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21 juillet 1995, 17h44...
Admiral avenue, San Diego, Californie...

— Comment peut-on sérieusement envisager d'installer son QG ici, à San Diego, quand on est dealer ? San Diego ? La ville la plus militarisée au monde !

— T'exagères un peu, mec.

Max Matthews avait raison. San Diego, Californie, abritait un nombre impressionnant de militaires, la plus grande base navale de la planète et le quartier général des Navy SEALS. Malgré tout, la ville n'était pas plus militarisée qu'une autre aux États-Unis.

— En plus, poursuivit Max, ils ont manifestement été malins, puisque ça fait plus d'un an que la DEA leur court après.

Les deux agents de police prenaient pour cible une grande maison plate du quartier de Serra Mesa. Ils avaient été mobilisés, ainsi qu'une vingtaine de leurs collègues, en support d'une opération menée conjointement par la DEA et la police locale. Alexandro Cortez, trafiquant notoire de la région devait être appréhendé avec ses principaux associés. Il y avait encore une douzaine d'éléments hostiles dans la demeure, après de premiers échanges de coups de feu. Deux agents en uniforme avaient été blessés et le cadavre d'un dealer gisait encore sur le ciment de l'allée du garage, dans une mare de sang.

Dans la rue, bloquée au nord et au sud, sept voitures de patrouilles et trois véhicules de la DEA s'éparpillaient tels des boucliers, pour protéger les policiers. Le responsable de la mission faisait le point avec deux de ces agents. Toute retraite était impossible par l'arrière de la maison. Une autre équipe attendait là et avait déjà éliminé trois malfaiteurs. Il fallait entrer.

Cependant, Cortez était connu pour son amour des explosifs et la menace d'une ou plusieurs bombes était à craindre très sérieusement. L'opération était au point mort depuis dix minutes lorsque le son caractéristique d'un hélicoptère se fit entendre.

— Voilà la cavalerie ! lança Max à son collègue en lui indiquant l'appareil d'un vague mouvement du menton.

— Tu paries sur qui ? SEALS ? FALCON ?

— Non... Les SEALS ne se déplacent pas pour un dealer. Je dirais plutôt une équipe du FBI ou une branche de la DEA.

— La DEA n'a pas de branche d'intervention de ce type... s'étonna Michael.

— Si c'est une branche secrète, tu crois que tu serais au courant ?

— Mouais...

L'hélicoptère se posa sur le gazon d'une maison derrière eux et quatre hommes en uniforme noir d'intervention en sortirent. Cagoulés, équipés de lunettes multifonctions et de fusil d'assaut qu'aucun des deux policiers ne put reconnaître, ils s'avancèrent sans la moindre hésitation au travers des véhicules officiels et progressèrent vers la maison.

— Bordel ! s'écria alors le responsable de mission dont le gilet pare-balles arborait le sigle de l'administration de lutte contre la drogue. D'où ils sortent, eux ? Ils sont à qui ? Hey !

Aucun des soldats ne lui prêta la moindre attention et c'est un cinquième agent, en costume de ville, tout aussi sombre que ses collègues, qui vint lui présenter une enveloppe. Il ne lui adressa aucun mot alors que les quatre hommes en noir ouvraient le feu, de leurs armes surpuissantes. Il y eut une vague tentative de réponse de la part des opposants, mais sans succès.

Tels des robots ne craignant pas les balles, les nouveaux venus pénétrèrent dans la maison après avoir enfoncé la porte d'un coup de pied. Il y eut de nouvelles détonations. La porte du garage fut soufflée par une explosion et atterrit sur le toit d'une des voitures de patrouille. Tous les officiers se mirent à couvert, mais il n'y eut pas de seconde explosion. Le rythme des tirs à l'intérieur de la maison diminua légèrement et on entendit une vitre se briser sur le côté gauche de la demeure.

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