Chapitre 5

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Jack et moi descendons de la voiture et je ne peux m'empêcher de m'extasier sur les alentours.

— C'est beau putain, lancé-je d'un air béa.

— Bon, tu as besoin de quoi ? me demande-t-il aussitôt.

— Tout ce dont on a besoin pour un mariage... Pour l'instant j'ai que des serviettes avec des colombes défoncées.

Il me regarde bizarrement pendant un bref instant, mais il ne cherche pas à comprendre et reprend immédiatement son sérieux.

— Il me faut un gâteau, un grand gâteau, annoncé-je, tout sourire.

— Tu as beaucoup d'invités ?

— Non, j'ai juste faim.

— Ok...

Il me conduit vers une petite pâtisserie et tout le monde m'accueille avec le sourire aux lèvres. Tous se soucient vraiment de moi et de ma demande. Rapidement, je trouve le gâteau, celui qui vous fout plein de petites étoiles dans les yeux et qui vous donne envie de le manger tout seul devant un film de merde. En plus, il y a deux femmes miniatures sur le dessus. C'est vraiment un signe du destin.

Le reste de l'après-midi se déroule assez rapidement. On flâne entre les boutiques et à chaque fois, tout se passe merveilleusement bien. Peut-être un peu trop bien. Cependant, je ne m'inquiète pas trop pour l'instant et prends les choses comme elles viennent.

Le soir venu, tout me semble être presque prêt et j'ai vraiment hâte de l'annoncer à Myriam. Mais dès mon entrée dans le salon, je la vois en compagnie de ses parents. Tous deux ont toujours autant un balai dans le cul et l'air grave tandis que Myriam paraît assez triste. Surtout parce que ça faisait des semaines qu'on n'avait pas entendu parler d'eux...

— Bonsoir monsieur et madame, lancé-je en m'asseyant à côté de Myriam.

— Nous avons appris que vous allez vous marier, annonce son père en croisant ses mains.

Il se penche légèrement et on dirait vraiment qu'il se donne un air menaçant comme s'il était le parrain de la mafia. Mais comment ça lui aurait trop bien un chat dans les bras ! Et puis il le caresserait et prendrait un accent italien. Là il serait parfait pour se donner un genre flippant. Pour l'instant, il a juste l'air... con.

— On n'a pas encore envoyé les faire-part, comment tu sais ? demandé-je.

— Peu importe, là n'est pas la question.

— Mais moi j'ai posé une question et pas toi, rétorqué-je en le pointant du doigt.

Myriam prend ma main et la pose sur ma cuisse. Elle est toute tremblante et craint encore une réaction de ses parents.

— Nous ne serons pas présents à votre mariage, poursuivit-il, se fichant de mon comportement.

— Ok, ça me fera plus de gâteau pour moi.

— Et sachez que nous nous opposons fermement à ce mariage.

— Bah c'est pas grave si vous donnez pas une petite enveloppe, on trouvera des gens plus généreux, répliqué-je en haussant les épaules.

Myriam resserre son emprise et en jetant un bref regard vers elle, je me rends compte qu'elle est au bord des larmes.

Son père et sa mère se lèvent d'un air solennel ou snob, au choix. Puis ils partent. Alors, sans dire un mot, Myriam me prend dans ses bras et laisse échapper quelques larmes.

— J'en peux plus Spencer... Je peux pas supporter ça... Après mes parents, ça sera qui ?

— Ne t'en fais pas, on peut faire sans eux, répondis-je naïvement.

Elle me relâche et son air triste se lit encore sur son visage. Quoi que je dise, ça ne l'aidera pas...

— Peut-être qu'on devrait rester discrètes, se fondre dans la masse... et peut-être oublier cette idée de mariage...

— Quoi ? Tu veux vraiment abandonner cette idée ? m'étonné-je.

— J'ai pas envie de me battre éternellement...

Elle s'éloigne de moi et rejoint la cuisine, sûrement pour finir de préparer le repas de ce soir. On devra sûrement reparler de ça un autre jour. Pour l'instant, elle est encore sur le coup de l'émotion et je ne peux pas lui en vouloir. Alors pour me détendre un peu, je vais traîner un peu sur Facebook. Plein de gens m'ont demandé en amis, je ne les connais même pas mais j'accepte quand même. Après tout, on peut devenir de très bons amis, sauf ce con qui me demande ma taille de soutien-gorge, lui je le bloque direct. En plus il est moche.

Puis là, comme par magie, je tombe sur le poisson pourri. Dès qu'il me voit connecté, il m'envoie un message pour savoir si ça va.

"Plus du tout depuis que j'ai vu ta sale tronche", je lui réponds sans la moindre honte.

"Moi aussi ça va super bien."

Putain ce qu'il est con... Il ne s'arrange pas de jour en jour. J'ai bien fait de le quitter. Oui, maintenant je dis que c'est moi qui l'ai quitté. J'ai un minimum de réputation à respecter quand même.

"Est-ce que tu viendras à mon mariage ?" il me demande comme si c'était normal.

"Ouais, j'adore les soirées déguisées."

Il prend quelques instants à répondre. Il n'a sûrement rien compris, comme toujours.

"Non mais habille-toi bien svp."

Non mais il a cru que j'allais vraiment venir en plus ? En effet, il ne comprend vraiment rien.

"tg mdr"

Des fois, dans la vie, il ne faut pas s'embêter avec des phrases longues et aller directement au but.

Ainsi, je quitte Facebook et une idée de génie me traverse. Oui, il faut que je bloque le poisson de Facebook, mais je ferai ça un autre jour parce que c'est vraiment une idée de génie qui m'a traversé. Mais avant, je dois avoir confirmation que c'est une vraie idée de génie en parlant avec Jack. Je lui propose donc un rendez-vous pour demain pour qu'on en parle en toute discrétion.

Encore une fois, j'ai un plan parfait...

Mariage pluvieux, mariage arc-en-ciel [TOME 2]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant