Chapitre 5 - Partie 1 - Sous couverture

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Dans son bureau, Amalia utilisait son mémorigami pour envoyer divers ordres au sein de son Magistère. Elle venait d'apprendre la fugue de Pierre. Porte ouverte, fuite incompréhensible. La missive l'avait fait blanchir.

Partagée entre la colère et l'inquiétude, elle n'en finissait pas de jurer après le jeune blond. Ils ne disposait d'aucune piste et elle n'avait qu'une crainte : que Fillip ait corrompu l'un des gardes et ait déjà récupéré son frère. Si la vie de Pierre ne s'avérait pas inestimable, Amalia n'avait pas envie que l'Ordre puisse lui tirer la moindre indication la concernant.

Au bout d'une longue demi-heure, un pliage de hérisson apparut au milieu de son bureau. Quelqu'un, aux Renseignements, avait vu passer une information sur le gamin. Le mémorigami régurgita une petite boulette de papier. La note se développa d'elle même lorsqu'Amalia tendit la main pour la saisir. La Magistre pâlit.

« Merlin ! Est-ce possible d'être aussi bête ? » jura-t-elle alors que le mémo se consumait dans sa paume.

Les canalisations. Le Vampire de Stuttgart attend Fillip, l'Once ou un représentant fédéral.

Pierre avait choisi de fuir par le lieu le plus dangereux de la ville, le territoire des longues-dents : le Nid. Et cet imbécile avait réussi à tomber sur le seul vampire susceptible de tirer parti de sa valeur plutôt que de son sang. Alix grogna et se massa l'arête du nez. Ce gamin avait une chance insolente.

Elle quitta son bureau en fermant la porte derrière elle avec violence. Dans le couloir, deux fédéraux se turent sur son passage. Mieux valait ne pas se risquer à contrarier un peu plus la Magistre lorsqu'elle était en colère. Amalia rejoignit l'aire de transfert la plus proche et rentra chez elle.

Elle monta l'escalier et son bureau se déverrouilla de lui-même pour la laisser entrer. Elle ouvrit l'un des tiroirs du magnifique meuble en formica d'époque sur lequel elle travaillait ici et marqua un temps d'arrêt. Elle hésitait entre deux enveloppes scellées. La sorcière soupira de dépit et en attrapa une.

Ses notes à propos de l'avancée des recherches au CERN concernant la réhabilitation d'un réseau de communication mondial. L'informateur de Stuttgart était aveugle sur les affaires humaines et, avec le gala à venir, il ne pourrait refuser.

Amalia saisit un petit médaillon suspendu à son cou, invisible, mais toujours présent. Son seul moyen d'interaction direct avec ses élèves.

Mattéo. Enferme-toi quelque part, j'emprunte ton apparence.

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