Chapitre 1

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BUNNY

Je suis comme à mon habitude au bar et je commande une boisson dont je raffole, un martini blanc on the rocks. Je saisis le verre dont l'humidité perle autour du cristal et je pose mes lèvres teintées de rose avant d'en sentir le nectar m'envoûter.

À peine le liquide ambré coule-t-il dans ma gorge que je sens un regard se poser sur moi ; je le connais, c'est celui de tous les hommes avec lesquels j'ai rendez-vous. Je me demande si ce n'est pas ça qui m'excite le plus. Ils se prennent tous pour des prédateurs. Parce que je suis une femme, parce que je suis mince, parce que je suis jolie... Et ils me pensent tous vulnérable. Je les laisse fantasmer sur ce qu'ils veulent, ça ne fait que décupler leur plaisir à me baiser. Alors qu'en réalité, je sais bien au fond que tout est un jeu pour moi et que les voir se déchainer au creux de mes cuisses me donne toute puissance. Le pouvoir de faire d'eux des esclaves de mon corps, de ma peau, de mon odeur. Ils ne peuvent plus s'en passer et je me lasse bien avant eux, même avant que ça commence parfois.

J'ai d'ailleurs beaucoup de chance de vivre dans une grande ville, cela me permet de passer d'un repaire à l'autre pour me faire oublier le temps qu'ils se trouvent d'autres proies. Mais ce soir, je ne connais pas mon nouveau client et pourtant je sens l'insistance de son regard comme celui de tous les hommes vicieux que j'ai baisés. Il est dans mon dos et comme le code vestimentaire a été établi à l'avance, il ne peut pas se tromper. Je porte une robe rose fuchsia assortie à mon rouge à lèvre et à ma manucure. Je déteste cette couleur, on dirait une Barbie.

Il s'approche et je sens son parfum dans mon dos lorsqu'il frôle mon épaule et fait glisser ses doigts le long de mon bras pour venir toucher ma main. Je me retourne et plonge alors mes yeux noirs dans ses iris verts.

Il est pas mal, tiens, c'est original...

Je me demande alors qu'est-ce qui peut conduire un homme aussi séduisant que lui à se taper des putes. Je suis certaine qu'avec un petit effort et un bon restau, il pourrait facilement emballer. Mais non, en fait je sais exactement pourquoi c'est moi qu'il veut. Il veut faire des trucs si pervers qu'il n'oserait jamais proposer ça à une nana lambda et il n'a pas tort parce que le coup du sadique qui veut m'attacher, je connais bien. Ça ne me fait plus vraiment d'effet d'ailleurs. Mais quand on rajoute à ça le fait qu'il insiste pour que je me laisse étrangler jusqu'à risquer la perte de connaissance, je suis non seulement partante mais comme dirait ce connard de psy qui a voulu me sauver, ça donne même un sens à ma pauvre vie misérable. De toute façon, je ne le juge pas, je ne juge jamais, je profite. Mais ça ne m'empêche pas de me demander pourquoi il a besoin que sa partenaire soit à demi morte pour arriver à éjaculer. Oui, je sais, je suis curieuse. Parce que le trip SM, je connais mais en général mes clients me préfèrent consciente. Bon enfin, il est pas mal et je sens que je vais bien rigoler.

Alors que je termine mon verre et qu'il commence à faire la conversation, je jauge l'intérieur de son pantalon d'un regard, je fais toujours ça d'ailleurs. Je fais une statistique avec mes clients, ça m'amuse et me fait passer le temps. Si un jour je m'emmerde trop, je lancerai une enquête anthropologique en plus du sexe lubrique. Parce que moi, c'est à ça que je suis accro et à la sensation qui se loge au creux de mon ventre en ce moment. Je mords ma lèvre inférieure en le voyant passer ses mains dans ses cheveux. Elles sont relativement grosses et je les imagine plonger dans ma chatte, presser mes tétons, enserrer ma gorge et enfin déposer une liasse de billets sur la table de chevet. Mon butin, ma récompense, ma jouissance à moi.

Je suis déjà complètement liquéfiée quand il pose sa main sur ma cuisse et instinctivement j'écarte les miennes et les décroise avant de recroiser mes jambes. Cette position a beau être tirée d'un vieux film complètement dépassé, ça leur fait toujours un effet bœuf.

Ah merci Sharon !

Bon je table sur un 17cm max si j'ai de la chance dans mon pronostic, il ne semble pas non plus épatant le garçon.

Attends, Bunny, concentre-toi ! Il parle de ce qu'il va te faire. Tu tiens pas spécialement à la vie mais quand même, écoute ce qu'il a à dire. Tiens, il semble nerveux, il assume vraiment rien ce mec.

- Nous avons convenu que je m'arrêterai avant que tu ne sois inconsciente. Comme tu le sais, je suis médecin, tu n'as donc rien à craindre.

S'il savait que je n'ai même pas lu sa fiche, que je m'en tape tellement de son doctorat à la con, que je pourrais le laisser me baiser au beau milieu de ce bar et m'étrangler devant tous les vieux pervers qui traînent sans ressentir la moindre once de peur. Il est complètement à côté de la plaque, comme tous les autres. Et voilà qu'il essaie d'être gentleman maintenant, non mais sérieux mec, tu veux dominer ou pas ?

- Et si tu as des envies, je suis prêt à les entendre et qui sait, si tu es très gentille...Alors, tu aimes plutôt le sexe vaginal, anal ou buccal ?

Là, c'est le pompon, il est trop chou. Je passe mon doigt sur la goute de martini qui longe la bordure de mon verre avant d'en sucer le nectar au bout de ma phalange. Je le vois alors avaler sa salive. Visiblement, je lui fais de l'effet et ce n'est pas sa bite qui dira le contraire, son pantalon étant déjà déformé. Il semble presque mal à l'aise maintenant.

En piste BB, tu vas lui montrer qui tu es !

Je me redresse et ma poitrine semble lui dire bonjour. Il apprécie la vue, c'est incontestable alors je m'avance vers lui et pose mes deux mains sur son torse. Il est musclé mais de toute façon, cela m'importe peu. Je me penche à son oreille car il est assis sur un tabouret et une fois perchée sur mes talons aiguilles je suis plus haute que lui. Son nez dans mon décolleté, je susurre au creux de son lobe la seule vérité qu'il n'obtiendra jamais de moi. Ni ce soir, ni un autre d'ailleurs.

- Tu n'auras jamais aucune idée de ce qui me fait jouir mais je te promets que tu ne te rendras compte de rien.

Aussitôt, il empoigne ma hanche et me serre fort pour m'approcher de lui. Il passe ensuite sa main fermement sur mes épaules pour me dominer et me faire courber devant lui. Ce que je fais bien volontiers, affichant exactement l'expression qu'il a envie de lire sur mon visage à cet instant, à savoir la soumission.

- Je vais te baiser si fort que de gré ou de force ton corps jouira sous moi !

Alors ça mon chéri, il n'y a rien de moins sûr...

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