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10 février 1997, 05h04...
Centre de formation des Navy SEALS, Coronado, San Diego, Californie...

Max Matthews avait mis un maximum de chances de son côté pour être recruté au sein de l'unité armée réputée la plus efficace au monde. Il avait suivi un entraînement spécifique, pendant un an, en parallèle de son rôle au sein de la police de San Diego. Il avait ensuite postulé et été reçu au sein de la marine américaine, basée également à San Diego. Chaque jour, il s'imposait un jogging matinal de vingt kilomètres et des séries de pompes, de squats, de tractions et autres abdominaux. Il fréquentait en plus, trois fois par semaine, une salle de musculation avec un coach spécialisé dans la préparation à la formation des SEALS.

— Tu n'as pas besoin de devenir un monstre musculeux pour survivre à l'entraînement des SEALS, lui rabâchait son entraineur personnel. C'est 80% de mental, là-bas. La plupart des gros bras échoue lamentablement, alors que des tas de mecs plus fins tiennent des mois.

— Ouais ! répondait Max inlassablement. Mais si en plus du mental, j'ai un physique d'acier, je ne ferai pas que survivre, ou tenir plusieurs mois, j'irais au bout.

Et invariablement, quels qu'aient pu être les arguments du coach, Max en revenait toujours à l'entraînement physique. Même lors de ses quelques déploiements en mer, il trouvait toujours le moyen de s'entraîner tous les jours. Il courait sur le pont du navire, travaillait sa musculature en salle des machines ou dans les coursives. Il ne s'arrêtait jamais. Il fut rapidement repéré et signalé par ses supérieurs. Ainsi, après à peine huit mois dans l'armée navale, on lui proposa de se joindre à la prochaine session de recrutement des SEALS, à Coronado.

La première semaine fut la plus difficile. Cependant, contrairement à certains, il y avait été préparé. Cette semaine n'était pas baptisée « Hellweek » pour rien. En sept jours, les recrues couraient plus de trois cents kilomètres et dormait environ quatre heures. Rarement plus de quinze minutes d'affilées. On les réveillait à coup de fusil mitrailleur ou d'explosifs. Il y avait presque tout le temps de la fumée et du bruit. Max et ses collègues s'imaginèrent l'enfer plus calme que cette semaine d'entraînement. Sur trois cents candidats, arrivés avec lui au premier jour, seuls trente-huit survécurent à cette semaine. Entre les blessures, les crises de nerfs et les abandons, les SEALS ne laissaient aucune chance aux faibles. Que ce soit physiquement ou moralement, il fallait être indestructible pour intégrer les rangs de la fameuse force spéciale des US Navy.

La seconde semaine, si elle comptait un peu plus de sommeil, ne fut cependant pas plus calme. Les recrues étaient toujours aussi malmenées et on leur expliqua que la formation de base durerait ainsi pendant six mois. Les plus chanceux d'entre eux, pourraient espérer un déploiement au bout de vingt-quatre mois d'entraînement. Les plus spécialisés pouvaient potentiellement y ajouter encore un an. Si Max était impatient de se retrouver sur le terrain, il était également parfaitement à son aise en formation. Évidemment, malgré sa préparation, il suait sang et eau, comme ses camarades. Mais il était là où il avait toujours voulu être.

Depuis l'opération Prime Chance pendant la guerre du golfe, Max avait souhaité rejoindre le corps des SEALS. D'abord pour soutenir l'effort de guerre puis, plus tard, parce qu'il savait que c'était la meilleure porte d'entrée vers les agences d'intervention supposément secrètes. Les seules à pouvoir intervenir lorsque les lois jouaient contre le bien commun. Son mantra devint alors clair à ses yeux, il voulait être « celui qu'on appelle lorsqu'on ne sait plus qui appeler ». Si c'était comme cela qu'il le formulait, il souhaitait en fait travailler pour l'agence qu'on appelait pour gérer les situations ingérables.

Lorsque, un an et demi plus tôt, il avait eu affaire aux hommes en noirs, il réalisa que ces agences n'étaient pas que des légendes urbaines. Cette rencontre revigora son désir d'intégrer les SEALS. C'était désormais chose faite. Cela faisait un mois qu'il courait sur la plage, chaque matin, au son de son instructeur beuglant des ordres sans queue ni tête. Porter le canot dans l'eau, l'en sortir, l'y remettre et ça, autant de fois que l'instructeur Dewie le jugeait nécessaire. Parfois six fois, parfois, comme ce matin, vingt-trois fois. Ils enchaînèrent ensuite avec des séries de pompes. Après plusieurs séjours dans l'océan, leur uniforme, déjà bien lourd en temps normal, ajoutait plus de trente kilos à leur propre masse. Dans le sable meuble, avec les vagues qui venaient les désarçonner régulièrement, ces exercices étaient un réel défi, contrairement à ce qu'avait annoncé le préparateur physique soi-disant spécialisé dans les SEALS.

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