Chapitre 7 - Partie 1 - Des regrets ?

258 57 30

« Respire », ordonna Adélaïde, penchée sur la jeune femme qui suffoquait dans l'herbe roussie.

Elle avait inhalé une grande quantité de cendres, soulevées par le souffle brûlant, et toussait à s'en déchirer les bronches, le visage noir de suie et strié de larmes.

« Respire », insista la Médic', en s'agenouillant.

Elle posa une main dans son dos, l'autre sur sa poitrine. D'un sortilège d'assistance, elle aida sa patiente improvisée à désobstruer ses poumons encrassés . La fille se détendit une seconde, sursauta et se dégagea, reculant à même le sol pour s'éloigner d'elle.

« Adélaïde », articula Naola, incrédule.

L'aristocrate lui adressa un sourire crispé. Dans le tumulte chaotique de la scène, personne n'avait dû l'entendre prononcer ce nom.

« Prends ton temps pour te relever. La Centrale est prévenue. Quelqu'un va venir s'occuper de toi », expliqua la médecin, d'une voix très professionnelle, avant de tourner rapidement les talons et de battre en retraite.

Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Elle n'avait rien contrôlé lorsqu'elle avait vu la déflagration déferler sur la fille. Ni son mouvement pour la plaquer au sol ni le sortilège qui les avait toutes les deux protégées de la fournaise. Qu'est-ce qui m'a pris ? pesta-t-elle contre elle-même, déboussolée. Elle avait repéré Naola dès son arrivée au Gala et avait remercié Merlin que Muspell ne soit pas avec elle. Par la suite, elle s'était contentée d'éviter la jeune femme, de l'ignorer... mais, de toute évidence, Adélaïde avait gardé un œil sur elle.

Son regard tomba sur ce qui ressemblait à un corps, au sol, un peu plus loin. Elle serra les dents et rejoignit le gisant en quelques enjambées.

Tout ne s'était pas passé exactement comme prévu. Le dragon d'artifice n'aurait pas dû causer autant de dégâts. Il ne devait servir que de diversion, pour enfermer les émissaires humains avec Fillip. Ils avaient perdu le contrôle du sortilège, au point que le gala de la fraternitéressemblait à présent à un champ de bataille.

Accroupie auprès du corps calciné, Adélaïde, pourtant endurcie, manqua de vomir. L'odeur, à peine supportable, la prit à la gorge dans un hoquet de dégoût. Pour ce malheureux, il n'y avait plus rien à faire.

Autour d'elle, les secours s'organisaient. Arrivés en urgence de la Central, les médecins et les infirmiers couraient auprès de ceux qui pouvaient encore être sauvés. D'un geste, la femme interpella l'un de ses collègues, elle échangea quelques mots avec lui puis matérialisa une veste blanche qu'elle passa sans se soucier de la cendre gluante qui maculait sa belle robe.

L'urgence de la situation chassa ses questions.

Les traitresLisez cette histoire GRATUITEMENT !