Chapitre 24 - ...et je t'aimerais en retour.

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 Perdu dans un sommeil sans rêves, Gildur était apaisé. Le poids sur ses épaules ainsi que la tristesse qu'il ressentait s'était pour le moment apaisé. Il avait décidé d'être égoïste, de mettre de côté ce que lui appelait son devoir, les remords et la tristesse qu'il pouvait ressentir contre ce moment, avec elle dans ses bras. Elle s'était endormie, sans bouger. Il ne pouvait pas résister à la douce sensation de son corps contre le sien. Il respirait lentement, profitant de chaque bouffée d'air pour se ressourcer.

Il se sentit perturbé au bout de quelques heures. Il remarqua que le souffle qu'il sentait contre sa poitrine était perturbé. Il entendit ensuite la respiration de Saralyn devenir plus irrégulière, couplée a des gémissements plaintifs. Pensant que c'était probablement dû à ses blessures, il se contenta inconsciemment de la serrer un peu plus contre lui, mais c'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'en plus de sa respiration, tout son corps était complètement tendu. Mais ce qui le réveilla pour de bon c'est lorsqu'elle se releva brusquement, réveillant immédiatement le nain qui la vit se débattre violemment dans ses bras, il recula alors, pour lui laisser de l'espace et elle se recroquevilla sur elle, hurlant et tremblant. Gildur, complètement perdu, se contenta d'essayer de la rallonger, de la calmer, mais elle se débattait en hurlant à pleins poumons. Son corps était incroyablement tendu et même le nain n'arrivait pas à la bouger.

Et puis, d'un seul coup, l'eyrienne sortit ses griffes et prit un coussin pour le déchiqueter, faisant voler des plumes partout dans la pièce. Elle avait cessé de hurler, mais était en pleurs, sans pouvoir s'arrêter. Gildur ne réfléchit pas plus longtemps et se précipita pour la prendre dans ses bras et caresser son dos doucement, sentant tous ses muscles se raidir et ses griffes se planter dans ses bras, le plus doucement qu'elle pouvait dans cette situation.

– S... Sara... balbutia le nain. Je suis là calme-toi.

– Je... Je... Gildur... murmura l'eyrienne, paniquée.

– Il ne peut rien t'arriver. Tu es avec moi.

– JUSTEMENT... hurla–t–elle sans prévenir. CETTE FOIS LA NON PLUS IL M'EST RIEN N'ARRIVE...

Les pleurs reprirent de plus belle. Elle ne faisait rien pour les arrêter, et voir Saralyn un état aussi vulnérable troubla profondément le nain, qui la serra justement contre lui. Il ne voulait pas la brusquer, et la laissa pleurer un instant. Elle lui avait permis la même chose la veille. Il chuchota d'une voix douce :

– Sara... Je t'en prie calme-toi.

– Je... Peux... Pas... dit–elle en serrant les dents pour ne pas crier.

– Respire, tranquillement... mais calme–toi.

Saralyn serra ses poings, déchirant un peu les draps au passage. Gildur prit alors sa main, sentant ses griffes se planter dans sa paume, les poings de Saralyn étant complètement tétanisés, et lui dit simplement en faisant tout pour ne rien laisser transparaître de sa douleur :

– Si t'as besoin de te défouler, fais–le sur moi. J'encaisserais, mais calme-toi.

L'eyrienne se mit à grogner, alors même qu'elle pleurait. Le nain lui tendit alors son bras, préférant la voir le mordre, le griffer, peu importe. Il savait qu'elle ne lui ferait pas plus de mal que ce que d'autres lui avaient fait subir, et il préférait souffrir, que de la voir ainsi. Elle faillit planter ses dents dedans, avant de se raviser et de déchiqueter l'oreiller de Gildur avec ses dents. Après quelques minutes à grogner, elle sembla se calmer, même si elle continuait à respirer fort et à éponger son front.

– Sara, dit Gildur en s'asseyant près de lui. Je suis plus qu'inquiet là.

– Juste... Un rêve. Un vieux rêve... dit–elle faiblement.

Memtis - Le ChampionWhere stories live. Discover now