. mais il a dit aussi qu'il ne voulait pas que notre bébé grandisse sans son père alors je...je pense que, même s'il ne veut pas l'avouer à cause des conflits qui ont toujours existés entre nos deux familles, il ne tient pas tant que cela à nous séparer.

- Je l'espère mais...je n'y crois pas trop.

Les deux jeunes gens décidèrent ensuite d'aller se promener le long de la mer. Aiacciu était une grande ville : Leandru et Elisabetta pouvaient déambuler dans les rues de la cité impériale sans crainte d'être reconnu et malgré la présence des troupes ennemies, ils pouvaient être eux-mêmes sans redouter que leur famille n'accoure pour les séparer.

Le mois de juillet s'écoula lentement : chaque jour Leandru, Elisabetta et Giovannina écoutaient avec attention la petite radio que la tante de Simon dissimulait dans sa cave par crainte que les italiens ne l'accusent de trahison envers eux.

Ils avaient ainsi appris que les troupes alliées avaient débarqué en Sicile et que dans le même temps les soviétiques remportaient plusieurs batailles contre les allemands.

L'île fut conquise après trente-huit jours de combat et lorsque cette nouvelle parvint en Corse, Leandru comprit que les combats allaient bientôt débuter.

A la fin du mois d'août, le jeune homme décida de ne plus sortir avec Elisabetta qui approchait de son cinquième mois de grossesse. Le ventre de la jeune femme était légèrement arrondi mais sa robe cachait encore la transformation de son corps.

Cum' un cantu di libertaLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant