L'après-midi s'était passée relativement vite vu que M. Portout, mon prof de physique-chimie avait été absent. Et puis les maths, ben j'avais dormi comme d'habitude. Enfin non, pas totalement. J'avais plutôt pensé à ce que j'avais fait et je m'étais trouvée quand même dégueulasse de lui avoir fait ça, à Maylisse. Mais si seulement elle savait...

J'avais tout simplement eu l'impression de me recevoir un poignard dans le cœur quand je la voyais lui parler. J'étais emplie d'une tristesse et d'une colère monstrueuse. Et puis bien entendu la colère a dépassé la tristesse et c'est la raison pour laquelle je lui ai arrosé son pantalon blanc... Maintenant je peux vous garantir que je le regrette totalement. Et puis Gaëtan doit sans doute préparer un plan pour me tuer à l'heure qu'il est.

Malheureusement pour moi, je suis à nouveau seule à faire le chemin jusqu'à l'arrêt du bus. Jeanne avait encore un de ses rendez-vous chez le médecin et Arthur, lui, restait avec Siwan. Pour ce qui est de Gaëtan, je pense que le meilleur est de l'éviter. Ce qui est simple pour l'instant. C'est mort, jamais je ne serai à ses côté en tant que petite amie. Il m'oubliera et ne me parlera plus jamais.

-Agathe! Me cria une voix que je reconnaissai immédiatement.

Je crois que j'ai malheureusement parlé trop vite. Il venait de m'appeler. Pour quoi faire ? Signer mon arrêt de mort ? Ou me faire encore plus souffrir ?

Vu sa tête et son regard, j'opte pour la second hypothèse. Il veut me tuer, ça c'est sûr.

Il était rouge de colère et son regard me transperçait de toute part. Il m'envoyait des éclairs de rage. Je déglutis. J'allais me faire tuer, pour de vrai.

-Je peux savoir ce qu'il t'a pris ?!

Je ne répondai pas. Les larmes me montaient aux yeux. Il se passa la main sur le visage, essayant visiblement de ne pas m'hurler dessus encore plus.

-Pourquoi ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait Maylisse pour te rendre comme ça ?

Je n'osais le regarder dans les yeux. C'était fini. J'allais craquer, j'allais fondre en larmes alors que tout ça était ma faute. Si seulement il savait pourquoi...

-Je peux savoir ce qu'il te prend d'arroser la fille qui me sourit ? Qu'est-ce que tu as contre elle, contre ma voisine ?

Je restais muette. La tête baissée pour pas qu'il s'aperçoive que mes larmes menaçaient de tomber. Il se fâchait, c'était la fin, il me brisait, le brisait, mon cœur.

-Bon sang mais tu vas répondre ! S'écria-t-il.

C'était de trop. J'éclatai à mon tour, mes joues baignant de larmes.

-Tu veux savoir ? Tu veux ? Et bien très bien ! Je ne peux pas supporter qu'une autre fille te parle, puisse te sourire et te faire la bise alors que moi j'ai droit à un simple salut. Ça me tue. Et, j'étais distante avec toi parce que...Parce que...Dès que je croise ton regard, je me perds dedans. Mon cœur s'emballe vu que oui, oui j'ai des sentiments pour toi Gaëtan, oui je t'aime et c'était juste impossible de...

Je m'arrêtai, sentant ses lèvres sur les miennes. Étais-je en train de rêver ? Il m'embrassait. Ses lèvres étaient chaudes et douces. Il demanda accès à ma langue et celles-ci se mêlèrent en parfaite harmonie. J'étais au comble de ma joie. Il rompit le baiser et posa son front contre le mien. Il entremêla nos doigts. Je souris bêtement. Il m'aimait. Il m'aimait.

-Je t'aime Agathe. Je suis désolé de t'avoir hurlé dessus mais, je voulais savoir pourquoi tu avais fait ça. Tu peux pas savoir comme je suis heureux. Savoir que tu m'aimes me rend carrément...Fou de joie. C'était une journée désastreuse mais tu l'as illuminée. Et puis savoir que tu me snobais pour pas rougir ou "te perdre dans mon regard", me dit-il en m'adressant un petit sourire, le sourire irrésistible. Mon cœur a explosé et je t'ai embrassée.

Il lâcha nos mains pour mettre les siennes sur mes hanches. Il me regardait, je le regardais. Je glissais mes mains derrière son cou et il m'embrassa. Le baiser se fit plus insistant et nos langues partirent dans une danse folle. Mon ventre faisait péter les feux d'artifice. Je l'aimais, il m'aimait. Que demander de mieux. J'avais dû parler trop vite lorsque j'avais dit que je ne serais jamais à ses côté en tant que petite amie. Parce que je l'étais.

Agathe Reisse: Nouvelles Origines.Lisez cette histoire GRATUITEMENT !