Chapitre 14, Bis, Erdrim

215 12 5

- Erdrim? On va fermer...

- Pas grave, je reste... 

- Erdrim...

- Arrête maman! Je reste c'est bien compris?

Ma mère hoche la tête puis sort de la petite église de cristal bleu où repose Earwen. Je me lève de mon petit tabouret et approche du cercueil en verre. Les mèches blanches de ma petite amie repose autour de son visage blanc lui aussi et seules ses lèvres peintes en rose clair ressortent sur son visage. Ses paupières sont fardées de bleu clair, en parfaite harmonie avec sa robe, bleue elle aussi. Je caresse sa joue et replace une mèche puis les fleurs encadrant son visage. L'herbe, toujours humide, comme si le temps restait figé sur l'aube, permet de laisser Earwen dans cet état depuis quelques jours et son visage restera intact tant que sa famille le souhaitera. Enfin... là c'est différent, comme elle est considérée comme une héroïne pour le pays (pour quoi je vous le demande, elle a seulement réussie a se faire massacrer), elle restera ainsi jusqu'à et bien... soit au moment ou notre pays se fera peut-être conquérir, soit si un jour le monde explose.

Je soupire à la vue de mes idées et remet les manches déplacées par le souffle du vent. Ce que je fais ne sert à rien mais permet de me calmer. J'ai au moins éviter d'être "consigné" dans ma chambre à partir de la fermeture du cimetière comme Daïrim... De toute façon même si mon père avait essayé, il aurait pisser dans un violon. La voix d'Earwen résonne dans mes oreilles et son rire claque dans ma tête. J'essuie une larme, l'une des rares qui arrivent à rouler sur mon visage depuis qu'ils l'ont placés ici. Je me lève, tourne le dos a Earwen et regarde la chapelle en face ou dort Hemli. Les entrées sont placées face a face, de sorte que si les filles se réveillaient un jour, elles pourraient discuter entre elles sans même bouger de leurs cercueils de verre. Mais elles ne se réveilleront jamais. Et il y a tant de choses que je regrette, que j'aimerais pouvoir dire à Earwen... Et à Hemli...

Je retourne vers Earwen et caresse ses cheveux couvert de pétales de roses bleues, blanches et vertes puis l embrasse doucement. Dix jours. Depuis dix jours je me retiens.

Ses lèvres ont changées. Elles n'ont plus leur douceur habituelle, elles sont presque gercées. Elles n'ont pas le même goût qu'avant. Plus la douceur de la pêche ni le goût acide et léger des pommes. Earwen a toujours une pomme sur elle. Avait.

Mon coeur se serre et je retiens ma magie. Le moindre rayon de soleil non-filtré peut avoir de graves conséquences. 

Quelque chose me traverse alors, une impression de glace et de douleur puis je tombe dans le noir, sur le sol, après un dernier regard a Earwen. 

Maudite, tome 2, Les armées du MalLisez cette histoire GRATUITEMENT !