Chapitre 2 - Les recrues

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[Note : la majorité s'est exprimée et Zina doit aller voir Jeff, son boss. De manière générale, je vais essayer de tenir un rythme de parution de quinze jours pour chaque chapitre, ce qui laisse le temps de vérifier les votes au bout d'une semaine et d'écrire la suite. Bonne lecture. -Léon]

Bon, quand le patron appelle, on rapplique, je n'ai pas vraiment mon mot à dire. Je souffle une dernière fois, encore tout étourdie par la dépense d'énergie que mon pouvoir demande, puis me lève avant de réajuster mon tailleur. Manquerait plus que je me fasse remarquer.

En sortant, je passe devant le bureau de Jimmy. D'un œil, je le vois effondré, amorphe, sur son clavier. Je m'arrête, me tourne vers lui. Il lève la tête lentement.

- Jimmy, tu te ressaisis ou je t'envoie aux archives pour quelques jours, ça devrait te faire du bien.

Il me dévisage, d'abord interloqué, puis rapidement ses traits se durcissent. Il hoche la tête, il a parfaitement compris le message et se remet au travail sans un mot. Bien, il est à mon service, je n'aime pas quand il se laisse aller à des considérations indignes. Il y a un temps pour le travail, un temps pour les sentiments.

Alors que j'arrive près de la grande salle de réunion, je constate que j'avais complètement oublié l'événement de la journée. C'est aujourd'hui que le bureau ouvre ses portes aux familles des collaborateurs ! Il y a des gamins partout. Des petits, des grands, des boutonneux, des braillards. Je vais me trouver mal. Je ne supporte pas les gosses. Trop bruyants, souvent incompréhensibles, incohérents, obstinés, capricieux. Tout l'inverse d'une personne raisonnable et efficace.

J'hésite à faire demi-tour. Trop tard, Jeff m'a repérée de l'autre côté de la vitre et me fait signe de me joindre à la fête. Je plisse les yeux et d'un air désabusé, je lui fais comprendre mon sentiment sur cette petite sauterie. Son sourire s'agrandit encore, sadique, et son regard ne me laisse aucun choix : je pénètre dans l'antre de la bête et ses bestioles.

Passée la porte vitrée, je suis presque étonnée d'y trouver un relatif silence. Quelques enfants en bas âge gazouillent, mais la plupart sont sages comme des images, mangent sur les buffets, discutent poliment, une vraie assemblée de futurs collaborateurs ou actionnaires en puissance. Beaucoup mieux que ce que j'imaginais.

Jeff me rejoint d'un pas élégant en s'excusant auprès de son vis-à-vis pour cette interruption.

- Zina, tu en as mis du temps.

Son sourire ne bouge pas. Dents parfaitement alignées, blancheur extrême, barbe taillée à la perfection, yeux verts à tomber, ce mec manque de me faire m'effondrer à chaque fois que je le croise. Et quand il me parle, c'est encore pire. Je me sens comme une gamine prise en faute, mes mains se tordent l'une l'autre, mes cuisses se serrent, mon ventre se contracte, mes lèvres tremblent.

- Un contretemps.

- Tu sais que je n'aime pas les excuses.

- Ce n'en était pas une.

Je tente de tenir mon rang. Zina, tiens le coup, ne flanche pas, tu es son égale, tu es son égale, tu vises plus haut qu'il ne le croit !

Ses yeux m'indiquent qu'il respecte ma réponse. Il me tend un verre - probablement de jus de raison - et désigne la salle où discutent joyeusement collaborateurs, salariés en tout genre et leurs enfants.

- On va aller faire un tour dans les bureaux d'ici une demi-heure, pour montrer à ces enfants où travaillent leurs parents.

- J'ai du travail.

- Je n'en doute pas, c'est Evy qui s'en occupe.

Je la vois au fond de la salle, elle a l'air désespérée. La pauvre... Enfin, ce n'est pas moi, tant mieux.

Zina - Audacieuse, envoûteuse, entremetteuseLisez cette histoire GRATUITEMENT!