Chapitre 14 - Fehlna

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 Il restait debout. Immobile. Les mains jointes sur le dessus d'Idée dressée tout aussi droite que lui. Il avait revêtu sa plus belle armure, noire aux couleurs de la maison Grinnr. Il s'était peigné, tant les cheveux que sa barbe. Devant lui, une salle pleine de monde, de part et d'autre d'un grand tapis au centre de la pièce qui allaient des portes jusqu'à lui. À sa gauche ? Le trône d'Erob niché sur une plate-forme surélevée par plusieurs marches ce qui plaçait Gildur au–dessus de la majorité des personnes dans la pièce. Derrière Gildur, au–dessus du trône, deux immenses statues de nain entrechoquant leurs marteaux. La salle du trône d'Erob, nettoyé, décoré et avec comme seul accès les anciennes portes de la salle du trône dont tout le monde attendait l'ouverture.

Gildur attendait avec appréhension ce moment, et tenta de distraire son ressenti en observant les personnes dans la pièce. Il y avait beaucoup de nains, tous vêtus de rouge et de leurs plus belles parures. Il était habituel de se vêtir de rouge pour ce genre d'occasion. C'était la couleur de la fête, du feu, de la spontanéité. En ville on faisait la fête, dans tout le royaume nain on buvait, on dansait et on chantait. Alors pourquoi certains visages étaient–ils si tristes ? C'était bien entendu une question tristement rhétorique. Mais les moments importants rendaient toujours l'humeur de Gildur beaucoup plus noire.

Cela faisait un mois que Aaron les avait quittés. Un véritable choc pour Erob qui coupa le temps de quelques semaines ces communications et ses commerces a l'international pour se concentrer sur son deuil. Et ce fut de longues semaines pour Gildur. Entre les enterrements, les enfants qui étaient inconsolables, Godric qui s'en voulait intensément de ne pas avoir pu venir avec Gildur au sommet et Fehlna qui manqua de fracasser le crâne de pas moins de 8 des employés du château par la rage, que ce soit à cause de la mort de son frère ou de Brienne qui avait tenté de faire valoir ses droits de succession pour elle et sa fille. Gildur était triste, mais il avait vécu le départ d'Aaron et l'avait accepté, le fait de lui avoir parlé l'ayant beaucoup aidé à accepter son départ. Et non pas simplement le subir comme ils le faisaient tous.

De l'autre côté du trône, Gildur remarqua justement qu'Amisha était présente, à côté d'une naine, toutes deux en longue robe blanche avec des bordures rouges. La naine avait un emblème représentant une flamme rouge sur son buste, là où Amisha avait un soleil d'or. Depuis quelques mois, la jeune fille éprise par la religion s'était engagée dans les ordres, ce qui avait fait le bonheur et la fierté de sa mère et de son père. Elle s'était engagée a suivre la formation pour devenir non seulement prêtresse de Füros, mais également de sa fille, bien plus méconnue sur Memtis que le grand dragon divin du feu : Haffenzal, grande dragonne d'or déesse du soleil. Mortepierre étant la ville d'Erob la plus présente a la surface, il est tout naturel que le temple d'Haffenzal se trouvait là-bas, ce qui avait conforté la jeune fille dans son choix.

Son père n'était pas loin, dans la foule en bas de la plateforme, mais en tête de file, juste en face du trône. Il tenait la main de sa femme et semblait à la fois fier que sa fille soit à la place où elle était, et triste pour les circonstances pour lesquelles elle se retrouvait ici.

Aldéas était de l'autre côté de la foule, à la droite de Gildur, toujours en tête, l'air sombre. Il était celui qui avait le plus mal vécu la disparition de son père. Amber n'avait jamais connu la difficulté qu'avait eu Aldéas a s'intégrer, à son arrivée l'adoption d'un humain par la famille Grinnr avait été bien acceptée. Pour Aldéas son père a été un repère quand il n'avait plus rien et que certains, Gildur le premier, lui avait tourné le dos par préjugé. La disparition de ce dernier avait profondément marqué le jeune garçon qui n'adressait plus la parole à personne. Amber elle, était à droite de son frère et le serrait fort contre elle d'un bras. Elle était triste, bien sûr, mais voir son frère dans cet état rendait cela encore moins supportable pour elle, alors elle faisait tout pour qu'il se sente mieux.

Memtis - Le ChampionWhere stories live. Discover now