Chapitre 8 - Vilseraie

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 Les barques avançaient lentement le long de la rivière de la forêt de Vilseraie. Taillées dans l'ébène le plus pur de la forêt elfique, elles étaient reconnaissables par la petite tête de proue représentant Etalia sur le devant des embarcations. Il y en avait trois, toutes assez longues avec de nombreuses personnes à l'intérieur, de races et de talles différentes. Dans celle le plus en avant, la Haute était debout, à l'avant du bateau et accoudée a la tête de proue pour guetter les alentours de la forêt, ils n'étaient après tout pas à l'abri de l'attaque d'une bête sauvage. Derrière elle se trouvait, assis côte à côte, le roi Aaron avec ses deux enfants, tous deux ayant fini par s'endormir suite à ce long voyage. Devant eux, deux nains dans des robes grises, l'un imberbe et chauve, ce qui contrastait beaucoup avec les autres nains présents dans ce voyage. Il semblait souffrir de la fraîcheur de la forêt par rapport à la chaleur de la lave de sa montagne natale et s'emmitouflait dans sa cape. L'autre, les cheveux lisses et la barbe brossée, le poil gris, des nombreuses rides trahissant un âge avancé avait le regard fixé devant lui.

Dans la barque juste derrière eux, Gildur et Fehlna étaient tranquillement installés, entourés d'autres soldats elfes, rigides, et conservant en permanence cet air si sérieux en toute circonstance qui trahissait l'éducation militaire de ce peuple. La naine semblait néanmoins mécontente tandis que son ami lui, riait presque aux larmes.

– Tu vas arrêter de te moquer de moi ? grommela Fehlna. C'est un honneur.

– Mais j'avais juste dit ça pour plaisanter ! expliqua Gildur en contentant son fou rire. Je ne pensais pas un instant que c'était vrai !

– Et bien si. Ma mère et mon père connaissaient Vahlna depuis longtemps et ils m'ont donné un nom elfique pour que ça lui ressemble et que ça sied à ce qu'il voulait que je sois.

– Et ça veut sérieusement dire... commença Gildur avant de se mordre la langue pour ne pas rire.

– Oui ça veut dire « douceur » ! Alors ferme là ou je te jure que les prochaines douceurs que tu goûteras je te les fais remonter par le...

Dans la dernière barque, Garlic s'entretenait avec d'autres elfes, qui semblaient de par leur allure être davantage des sages que des guerriers, même si tout le monde savait que chaque elfe de Vilseraie était capable de manier une arme de manière plus que correcte. Il eut un petit rictus en entendant la querelle de ses amis, mais reprit aussitôt la discussion avec ses voisins sur l'historique de la relation entre Erob et Vilseraie.

Cela faisait quelques heures qu'ils avaient pris le petit afflux de rivières, qui démarrait juste après la sortie du tram en direction de la Jetée. Ils avaient descendu toute la rivière du nord–est au sud–ouest, et la vitesse des embarcations n'arrangeait pas la longueur du voyage. Les elfes étaient patients, c'était connu, mais les nains eux, l'étaient beaucoup moins quand ils sentaient qu'ils perdaient du temps. Mais ces petits êtres étaient grands par leur esprit et respectaient trop les traditions pour déroger à celles de leurs vieux amis sylvestres. C'est en prenant leur mal en patience qu'ils faisaient tout pour garder leur calme dans ces petites embarcations.

Afin de ne pas perdre bêtement son temps, Gildur s'était mis à regarder le paysage et les différents hameaux qu'il avait aperçu dans les arbres. C'était une autre culture, mais il ne pouvait s'empêcher d'être curieux, de savoir comment les elfes avaient commencé à vivre et construire leurs villes dans les arbres, curieux de connaître leurs fêtes, leurs rites, leur mode de vie qui semblait si différent de ce qu'il connaissait déjà. Garlic derrière lui semblait partager sa curiosité, là où Fehlna semblait presque habituée. Il est vrai qu'elle avait déjà dû accompagner son frère ici, pensa le nain.

Une demi–heure plus tard, après que les bateaux se soient engouffrés dans un petit cours d'eau entourés de saule pleureur, toujours en suivant le courant, les voyageurs découvrirent en retrouvant la lumière du jour, passant par les feuillages, la cité de Venus, capitale de Vilseraie.

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