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Je n'appréciais vraiment pas mes nouvelles transformations physiques et j'étais certaine d'y remédier personnellement . Il était hors de question de me laisser endoctriner et changer pour satisfaire leurs besoins et leurs normes. Je n'étais pas un pantin, et jamais je ne le serais.

Mais pour l'instant la seule chose qui me faisait envie : dormir. Je me dépêchais d'enfiler une tenue confortable pour ensuite me glisser sous la couverture blanche. Même si d'effroyable pensée envahissait mon crâne, le sommeil ne fut pas long à venir.

Soudainement un bruit strident me tira de ma somnolence. Je me levais d'un seul coup. Une alarme insupportable résonnait dans tout le bâtiment. Une lumière rouge s'échappait du bas de ma porte.

J'avais du mal à avoir les idées claires avec tous ce raffut. Une inquiétude s'emparait de moi du fait de ne pas savoir ce qui se passait dehors.

Je sortais de mon lit puis m'approchait de la porte pour sortir la pièce.

Malheureusement celle-ci était verrouillée. J'étais enfermée sans aucun moyen de sortir. Et si un feu se propageait, pensais-je stresser. Je frappais de toutes mes forces contre la porte pour que quelqu'un m'entende.

"À l'aide ! Je suis enfermée à l'intérieur. ! Hurlais-je.

- Ne bouger pas ! Restez dans vos appartements. S'exclama un homme à travers la cloison.

- Que ce passe t-il ?

- Rien de grave, seulement un bug du système de sécurité. Allez-vous coucher Génitrice ! M'ordonna-t-il violemment.

Je m'éloignais de la porte. Malgré les paroles rassurantes de mon interlocuteur, l'alarme continua à sonner pendant un certain temps. Je me bouchais les oreilles pour m'aider à retrouver le sommeil. Mon cœur battait à une vitesse folle, était-ce parce que ce son désagréable me stressait ? Ou parce que j'étais heureuse de savoir le centre n'était pas infaillible . Le bruit diminuait, jusqu'à disparaître totalement, ce qui me permettait de retrouver les bras de Morphée. 

Le lendemain j'avais mauvaise mine, cette interruption dans la nuit m'avait remuée. Je rejoignais Juliette et Anaïs au petit déjeuné.

" Ouah... Anaïs j'ai failli ne pas te reconnaît avec cette nouvelle couleur de cheveux... M'exclamais-je en approchant les deux filles déjà installées à table.

- Apparemment le blond est très à la mode. Expliqua-t-elle.

- Oui, c'est ce que je vois.

En observant le réfectoire, plus de la moitié des jeunes femmes qui se trouvait ici arborait une crinière blonde.

" Moi je suis contente de l'être naturellement, je ne me verrais pas avec une autre couleur. Ajouta Juliette fière.

- Au fait hier soir vous avez entendu l'alarme .

- Bien sûr ! Pourquoi crois-tu que j'ai d'affreux cernes sous les yeux ! S'énerva Juliette. J'ai d'ailleurs eu une de ces peurs.

- Vous savez pourquoi elle a sonné ?

- Franchement, je n'avais envie que d'une chose : que cet affreux bruit s'arrête.

- Vous ne trouvez pas cela bizarre . Nous sommes dans un des centres les plus itech, un simple bug m'étonne tout de même.

-La technique n'est pas imparable, voilà tout.

-Je suis d'accord avec Danae. C'est peu probable ce bug. S'exclama Anaïs.

- Ah oui ? Maintenant, toi aussi tu t'y mets, s'étonna Juliette.

- Oui, en fait j'ai entendu certaines rumeurs ce matin. L'alarme se serait déclenché car une fille s'est échappée de l'Institut...

- C'est plausible. Ce serait la raison pour laquelle ils auraient bloqué nos portes de chambre. Dis-je curieuse.

- Plausible ? Tu trouves cela plausible . C'est surtout impossible ! Revenez sur terre les filles. Qui voudrait quitter l'Institut, c'est ridicule, s'esclaffa Juliette.

- Plus de personnes que tu ne l'imagines...

- Bon je ne vais pas continuer à écouter vos hypothèses absurdes plus longtemps . 

Juliette se levait pour poser son plateau. Alors celle-ci s'approchait de la poubelle, une fille de petite taille en profita pour lui faire un croche patte. Mon amie tomba violemment sur le sol lâchant par la même occasion le contenu de son plateau sur le sol. On se précipitait vers elle pour l'aider à se relever. Juliette énervée mais étourdie se rendait compte du résultat de la chute: un énorme coup sur son bras et sa joue. La coupable se mettait à rire bêtement avec ses amies, contente du résultat de son attaque.

Cette attitude me rendait dingue. Comment pouvait-on être aussi fourbe et méchante ?

"Cela t'amuse . Par ta faute, je vais être marquée pendant plusieurs jours ! En même temps je ne suis pas étonnée de voir de telle bassesse de ta part, tu ne risques pas d'être appelée avant un bon bout de temps !

- Que viens-tu de dire ?

Cette dernière se levait précipitamment de sa chaise pour lui faire face. La situation dégénérait pour quelque chose de totalement idiot et irréfléchi . C'est à ce moment précis que je décidais d'intervenir pour calmer le jeu. Je m'approchais des deux jeunes femmes.

" Que penses-tu faire réellement ? Tu penses qu'en abîmant le visage de Juliette, tu arriveras à sa hauteur et tu seras appelée . Tu penses qu'en te comportant comme une idiote sans cervelle tu tireras ton épingle du jeu . Dis-je énervée.

- Écartes-toi je n'ai aucun problème avec toi !

- Si tu t'en prends à mon amie, c'est comme si tu m'attaquais directement !

- Imbécile, il faut savoir se débarrasser de ses concurrentes. Si tu pensais être en vacances ici, tu te trompes. C'est la jungle, chacun pour sa peau. Et s'il faut faire couler du sang pour être appelée, je suis prête. Menaça-t-elle.

- Alors comme ça tu veux du sang...

J'attrapais un couteau sur un plateau. Son regard changea instantanément, de la peur venait de s'installer dans son regard. Brusquement, je coupais le haut de ma joue avec la lame. Du sang chaud gicla sur le sol. Elles me regardaient toutes la Elles me regardaient toutes la bouche grande ouverte , choquées de mon geste.

" Au lieu de penser constamment à votre apparence , utilisez plutôt vos cerveaux ! Cela t'aurais peu être permis de ne pas t'attaquer à la mauvaise personne...

- Mais....Je....Balbutia-t-elle.

- Imagine ce que je peux te faire si je suis capable de me blesser moi-même ....

Terrifiée  , elle ne tarda pas à fuir avec ses amies.

" Danae , tu n'arrêtes pas de saigner ! S'exclama inquiète Anaïs.

- Ah... Merde.

GenitriXLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant