Chapitre 15

1.2K 147 9

Alors je suis arrivé à la maison tout fier de moi, même si je savais pertinemment que je n'avais pas fais grand chose et tout ça résultait du Tout Puissant.

Yazid: As Salam Aleykum, Paaaablito t'es ou?

J'ai embrassé ma mère, qui m'a dit que Pablito était partis depuis plusieurs heures, qu'elle était inquiète pour lui avec tout ce qu'il venait de traverser et elle avait raison. Même s'il avait l'air d'aller mieux, je savais que l'intérieur de Pablito était ruiné, perdu dans l'amour qu'il avait pour la seule femme de sa vie.

Je voulais vraiment aller le chercher ce soir là, mais je pense aussi qu'il avait besoin d'être seul, besoin de prendre l'air. Il avait sûrement besoin de se ressourcer.

Vous savez, il y a des chagrins qui vous affectent plus que d'autre. Il y en a que vous arriverez à cacher à ceux qui vous accompagne, aveux qui vous entoure et d'autres qui se verront à 300 kilomètre.  Impossible à dissimuler derrière des excuses. Pas de "j'ai mal dormi" ; "je suis fatigué" ou encore "le vent me brûle les yeux". Ce sont des chagrins qui se transmettent à travers les pupilles. C'est comme si le corps humain lançait un appel au secours. Alors que l'homme fais tout pour intériorisé sa douleur, le corps lui, hurle sa peine en extérieur. Je pense que l'un compense l'autre.
Et ce type de chagrin là, vous attriste quand vous pouvez le voir. Parce que vous êtes totalement impuissant face à ça.

Il existe des personnes qui arrivent à se guérir seuls.  Sans l'aide de personne. Un beau matin, ils se lèvent, en ayant cogité toute la nuit, en ayant bien dormis, peu importe. Ils se réveillent avec la détermination d'aller mieux et d'aller de l'avant. C'est ça, c'est la chose qui les sauvent de leur détresse.

Il existe également des personnes qui réagissent de façon contraire. Chaque jours et une épreuve et la nuit qui vient de s'écouler n'est pas porteuse de raison. Cette nuit-là n'a pas suffit, pas encore. Pourtant parmi eux, il y a des coeur qui veulent s'en sortir, mais parce que la chute est trop vertigineuse, trop brutal, trop rapide, ils constatent l'effondrement de leur âme..

Pablito lui, se trouvaient entre ces deux types de personnes. Un matin tout allait pour le mieux, il reprenait sa vie en main, fier de lui, voulant rendre fière sa mère. Et le soir, lorsqu'il se couchait, il voulait tout arrêter, tout lâcher. Il se trouvait sur le fil de la vie: instable et dangereux. Même si un pas en avant est hésitant et qu'il prend du temps à être solide, il vaut toujours mieux qu'un pas en arrière certain, ou encore, un pied dans le vide.

Il était quelqu'un de désespérément triste. Son sourire était écorché de tous ces drames qui l'entourait. Et mes efforts pour l'aider sont restés vain. La seule qui serait capable de lui redonner goût à la vie est une femme. Sa mère s'il en avait une. Sa soeur s'il en avait une. Une cousine proche.. s'il en avait une. Mais personne.

Je me suis assis sur le canapé et ma mère m'a dis.. "Tu sais Yazid, Suheyla doit te parler. Elle a quelque chose à te dire, alors va la voir un peu.."

J'appréhendais tellement. Ma première réaction est bien sur la plus quotidienne. Quel homme a eut le courage de blesser le coeur de ma petite soeur ? Quel petit conseil à bien osé pénétrer dans son petit guelb et s'en aller ? Parce que forcément, Suheyla devait avoir une peine de coeur.

Quoi d'autre vous empêche de dormir correctement? Qu'est ce qu'il vous fait pleurer le soir, dans une nuit bien noire? Qui vous pousse sans cesse à faire mieux? Un homme. Un homme. Un homme.

J'en était persuadé et je devais avouer que chaque pas en direction de sa chambre me rendait de plus en plus nerveux. Et je sentait mon coeur s'accélérer. Ce qui est malheureux dans cette histoire, c'est que je savais pertinemment que si c'était bel et bien le cas, si un homme lui avait fait du mal, mes vieux démons seraient de retour. Et cette fois impossible de me freiner. Peu importe le droit chemin et toutes les règles de vie que je m'impose, son corps brûlera devant mes yeux.

Je réfléchissais et je me disais aussi que si Nahil avait été encore là à ce moment-là, ça aurait été encore pire. Les dégâts auraient été grandiose. Et en parlant de ça, je commençais à m'énerver tout seul derrière sa porte, à faire monter la pression alors que rien ne m'avait été prouvé.

Je m'imaginais déjà la scène: j'allais rentré, elle allait me dire qu'elle était tombée amoureuse d'un garçon..  que lui est différent des autres, qu'il la respecte plus que tout .. du grand bla bla bla bla ...

J'ai pris sur moi et je suis rentrée dans la chambre de Suheyla. Je l'ai embrassé sur le front .."salam aleykum wa ramatullAhi wa barakatuh ma belle..."
elle avait les pommettes rougies de gêne. Elle avait baissé le regard vers le sol, pour éviter de croiser mes yeux qui me trahissent d'inquiétude.

Elle m'a raconté comment se déroulait son école, ses cours, ses copines, les ragots, les rumeurs de "couple". Et je sentais qu'on y arrivait tout doucement..

Quand Suheyla parlait, elle avait le don de m'apaiser. Entre une virgule, un moment de respiration, je me suis rendu compte à quel point ma petite soeur avait grandis. À quel point sa mentalité était juste sublime, elle était mature mais savais garder une âme très enfantine quand il le fallait. Je pouvais tenir de réelles conversations avec elle et pendant des heures entières. C'est aussi pour ça que Nahil prenait aussi soin d'elle, parce qu'elle était si parfaite, qu'il était difficile de ne pas en être jaloux..

Puis elle a prit son courage à deux mains, elle a soufflé, cherché ses mots, mais m'a expliqué...

Derrière la rétine de Yazid (TOME 2)Lisez cette histoire GRATUITEMENT!