Chapitre 31 : feu d'artifice

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Sterenn

Même si ce n'est que le 13 juillet, le feu d'artifice sera tiré ce soir. C'est une chance car Armel doit repartir aux aurores pour prendre un avion, direction Madrid, pour son travail. Conan repartira en début d'après-midi, les sudistes aussi. Cette sortie, rituelle si j'ai bien compris, est donc une sorte de tradition à laquelle nul ne déroge. Et cette année, j'y suis bien sûr intégrée.

Les oncles proposent que l'on regarde, exceptionnellement, tous ensemble, le feu d'artifice depuis la terrasse du cabinet de Yann, où eux-mêmes vont improviser leur traditionnel pique-nique.

Conan objecte qu'ils ont l'habitude, pour leur part, de monter sur les remparts.

Tous les regards se tournent vers moi. Bien, j'ai donc le pouvoir de décider de la soirée de toute la famille. Je pèse le pour et le contre. Toute la famille, ... ou les remparts entre jeunes.

Les cousins seront dispersés demain jusqu'à ... je ne sais quand. Mes oncles sont à proximité pour tout l'été.

Pour une fois, je décide de suivre mon envie plutôt que de faire plaisir à tous.

—Les remparts ?

Mes yeux brillants font le reste.

—Et en plus, notre cousine a bon goût, rigole Maël. La troupe se prépare rapidement. Si l'on veut avoir une place correcte, il ne faut pas tarder. Les embrassades sont chaleureuses.

Armel passe un peu plus de temps dans les bras de sa mère qu'il ne reverra pas avant un long moment. Grand-mère salue d'un baiser tous ceux qui repartent le lendemain.

Et nous voici tous partis, entassés dans les différentes voitures. Les trois filles d'un côté, conduites par une Soizig en grande forme, les garçons dans l'autre, que nous semons dès la sortie du hameau. Finalement, nous nous retrouvons.

Les remparts, comme les cousins me l'ont dit, sont déjà largement occupés par des familles, des petits groupes de jeunes qui se saluent régulièrement. La tribu Neven ne fait pas exception tant par son nombre que par ses membres.

Conan et Armel croisent quelques vieux amis, pour la plupart déjà en couple, voire en famille. Gwendal et Soizig saluent des connaissances qu'ils ne revoient que de loin en loin.

Le trio retrouve régulièrement des copains de fac ou de lycée. A un moment, nous apercevons même Hugo, la bonne fortune de Soizig. Conan le salue assez froidement, ce qui nous fait esquisser un sourire complice dans lequel nous incluons Solenn.

A tous, on me présente. Mais visiblement, là aussi, ma réputation m'a précédée et si les saluts sont amicaux, tous les garçons reculent d'un pas devant le regard conjugué des garçons de la tribu. A croire que la communication a été aussi rapide qu'efficace. A un moment, Maël salue de la main un groupe de jeunes gens et s'écarte de deux pas.

Conan l'interpelle.

—Tu as vu qui il y a ?

—Oui, mes potes de lycée. Dont Il fait partie. Rassure-toi, Conan ; il ne s'agit pas de faire entrer le loup dans la bergerie ! Assure-t-il tout en s'éloignant.

Etrange. Pour une fois, je n'ai pas droit aux présentations, malgré des regards plus ou moins discrets posés sur moi. Parmi eux, je reconnais une blonde que j'identifie clairement. Elle a gâché mon rêve parfait de matinée parfaite. Mais si elle est là, ...

Mon regard balaie le groupe, à la recherche bien masochiste de son petit ami. Je l'aperçois, en grande discussion avec Maël, très éloigné de son amie. Je suis surprise mais sursaute lorsque son regard croise le mien. Je suis tétanisée, sous le regard intense qui me transperce jusqu'au plus profond de moi.

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