Introduction

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Au commencement, le monde était prospère. La méchanceté, la maladie, la corruption et toute autre mauvaise chose étaient des concepts inexistants. Les hommes vivaient avec les dieux et acceptaient la supériorité de ces derniers. Ces êtres dotés de don bien supérieur à ceux des Hommes protégeaient ces derniers du Mal qui souhaitait s'emparer de leurs cœurs innocents. Hélas, il suffit d'un jour de relâchement dans le rang des divins pour que l'ennemi réussisse son sombre dessein.

Bien vite, les humains finirent par se rebeller contre leurs protecteurs. Forcés de combattre ces êtres, supérieurs en nombre mais inférieur en force, les dieux crurent que l'extinction de leur création avait sonné. Fort heureusement, le dieu du vent Doue Avel avait réussi à réunir une petite communauté d'Homme dont la volonté n'était pas la guerre mais la paix. Avec ses derniers, les dieux convinrent d'un compromis :

Les divinités partiraient vivre vers les cieux, continuant à veiller sur les frêles humains tandis que ces derniers continueraient à vivre sur terre et lutteraient contre le Mal jusqu'à ce qu'il ne soit plus. Afin de garder en lien entre dieux et humain, Doue Avel se proposa de rester sur terre, cachés des hommes dangereux et versatiles. Il serait l'intermédiaire entre ses frères et les mortels grâce à un temple, situé aux plus hauts des falaises de ces provinces. Les deux parties acceptèrent et les dieux coupèrent la Terre en trois contrées.

Tout d'abord, il y avait le royaume d'Hunvreel. Cette terre fertile était l'abri du refuge de Doue, le monde d'Eole. Et, afin de dissuader les curieux ou les mauvaises gens de s'y aventurer, sa contrée était entourée d'une forêt qui ne s'ouvrait entièrement qu'aux cœurs purs et en détresse. Hormis cela, c'était une terre verdoyante, riche d'une faune et d'une flore complexe et unique, traversée par un fleuve aux eaux claires et richement habitées.

Ensuite, il y avait Bargedenn, ou la ville lumière. Situé près des côtes, devant une mer encore trop sauvage pour être explorée, cette terre était l'abri du temple du dieu vent. A défaut de pouvoir le rencontrer en personne, les mortels pouvaient, ainsi, évoquer leurs prières au divin intermédiaire. Plus urbaine que la première contrée, elle vivait principalement de commerce.
Enfin, il y avait le Duché de Morian. Terre stérile et sombre, maudite des dieux. Elle était le souvenir désagréable des nombreuses batailles opposant les dieux aux Hommes. C'était une terre où le jour et la nuit avaient fait place à d'épais nuages rouges que l'on disait être l'incarnation du sang versé au cours des conflits. Sur cette contrée, vivait les Maudits, ces mortels s'étant détourné de la bienveillance des dieux, devenant ainsi, bien trop dangereux pour la restauration d'un nouvel équilibre.

Lorsque les trois contrées firent leurs apparitions, les dieux s'en allèrent vers les cieux, laissant leur frère messager s'installer dans le monde d'Eole tandis que les humains apprenaient à gérer eux-mêmes ce nouveau monde.

Pour Hunvreel, la cité et le château furent construit à même le flanc d'une montagne. Les jardins fleurissants étaient dirigés vers le Sud-Est, offrant une vue magnifique sur le reste de la contrée tandis que Bargedenn se dessinait à l'horizon. Des villages se formèrent également prêt du fleuve où les paysans vivaient non seulement de commerce mais aussi et principalement d'artisanat, d'art et d'agriculture. Durant près de trois siècles pourtant, la contrée verdoyante fut sous le jouc d'un régime dictatorial, mener par le roi Nikolaï Lleu et ses descendants. Il fallut attendre l'arrivée du chevalier Auguste Juhel pour faire tomber le roi, alors petit-fils de Nikolaï, et mettre un terme à ce régime d'oppression. Suite à cette rébellion, Auguste et ses descendants régnèrent sur le royaume, exilant l'ancienne famille royale sur les terres du Morian.

Concernant Bargedenn, les habitants construisirent rapidement des commerces. La terre, moins fertile que celle d'Hunvreel, ne permettait pas à cette population grandissante de s'auto suffire. C'était la raison pour laquelle le commerce avec la contrée voisine était capital. Les habitations s'élevèrent rapidement de la terre. Le temple de Doue Avel, construit au plus près du ciel, était fait de marbres et de colonnes couvertes de feuilles d'or. Le château, construit non loin du lieu de culte, se distinguait à l'horizon grâce à ces tours élevées aux toits dorés. Lorsque le soleil posait ses rayons sur ces deux monuments, la lumière était tels qu'il était inutile d'utiliser d'autres sources lumineuses même dans les ruelles les plus sombres des villes alentours tant ils rayonnaient. C'était pour cette raison que Bargedenn était aussi nommé la Terre Lumière. Dirigé depuis sa construction par la famille Raffer, cette dernière fut un poids conséquents pour les Juhel lors de la rébellion. Leur relation avec les Lleu mettant en péril le bien être du royaume, l'opportunité de les renverser fut pour les dirigeants de Bargedenn une bénédiction. Avec l'ensemble du peuple d'Hunvreel, ils élevèrent les Juhel au rang royal et tissèrent un lien solide et fraternel avec eux.

Quant au Morian, cette terre devint un Duché à la suite de l'exile des Lleu. En effet, lorsqu'Auguste bannit le tyran des terres d'Hunvreel, il ne se résolu pas, pour autant, à lui ôter tous ses droits de noblesse. Il le déclara, alors, duc du Morian, un titre loin d'être prestigieux, mais qui laissait une chance aux futurs membres de cette tyrannique famille de se racheter aux yeux des plus grands. Nuls ne connaissaient la limite des atrocités de cette terre maudite et malgré l'indulgence du roi d'Hunvreel, la punition fut terrible. On crut, longtemps, que la lignée disparaitrait, mais comme une mauvaise herbe bien enracinée, elle se perpétua, non sans difficulté. Arrière-petit-fils de Nikolaï, Vortigen continuait à régner d'une main de fer sur les Maudits du Morian, attendant patiemment une opportunité de laver son nom aux yeux des rois actuels des contrées voisines. Il y avait d'abord Gontran Raffer, roi de Bargedenn, époux de Gwenaëlle la douce et père de l'unique prince héritier Taegard. Et puis, il y avait le roi Aël Juhel et sa femme Gwennina, parents de la princesse héritière, Doylana et du courageux prince Lavan. Cette famille, originale par son histoire, brillait, d'une nouvelle originalité. Aël, vieil homme aux portes de la mort avait fini par désigner sa fille et non son fils comme son héritière. Une première aux seins des histoires royales que Vortigen avait bien compté exploiter avant de repartir, finalement, dans ces terres, prenant soin, malgré tout, d'entretenir une correspondance avec ce roi affaiblit. 

Au secours du royaume d'HunvreelLisez cette histoire GRATUITEMENT !