Chapitre XXIV

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Les deux yeux ambrés de l'animal me fixent, tandis que je suis incapable de regarder autre chose. Ses plumes miroitantes au soleil, lui donnant ce côté "enflammé", son bec désormais clôt, couleur mirabelle, ainsi que sa taille imposante, le Phoenix attire l'oeil. Puis,il détourne le yeux et observe mes amis et Verdun, toujours impassible. Hector semble passer une éternité à tous nous regarder, les uns après les autres, dans le plus grand silence. Puis il recule de quelques pas, poussant un dernier cri presque agréable -pour mes oreilles uniquement- et s'envole. J'aurai aimé qu'il reste, que je puisse l'observer plus longtemps, mais je ne peux que ressentir un pincement au cœur en le voyant devenir un petit point dans le ciel.

- Tu vas bien ? Demande Aoile, secouant la tête comme un nageur après une course.

Je ferme les yeux et me pince l'arrête du nez avant de me frotter un œil et les rouvrir tous les deux.

- Je crois. Qu'est-ce qu'il s'est passé en fait ? Je réponds, toujours incertaine quant à l'apparition de cette bête légendaire.

Je tourne la tête pour voir Thomas essayer de rassurer le pauvre Verdun, qui tremble de haut en bas, gémissant des mots que je ne parviens pas à comprendre. L'apparition d'Hector ne lui a pas plû, contrairement à moi.

- Hector veille sur l'île. Et sur Idan, doit régner la sécurité, la confiance et la paix. Or, j'étais en train de te défendre contre ce rustre immonde et par conséquence, Hector a du intervenir, soupire Aoile.

Je sens que sa rancune envers Verdun est toujours d'actualité, mais qu'elle le cache pour ne pas faire revenir l'oiseau. Je ne pensais pas qu'elle puisse craindre quelque chose un jour, en dehors de sa mère et maintenant, d'Hector.

- Les filles, je ne suis pas contre un peu d'aide par ici, s'exclame Thomas derrière nous.

Je me retourne et m'approche de Thomas, qui est désormais sous Verdun, qui le tient fermement en l'insultant. D'un regard, je me met d'accord avec Aoile, qui attrape Verdun par le torse et le relève, le maintenant à ses côtés par une poignée solide. Elle jette un regard tendu vers le ciel, mais Hector en a assez de jouer avec nous pour aujourd'hui. De mon côté, j'aide Thomas à se relever en lui tendant la main, manquant de tomber quand son poids rencontre le mien. Une fois que tout le monde est debout et stable, mes deux amis prennent leurs sacs et Aoile me lance le mien.

Toujours aussi terrorisé, Verdun court jusqu'à sa cabane et s'y enferme, nous jetant de temps à autre un regard noir. Je me demande quelle est la relation entre Hector et Verdun. Il faudra que je demande à Thomas ou Aoile, vu qu'ils en savent beaucoup plus à propos de cette île que moi. Toujours est-il que nous sommes désormais devant une sorte de porte cachée dans la végétation. Donc non seulement l'île est protégée par une barrière anti-humain, mais en plus il faut passer outre un Phoenix et une porte cachée pour parvenir à y entrer ? Pas étonnant que personne ne connaisse son existence...

- Maintenant on fait quoi ? On prononce une formule magique, style "Sésame ouvre-toi" ? Je soupire.

Cette overdose de protection me met les nerfs plus à vif que je ne le pensais. Aoile, comme toujours, me regarde comme si j'étais stupide, tandis que Thomas est presque fier que je passe une blague à ce moment précis.

- Non, tu poses ta main sur la porte, réponds Aoile avec son habituel air blasé.

Pressée de découvrir la suite, je m'empresse de poser ma main sur la surface lisse de cette porte. Sa fraîcheur me rappelle celle des feuilles mouillées par la rosée du matin. À son tour, Thomas pose la sienne à ma droite et Aoile à ma gauche, réchauffant la porte. Puis, la porte émet une sorte de "clic" avant de s'ouvrir d'un coup, comme poussée par le vent. Je suis un peu déçue, m'attendant plutôt à une vive lumière ou de la poudre de fée quelque part, me prouvant que cet endroit est magique. Jusque-là, j'ai l'impression d'avoir juste poussé une porte quoi...

The Last Banshee [Tome I]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !