Chapitre 14 - Fehlna

Depuis le début

Vahlna aussi était présente, contre une des colonnes de la salle. Elle ne disait rien, ne laissait rien transparaître, mais ne serait–ce que sa présence avait un effet apaisant pour le Champion.

Et c'est alors que les tambours commencèrent à résonner dans la pièce tandis que les portes s'ouvraient lentement pour la faire apparaître enfin.

Elle était vêtue de son armure dorée, polie pour la rendre plus brillante que jamais. Elle avait coiffé ses cheveux habituellement en carré dans un chignon qui durcissait les traits de son visage. Elle s'était maquillée, uniquement pour rendre son regard plus profond et plus perçant. Elle avançait le long du tapis jusqu'au trône, portant dans sa main son marteau d'or. Elle gravit chaque marche du palier pour monter jusqu'au trône avant de s'agenouiller sur la dernière, le regard fixé vers le sol, tête baissée. À ce moment, la prêtresse naine fit signe à Amisha de la suivre, et toutes deux se dressèrent devant la naine agenouillée devant elles. L'enfant commença à faire des gestes avec ses mains tandis que la naine prit la parole :

– Que ce jour soit béni des divins et de tous les dieux qui veillent sur ce monde. Relève–toi, Fehlna Grinnr.

Elle se releva et se tourna pour faire face à la foule la regardant intensément. Gildur ne pouvait pas le voir d'où il était au début, mais il voyait maintenant clairement qu'elle avait le regard dur, imperturbable.

– En ce jour et sous le regard de Füros et de son enfant Haffenzal, en vertu de l'honneur de la famille Grinnr, de ta noblesse, de ton cœur que les tiens jugent bon et de ce devoir sacré qui t'as été attribué, moi, humble oracle des dieux te nomme gardienne de la pierre de foyer, chef des armées, chanteuse du cor et représentante de toute la race naine d'Erob. Que meurt Fehlna, fille de Gasguk, et que naisse Fehlna, reine d'Erob.

Des applaudissements retentirent dans la pièce, mais doucement, pour ne pas perturber la cérémonie qui n'était pas terminée. La jeune reine se retourna, fouilla dans son col pour en sortir la pierre de foyer qu'elle encastra dans le creux à l'intérieur du trône. À ce moment des nombreux filets de lumières rouges s'échappèrent du trône, s'incrustant dans la roche se dispersant dans toutes les surfaces de la pièce, jusqu'à illuminer d'une lumière aussi rouge que le feu les deux grandes statues de nains géantes qui s'activèrent une fois leurs yeux illuminés de rouges et descendirent de leur stèle pour s'agenouiller devant leur reine. Toute la salle sans exception les imita, laissant Fehlna debout entouré de ses sujets. La pierre de foyer activa également les autres runes dans la pièce, cosmétique ou de défense, transformant la salle du trône en une salle ésotérique. Elle déposa son marteau sur le sol et marcha vers Gildur pour lui prendre Idée des mains et la brandir sur son épaule.

– Gildur d'Erob. Tu seras mon bras armé dans ce pays, ma voix hors de nos montagnes, mon image hors de cette pièce. Je te confie Erob autant que tu me confies ses habitants. En vertu de cette confiance que je t'accorde, acceptes–tu de servir ta reine jusqu'à la mort ?

Gildur releva le visage et soutenu le regard de Fehlna. Il était crispé. Il se rendit alors compte de l'effort surhumain qu'elle déployait pour maintenir la cérémonie jusqu'au bout sans craquer, comme elle l'avait fait depuis des semaines. Il lui fit alors un grand sourire et lui répondit :

– Ma reine, je n'oserais même pas faire la moindre blague sur une si belle déclaration de dépendance sentimentale.

La salle ne put s'empêcher d'emmettre quelques éclats de rire, qui arrachèrent même un sourire en coin a la reine.

– Mais je donnerais mon or, ma vie, mon honneur, tout ce que j'ai pour que vous, votre famille et tout Erob soit préservé. Je vous confie ma vie, ma reine, et serait votre humble serviteur, et je l'espère, votre plus grande fierté, et ce jusqu'à la mort ou que je n'en sois plus digne.

Memtis - Le ChampionLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant