L'Aide des ténèbres

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Le lit était dur, et il y avait une étrange odeur.

Michel essaya de se redresser. Une douleur dans le crâne le cloua sur place. Il tenta alors l'effort d'ouvrir les paupières. Ses yeux étaient couverts de croûtes poisseuses. Du sang à moitié séché, sans doute. Il leva une main lourde pour les dégager. Malgré sa vision embrouillée, il vit qu'il était à l'hôpital. Il faisait nuit noire, mais une lueur entrait par la porte ouverte qui donnait sur un couloir ou passait occasionnellement une infirmière pressée. À sa gauche, un homme était assis et le fixait.

Michel sursauta. Son cerveau endolori rebondit dans sa tête. L'autre se leva et s'approcha vivement. La lumière toucha son visage, révélant sa mince barbe et ses cheveux coupés aux épaules.

« Professeur Grimaldi. Vous êtes... »

Grimaldi lui fit signe de se taire et, d'une main ferme, repoussa Michel sur sa couche. Puis il alla fermer la porte et alluma.

« Qu'est-ce qui t'a mis dans cet état ?

— Rien. Ce n'est pas moi qui ai des problèmes.

— Tu crois ? Qui alors ? »

Michel tentait de se concentrer. Même rappeler ses souvenirs de la journée ravivait sa souffrance. De la journée ? Peut-être était-il resté inconscient deux jours, une semaine... Peut-être que Guenièvre était déjà morte. Par réflexe, il tenta de lancer son regard. Un haut-le-cœur le saisit.

« Calme-toi, Michel. Prends ton temps.

— Nous n'avons pas de temps. Depuis quand suis-je ici ?

— Je n'en sais rien. Il est onze heures du soir. Je suis arrivé il y a une heure environ. Alors, qui a des ennuis ? Parle tout de suite. Il n'y a pas grand-chose qui ne se règle pas d'un coup de téléphone. »

Michel soupira. S'il suffisait d'un coup de téléphone...

« Une amie à moi a été enlevée par des pénitents. Ils ont déjà commencé à boire son sang. Je ne sais même pas si elle vit encore. »

Grimaldi hocha gravement la tête. Michel avait craint qu'il ne prenne pas la situation au sérieux. Après tout, Guenièvre n'était pas de l'Ordre.

« Et toi, qu'est-ce qui t'a mené sur un lit d'hôpital ?

— Je me suis surmené pour la retrouver. »

Même avec Grimaldi, qui était pourtant au courant, Michel ressentait une certaine gêne à parler de son don.

« Et ces pénitents, sais-tu s'ils servent celui que les journaux appellent "le Vampire" ?

— Oui, ce sont eux.

— Que sais-tu sur eux ?

— Pas grand-chose. Ils se cachent dans les parties désertées de la cité. J'ai rencontré l'un d'eux, mais les autres le retiennent prisonnier maintenant, alors il ne sort plus. Il ne me sert plus à rien.

— Et pourquoi ont-ils enlevé une de tes amies ?

— J'ai collaboré avec la police pour les retrouver. Je crois qu'ils ont cherché à m'atteindre. »

Michel regarda Grimaldi fixement, tâchant de découvrir si son mensonge avait été détecté. L'ordre de saint Pierre protégeait farouchement ses membres, mais il ne promettait rien en ce qui concernait leurs proches. Ils ne bougeraient que si l'un de des leurs était directement visé.

« S'ils l'ont vraiment enlevée pour avoir du pouvoir sur toi, pourquoi ont-ils commencé à boire son sang ? Ils voudraient la garder en vie, au moins un certain temps.

Myriam et le Cercle de ferLisez cette histoire GRATUITEMENT !