Chapitre 6

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Le lendemain matin, je retrouve Jack dans un Starbucks Cofee – oui on repassera pour l'originalité une autre fois – avec des lunettes de soleil, un imperméable et un chapeau. Je me s'assois devant lui, mais me casse la gueule de ma chaise.

— AIE PUTAIN ÇA FAIT MAL !

Je me rassois comme si de rien n'était. Bon, tout le monde me remarque alors je leur fais à chacun de beaux doigts d'honneur.

— C'est quoi ce cirque ? s'étonne Jack en buvant son café.

— Ma sublime entrée en scène.

Je lui prends son gobelet des mains et le finis. Il me regarde un instant surpris puis soupire.

— Bon, tu voulais absolument que je vienne pour un plan machiavélique. Maintenant que je suis là, c'est quoi le plan ?

— Mon plan est infaillible, je réponds en croisant mes mains.

Il reste placide et attend sûrement mes explications plus détaillées. Heureusement, elles arrivent bientôt.

— En fait... Myriam se décourage pour le mariage, c'est trop compliqué pour elle et elle préférerait qu'on reste discrète.

— Ah oui, discret et Spencer sont des antonymes, ironise-t-il. C'est évident. Et je suppose que tu ne veux pas annuler ce mariage ?

— Exact !

— Et que comptes-tu faire ?

— Je sais pas !

Il me regarde, sans dire un mot, d'un air sévère.

— Allez, aide-moi, ajouté-je.

— Je ne peux pas trouver pour toi.

— Je vais me chercher un café pour m'aider à trouver une idée, annoncé-je en me levant.

Je rejoins la queue – un peu trop grande à mon goût – et me mets à réfléchir à mon idée de génie : celle qui est de ne pas tout abandonner. Peut-être que Myriam m'en voudra de m'y accrocher à ce point, mais vraiment, je ne pouvais pas accepter cette manière de vivre et peu importe qu'on me crache à la gueule.

— Madame ?

Ah ! Pendant que j'étais en train de réfléchir, je suis désormais en face de la vendeuse et je commande donc un capucino. Je sais pas ce que c'est mais j'aime bien le prononcer.

— Oh ! Votre nom c'est le même que mon fils ! s'exclame-t-elle en écrivant mon prénom sur le gobelet.

Je la regarde d'un air qui lui fait bien comprendre que je m'en fous royalement de cette anecdote inutile.

— Mon nom est unique, je réponds et je rejoins la seconde queue sans même lui laisser le temps d'ajouter autre chose.

Après quelques minutes, on me sert mon café et je reviens auprès de Jack.

— Alors, tu as réfléchi à ton plan ? me demande-t-il.

— En effet. Après une discussion sur les prénoms avec la vendeuse, et aussi après qu'elle a dit que mon prénom était merveilleux–

— Spencer, tu t'égares ! me coupe-t-il, assez agacé.

— Bah... faire un petit mariage ? proposé-je comme idée.

— Alors c'est ça ton idée ? Juste ça ?

— En fait, je viens de l'avoir.

Je bois une gorgée de mon café et il me regarde d'un air blasé. Le capccino, c'est pas aussi bon qu'il n'y paraît. Les gens qui boivent ça n'ont vraiment aucun goût. J'aurais vraiment dû prendre un café simple. Il n'y a rien de mieux que le vrai café, surtout quand il te fait puer de la gueule après.

— Donc tu maintiens le mariage ?

— Oui, mais on sera en petit comité, pas plus d'une dizaine et on fera ça comme si on était une bonne bande de potes...

— Et Myriam, tu crois que ça va lui plaire ?

— Je voulais lui faire la surprise, expliqué-je naïvement.

— Tu ne peux pas faire ça en surprise... C'est quand même le minimum qu'elle soit au courant.

— Mais tous les préparatifs la font stresser... Elle s'inquiète trop pour ça.

Il commence alors à m'interroger sur différents aspects de mon projet et petit à petit, il apprécie mon idée et se propose même de m'aider. Rapidement, je fixe la date à samedi prochain. Je suis bien trop impatiente d'attendre un peu plus longtemps et ça nous laisse suffisamment de temps pour préparer le peu qu'on a à préparer sans que Myriam ne s'en rende compte.

Malgré les réticences de Jack aux premiers abords, nous avons fini par trouver un compromis qui ne devrait pas déplaire à Myriam.

Après ce petit rendez-vous avec Jack, je retourne chez moi, tout sourire. Cependant, Myriam n'est pas aussi heureuse que moi. Elle ne cesse de se tracasser à propos de ses parents. D'habitude, je lui aurais dit qu'on s'en branle de ces snobs, mais elle leur accorde bien trop d'importance pour que ce soit suffisant. Alors naïvement, je m'approche d'elle et la prends dans mes bras. Elle semble aux premiers abords surprise mais se laisse faire.

— Alors, tu continues les préparatifs du mariage ? me demande-t-elle d'une faible voix.

— On a bien dit que je me chargeais de tout, c'est donc ce que je fais, rétorqué-je en la relâchant.

Elle affiche un léger sourire malgré la tristesse apparente de son visage.

— Spencer... Je n'ai pas changé d'avis depuis hier. Et je ne crois pas changer d'avis par la suite...

— Est-ce que c'est le fait de te marier qui te gêne ? je m'enquiers.

— J'ai peur de ce que les gens vont dire... Déjà que j'entends des saloperies tous les jours... J'en ai assez subi dans le passé des remarques. J'ai pas envie que ça recommence, j'ai pas envie de revivre ça... Je suis désolée Spencer...

— Ce n'est pas grave.

Elle reprend une longue respiration puis repousse quelques mèches de ses cheveux derrière ses oreilles.

— Ça te dit qu'on commande des pizzas pour ce soir ? me propose-t-elle.

— Bien sûr...

De nouveau, un sourire s'affiche sur son visage et j'hésite terriblement sur mon idée. Devais-je vraiment le faire ?

Mariage pluvieux, mariage arc-en-ciel [TOME 2]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant