Chapitre 7 : Troubles

283 36 18

Alejandro Hernández était âgé de 17 ans lorsqu'il était arrivé en France, accompagné de sa petite soeur et de sa mère. Il avait de grands yeux verts, de sombres cheveux bouclés ainsi qu'un magnifique sourire étincelant qui faisait fondre toutes les filles alentours. De plus, c'était un garçon intelligent qui n'aspirait qu'à faire de longues études pour que sa famille soit fière de lui.

Personne ne lui résistait.

Moi y compris.

La première fois que je l'avais vu, c'était aussi la première fois que j'allais chez Monica, il y a 3 ans. Nous devions réaliser un grand exposé sur je ne sais quel peintre ou mouvement artistique. Toujours est-il que ce jour-là, j'étais déterminée à bosser pour obtenir la meilleure note. Et augmenter ma moyenne - qui n'était pas fameuse - par la même occasion.

Cependant, dés l'instant où je l'ai aperçu, cette détermination s'est envolée.

Pour moi, jeune élève de troisième, il représentait le rêve américain : beau, intelligent, passionné, sportif, drôle... Parfait. Il était parfait.

Et je l'admirais.

On s'était tout de suite bien entendu. Il se comportait comme un grand frère, avec  moi. Il était très attentionné, très gentil. Dès qu'on en avait l'occasion, Monica et moi allions - courrions - lui demander tout et n'importe quoi. Chose que nous faisions très régulièrement puisque, Monica étant dans la confidence pour l'attirance que j'éprouvais pour son frère, elle pensait que c'était un bon prétexte pour me rapprocher subtilement d'Alex.

Peu à peu, mes sentiments s'étaient intensifiés.

Je ne le regardais plus comme une fille qui rêve du prince charmant. Je remarquais la beauté de ses yeux, sa voix grave au léger accent, les fossettes qui creusaient ses joues lorsqu'il me souriait...

Je ne désirais qu'une chose : qu'il tombe amoureux de moi, qu'il m'aime aussi fort que moi-même je l'aimais. J'avais pris la décision de tenter ma chance quand un léger contretemps s'était glissé entre l'hypothétique « nous ».

Il devait rentrer.

Son père avait besoin de lui, au pays. Alors qu'il venait tout juste d'entrer à la fac, Alex avait dû tout mettre en suspens pour retourner au Mexique. La vie à laquelle il aspirait en France s'en retrouvait brisée.

Mon cœur aussi.

J'avais dû renoncer à lui avant même d'avoir pu espérer. Ce ne fût que bien des mois après son départ que j'avais pu l'oublier malgré mes sentiments qui subsistaient.

Et à présent, il était là.

Son sourire fit bondir mon cœur, exactement comme autrefois.

Il bouleversait tout. Tout, tout, tout.

- Alex ? chuchotai-je, d'un air médusé.

- C'est bien moi, affirma-t-il.

Je restai immobile et silencieuse, le contemplant tandis qu'il s'approcha de moi, les bras grands ouverts.

- Il fut un temps où tu te serais jetée sur moi, remarqua-t-il en riant.

Le son de son rire me permit de reprendre contenance. Je gloussai à mon tour - bien que nerveusement - et acceptai l'étreinte qu'il m'offrait. Ses bras se refermèrent sur moi et mon estomac fit une violente embardée. Il me serra fort contre lui puis s'écarta.

- Tu as tellement changé, s'exclama-t-il, son regard glissant sur moi. Tu es devenue très belle.

Je devins rouge pivoine. Heureusement, Monica me tira de ce moment d'embarras total.

Rêves [ En pause ]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !