Chapitre 13

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Elle se tenait assise, aussi droite que le lui permettait son dos. Elle se sentait idiote dans cette pièce qui n'était pas, à vue d'oeil,  faite pour accueillir des élèves.

Elle n'osait pas non plus s'appuyer contre le dossier de l'imposant guéridon, de peur de finir de faire mauvaise impression. Mais elle avait avant tout la sensation qu'au moindre frémissement de sa part le meuble risquait de l'avaler toute entière. Rester à la surface du tissu et des coussins à la texture d'un nuage relevait du défi.

Il commençait à être relativement tôt, elle ne savait toujours pas pourquoi on l'avait faite lever et monter dans ce qu'elle supposait être les appartements de Mr Eowiesen. Elle tombait de sommeil et ce malheureux guéridon l'attirait irrémédiablement. Son peignoir lui paraissait trop léger, elle chercha un peu de chaleur en ramenant ses cheveux dans son cou et doucement plongea dans un semi- sommeil.

Depuis 3 jours elle semblait détaché de la réalité,  elle avait passé une excellente soirée dans les bras de Cassius. Il s'était révélé être un vrai monstre de tendresse, il n'avait peur que d'une chose, qu'elle souffre. Cette tendance à la suprotection leur avait value quelque brimades de leurs amis. Ils s'entendaient merveilleusement bien et appréciaient les bras l'un de l'autre mais les choses semblait être un peu précipité, c'est pourquoi d'un commun accord il restèrent plus amis que amoureux.  Après tout, le monde ne tournait pas en une seule soirée et ils ne connaissaient rien l'un de l'autre. Trois jours plus tard ils étaient comme frère et soeur,  elle avait trouvé un confident et une épaule sur qui se reposer sans remord et lui une soeur à qui il pouvait parler de tout sans avoir peur d'être jugé, il lui expliquait sa vision du monde, comment l'enseignement se déroulait ailleurs... Les hostilités avaient alors pris un tournant différent, les filles comprirent rapidement que Cassius était de nouveau libre et que Marry n'était plus une menace directe, et la gente féminine s'appliqua avec plus de ferveur que jamais à transformer regards noirs en regards plein de promesses.

Ils découvrirent un nouvel aspect de la personnalité de Claudine qui désormais était soudé aux lèvres d'Eden. Elle buvait chacune de ses paroles, et si jamais elles se fermaient elle venait y poser les siennes.  Ses yeux étaient pleins de paillettes, ses joues rosies continuellement.  On ne l'entendait presque plus parler, elle flottait sur un petit nuage.  Elle incarnait l'amour d'un monde à elle toute seule. A la regarder on y verrai presque une petite fille qui écoute sagement surle bord de son lit sa maman qui lui raconte un conte, le même regard,  le même sourire... Elle rayonnait.

Depuis la soirée la petite bande ne c'était pas réellement retrouvé, baisser la tête et trouver une soudaine occupation... Bref faire l'autruche était devenu leur nouveau jeu. Ce qui évitait bien à tout le monde de remettre sur le tapis le sujet sensible. L'idée était simple si on n'en parle pas, il n'y a pas et maintenant que Cassius était parti, Marry savait que personne ne lui reparlerai de ses frasques et visites nocturnes.

Elle se sentait comme soulagé,  soulagé de ne pas avoir à raconter sa misérable histoire, soulagé de pouvoir échapper aux regards lourds de sous entendus... Au fond il y a toujours ce petit quelque chose qui lui serre la poitrine, ce pressentiment qui est là, en elle et qui semble vouloir dire de toute ses forces " Non ! Stop ! Ce n'est pas le bon chemin ! Revient ! Fait demi-tour... ". Mais comment ? Elle ne sait pas sur quel chemin elle c'est engagé ! Il n'y a ni tracé, ni indications,  elle se dirige vers le néant.  Un néant qui la rebute.

Un grand frisson la parcoure, elle se redresse alerte. Le sofa efface peu à peu la trace de son corps imprimé, elle s'était donc endormie, rouge de honte elle relève misérablement la tête vers le grand homme qui se tient à ses côté. Franchement pour la prestance on ne pouvait pas faire mieux ! Super Marry !

Le Cueilleur De RêveLisez cette histoire GRATUITEMENT !