Maintenant (M/M)

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Note de l'autrice : Je commence par une nouvelle très hot écrite à l'occasion d'un défi facebook : une autrice avait posté l'image qui sert de couverture ci-dessus en proposant aux auteurs dans ses contacts d'écrire dessus. Ça m'a amusée. J'ai écrit un paragraphe, puis comme on m'a réclamé la suite, j'en ai écrit un autre, et puis de fil en aiguille je me suis retrouvée à écrire les deux chapitres de cette histoire directement sur facebook. Là voici donc dans son intégralité. En deux chapitres.

Genre : M/M (rapport amoureux/sexuel entre 2 hommes). PWP (Histoire centrée autour d'une scène de sexe). Foursome (rapport entre 4 personnages). Érotique essentiellement, mais avec option romance.

Résumé : Des douches des vestiaires. Ou de la nécessité de suivre ses pulsions lorsque, après avoir consciencieusement veillé à ne jamais montrer son homosexualité dans le milieu du sport, l'on voit son coéquipier se diriger vers les douches avec un clin d'œil significatif à son intention.

Avertissement particulier : Exceptionnellement, j'ai fait l'impasse sur le préservatif. Pour le coup, je n'ai vraiment pas vu comment l'introduire dans la première scène, du coup j'ai décidé de faire l'impasse pour toute cette nouvelle (du genre : "on est dans un monde magique où les MST n'existent pas, voilà !"). N'oubliez cependant pas que, dans la réalité, il faut absolument en utiliser.

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MAINTENANT

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Les plastrons et les épaulettes claquèrent tandis que Victor pénétrait dans les vestiaires avec les membres de son équipe. Le public criait toujours au-dehors, hurlait, acclamait. La sueur coulait sous leurs casques. Il se posa lourdement sur le banc, ôta lentement ses protections et, plus progressivement encore, commença à se dévêtir, prenant son temps, marquant des pauses. Les autres se bousculaient en s'amusant et l'euphorie de la victoire les rendait plus surexcités qu'ils ne l'avaient été avant le match. Victor, lui, resta à l'écart de ça.

Petit à petit, il les vit se déshabiller, passer les uns les autres à la douche, remettre leurs vêtements de ville, puis sortir. D'autres équipes avaient pris leur suite, dehors, comme en attestaient les applaudissements des spectateurs et les appels au micro du commentateur. Seul Victor resta assis, encore en short, tandis que ses coéquipiers quittaient la pièce. Il attendait toujours de se retrouver seul avant de se laver. Ce n'était pas quelque chose qu'il se laissait aller à faire avec les autres. Il réagit à leurs boutades habituelles concernant sa pudeur présumée en faisant semblant de s'en amuser. Colin, cependant, n'était pas encore sorti. Il tâcha de faire comme s'il ne voyait pas son corps nu. Il fixa ses pieds, attendant.

Il détestait les passages aux vestiaires comme d'autres haïssent les fêtes de fin d'année, ou tous ces autres moments pour lesquels il était attendu un état d'esprit. Ce qu'il aurait dû éprouver, il le savait : l'impatience, la peur, l'exaltation, la franche camaraderie, les effusions viriles, frappes sur l'épaule, et l'amitié tellement dénuée du moindre sous-entendu qu'on pouvait se palper les fesses sans qu'il y ait là de geste déplacé. Pourtant, chez lui, tout était déplacé : ses pensées, lorsque son regard se posait sur les corps nus de ses camarades, ses réactions physiques lorsque ceux-ci le touchaient, ses perceptions lorsque l'un d'eux lui souriait d'une manière qui aurait pu signifier toute autre chose qu'une simple expression d'affection... Surtout avec Colin. Colin dont les sourires en coin semblaient toujours porter en eux un second degré, Colin qui ignorait la pudeur, Colin qui devait être le seul type au monde capable de faire des étirements, entièrement à poil, à l'intérieur des vestiaires, Colin qui était resté seul, dans la pièce encore saturée d'odeur de sueur alors que les clameurs du public noyaient toute possibilité de conversation dans un désordre sonore.

OMG That's hot !Where stories live. Discover now