Chapitre 7

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Il hésite à aller vers elle, à lui parler. Maintenant qu'elle a dessaoulé, elle sera peut-être gênée ?

Il sait qu'il devrait rentrer. Il n'aurait pas dû venir. Il s'est quand même rendu au lycée. Pour la voir.

Théa est assise sur un banc. Seule. Son isolement ne fait que confirmer l'opinion qu'il a des élèves de leur classe : une bande de crétins immatures.

Il s'apprête à quitter le lycée, mais il passe tout près d'elle. Alors, il ne peut pas s'en empêcher. Il s'arrête, lui adresse la parole.

***

Mes pensées se bousculent. Des images me reviennent, des sensations... Je croise les jambes, range mon téléphone.

- Salut, ça va ?

Ma voix sonne faux à mes propres oreilles. Je parviens à lever les yeux, à croiser son regard. J'espère ne pas rougir. Il me sourit. Je déteste ce sourire qui semble plein d'implicite, qui me rappelle des choses...

Je le déteste et je l'aime.

- Je voulais juste vérifier que tu ne m'en veux pas trop, dit-il de sa voix grave.

Ça y est, je sens mes joues s'échauffer. Reste calme, Théa, il est juste en train de te parler, pas la peine d'en faire tout un foin !

- Je ne vois pas pourquoi je t'en voudrais.

Je m'oblige à regarder ailleurs. Julien me fait trop d'effet, depuis ce qui s'est passé entre nous. J'aperçois mon ex, très occupé à peloter sa copine.

- Samedi, quand nous sommes montés dans la chambre... j'ai profité de la situation. Désolé.

S'il dit ça, c'est parce que j'étais saoule. Sans doute a-t-il raison, je n'étais pas totalement lucide. Pourtant, la vérité, c'est que pour la première fois depuis des mois je savais exactement ce que je voulais. Peut-être l'alcool a-t-il servi de révélateur ? J'ai senti le désir couler dans mes veines, un désir vrai, primal, impérieux.

Depuis samedi, une idée me trotte dans la tête, une envie que je ne parviens pas à repousser.

- Si je me souviens bien, tu as manifesté une certaine retenue.

J'avais envie qu'il me déshabille, qu'il me caresse, qu'il me pénètre - et il ne l'a pas fait.

Malgré la chaleur de ce mois de juin, un frisson me parcourt.

- Tu ne me détestes pas, donc ?

- Non. Après tout, j'ai profité de toi, moi aussi.

Il se met à rire, s'assoit près de moi, sur le banc. Je me tourne vers lui. Je ne peux pas m'en empêcher. Ses yeux se fichent dans les miens.

L'idée revient, tournoie dans mon esprit.

- Je peux te poser une question, Julien ?

- Tu viens de le faire, répond-il, me volant ma réplique de l'autre soir.

Je souris, hésite un peu avant de me lancer.

- Tu as déjà couché avec une fille ?

Il n'a pas l'air surpris. Il hausse légèrement les épaules. C'est un mouvement qui lui est familier, je l'ai déjà remarqué. Perrine a raison, je le reluque peut-être un peu trop...

- Oui.

Il ne donne pas de détails. Un ange passe. Je n'ose pas me lancer.

- Et toi ? demande-t-il finalement.

Le goût des cerises - Montre-moiLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant