1. Henry Ford

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Quel n'est pas ce sentiment que rencontrent pratiquement tous les auteurs lorsqu'ils mettent en ligne une nouvelle histoire. Oui, je vous parle de stress. 

J'espère que cette fiction vous plaira ! 

Merci à Elynion pour la transcription ! 

Bonne lecture ! 

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Le froid est intense, le soulagement aussi. Le navire poisseux avait finalement accosté et les passagers frigorifiés, passablement terrifiés, étaient arrivés en terre promise. L'air marin humide gelait les poumons mais ne pouvait brimer le sentiment de liberté de ceux qui avaient réussi à fuir la France. Victoire resserra un châle humide sur ses épaules et avança jusqu'aux voitures stationnées non loin. Les chevaux demeurèrent calmes à son approche, habitués qu'ils étaient aux foules de passant. Victoire avisa l'homme le plus propre parmi les cochers et lui demanda dans un anglais correct teinté d'un léger accent français s'il attendait un voyageur particulier ou bien se tenait à disposition. Il était réservé, c'était fort dommage. Victoire recommença l'exercice auprès d'autres voitures mais aucun n'était disponible. Fatiguée, Victoire soupira devant cette guigne, combien d'obstacles trouverait-elle encore sur son chemin avant d'être à destination ?

Elle héla assez rudement un couple de passagers qui avait fait la traversée avec elle et leur demanda, en français cette fois, s'ils se rendaient dans l'ouest. Ils répondirent par la négative, ils fuyaient vers le nord. Victoire les remercia puis les regarda partir, le cœur serré. Tous quittaient le port, elle demeurait la seule passagère encore sur les lieux. Un homme déposa deux malles à côté d'elle, exigea un paiement, maugréa en constatant la provenance des pièces, puis quatre autres déposèrent une longue boîte en bois et repartirent sans demander leur reste. Victoire jeta un coup d'œil peiné au dernier arrivage puis reprit son exploration visuelle à la recherche d'un miracle.

— Jusqu'où dans l'ouest ? demanda une voix sur sa droite.

Victoire se tourna dans un froissement de tissus et découvrit un gentilhomme, un « gentleman » comme il se disait ici en Angleterre. Il était âgé d'une cinquantaine d'années, son pourpoint était de bonne qualité, de même que ses bottes bien que celles-ci soient un peu boueuses. Il portait un chapeau brun qu'il ôta lorsqu'il s'inclina devant elle.

— Pardonnez-moi, reprit-il, je gérais une affaire et ai remarqué votre manège auprès des cochers ainsi que votre discussion avec les Français.

— Point d'outrage messire... commença Victoire en lui rendant son salut.

— Monsieur Ford, compléta l'homme. Je suis l'intendant du château de Saint Michael's mount, en Cornouailles.

Victoire en eut le souffle coupé, ce sauveur inespéré avait annoncé la destination exacte, à un détail près.

Saint Michael's MountLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant