Chapitre 10 - Le siège

6 1 0

 Cela faisait trois semaines que le siège durait. Comme prévu, les ressources alimentaires commençaient à s'appauvrir, mais rien ne s'était passé comme Godric l'avait prévu. En trois semaines, Alara s'était fait attaquer presque tous les jours, mais uniquement par le sorcier qui revenait avec son armée de squelettes attaquer la ville. Le premier jour fut éprouvant, car tous les soldats morts au combat lors de la première attaque alimentèrent la magie du sorcier, mais au fur et à mesure des attaques, les pertes étaient minimes, voir nulles, et de son côté, il semblait que le sorcier n'avait plus assez de macchabées afin de pouvoir lever son armée, qui était de plus en plus petit à chaque vague.

Les trois chefs nains étaient du même avis : le sorcier avait uniquement pour but d'affaiblir considérablement Alara avant l'assaut des humains qui devait se faire d'un jour à l'autre. Godric trouvait quand même cela curieux qu'avec l'armée de squelettes pour compléter la sienne, Duncan n'ait pas essayé de faire front directement, surtout qu'en attendant deux semaines, comme il l'avait dit à Gildur, il risquait de perdre la face auprès des autres nobles de Gor. Cela mettait d'autant plus les guerriers sur leurs gardes, car cela signifiait que Duncan avait une très bonne raison de procéder ainsi, et qu'il fallait rester méfiant.

Gildur était assis sur un petit muret, tandis qu'Amisha l'aidait à panser ses plaies, beaucoup trop nombreuses après deux semaines de combat incessant. Il était épuisé, mais tenait bon. Il était surtout affamé ayant donné la majorité de ses parts à Amisha et sa mère. En discutant avec la petite, il s'était rendu compte qu'au vu de leurs habits et de la façon de se comporter de sa mère, elles avaient fui les hautes cités de Gor, sans que Gildur ne puisse savoir pourquoi, la petite rousse ne sachant pas elle-même pourquoi ils étaient arrivés ici.

– Attention ça va faire un peu mal... Prévint la petite en s'apprêtant à recoudre une plaie à l'épaule du nain.

– Ne t'en fais pas, je ne crains pas la doulAAAAARRRGGHHH... S'écria le nain en sentant l'aiguille traverser sa peau meurtrie.

– Je t'avais prévenue !

– M... Même pas mal... dit Gildur d'une voix trop aiguë pour être crédible, ce qui arracha un sourire à la petite fille.

Garlic était justement en route pour voir le blessé et s'attendrit en voyant Gildur discuter et rire avec l'enfant. Son ami, pour une raison que lui-même ignorait, avait toujours été très proche des enfants. Il les comprenait facilement, particulièrement quand ces derniers étaient peinés. Peut–être que ce qu'avait vécu le grand nain blond dans son enfance avait réussi à créer chez lui cette empathie pour ceux qu'il voyait dans de mauvaises situations. Parfois, Garlic s'étonnait à imaginer ce que son ami ferait s'il était père. Ils approchaient d'année en année de la trentaine, et s'il ne devait prendre que lui–même en exemple, il avait mis sa vie sociale et surtout lui-même de côté en endossant ce titre de Champion en des temps si troublés. Jamais il n'aurait pensé avoir à faire ça un jour, lui qui prenait la vie comme elle venait, lui qui passait la journée à rêver du lendemain. Nul doute, il avait changé, comme son ami. Mais il lui arrivait de se demander si contrairement à Gildur qui devenait un nain plus grand chaque jour, lui ne s'était pas perdu en route.

Il fut tiré de sa torpeur par Godric, qui l'avait suivi, posant une main sur son épaule. Il avait le visage blême des dernières nouvelles, et Garlic était dans le même état. Il hocha la tête et s'approcha de son ami, le général nain le suivant de près.

– Ah bah, voilà la cavalerie, dit Gildur en souriant en les voyant arriver. Enfin non, vous êtes bien trop petits pour être cavaliers.

– Dépends si vous montez des ânes, fit remarquer Amisha.

Memtis - Le ChampionWhere stories live. Discover now