Chapitre 7 - Partie 3 - Des regrets ?

233 57 12

Naola serra les dents et sentit une vague de rage la submerger. Adélaïde se tenait là, en face d'elle. La femme qui l'avait enlevée et torturée, la femme qui s'était jouée d'elle, cruellement, la femme qui avait envoyé Mattéo en prison. C'était à cause d'elle s'il avait, à son tour, été enlevé, torturé. Il avait failli y rester.

Il suffisait de presque rien pour mettre une fin définitive à ses agissements... Elle arma son concentrateur d'un sortilège qu'elle regretterait dès l'instant où elle le tirerait. Cela lui était égal. Elle ne le faisait pas par justice. Elle le faisait pour se laver de tout ce que cette Veste Grise leur avait fait subir. Elle se vengeait.

Mordret, soudain, se glissa dans son dos, presque imperceptible. Il appuya très doucement sur son bras, détournant son concentrateur avant qu'il ne devienne fatal. Elle tenta de se dégager d'un mouvement d'épaule, mais il était vain de lutter contre la force d'un vampire.

« Laissez-moi ! » siffla-t-elle d'une voix blanche.

Sans en tenir compte, Mordret la désarma, avec une grande douceur. Elle baissa les yeux au sol.

« Il est plus que temps que vous preniez congé, Mademoiselle Cromwell. »

Naola entendit les pas d'Adélaïde résonner sur le parquet, la porte s'ouvrir, puis se refermer. Il se passa quelques secondes avant que le vampire ne la fasse se retourner. Il l'attira contre lui et passa ses bras autour de ses épaules. Il lui offrit ce qui devait s'apparenter une accolade de réconfort, mais en bien plus froide et raide.

« Je ne pouvais pas vous laisser prendre cette décision » commenta-t-il sur un ton tout à fait monocorde.

Il s'écarta d'elle et se recomposa une attitude neutre.

« Appelez monsieur Muspell, je vous prie. La nouvelle de l'incident ne s'est pas encore propagée, mais il se peut qu'il soit inquiet de ne vous voir rentrer. »

Naola hocha la tête et répondit un vague « Oui Monsieur ». Elle essuya les quelques larmes qui avaient débordé de ses yeux d'un revers de la manche, tira une chaise pour s'y asseoir et, finalement, fit pivoter sa bague.

Les traitresLisez cette histoire GRATUITEMENT !