2

8 0 0
                                              

   Plus que six jours.

   Le lendemain matin, je me réveillai avec un sévère mal de crâne. Non pas parce que la veille j'avais cherché à me saouler à en oublier mon prénom, mais parce que je n'avais pas fermé l'œil de la nuit à cause de la nostalgie.

   Même si la pilule avait du mal à passer, il fallait que je me fasse une raison. À quoi bon rester là à me lamenter sur mon sort, au lieu de profiter pleinement des quelques jours qu'il me restait ? Puisque j'étais destiné à mourir, autant que je le fasse sans regret. Je me suis alors mis à réfléchir sur la manière dont j'allais marquer l'événement.

   Je me suis alors souvenu d'un rêve que j'avais petit, celui de jouer à mon jeu vidéo préféré aussi longtemps que possible. Je fouillai dans mes vieux cartons d'affaires, et tomba sur l'objet de ma convoitise. La boîte en plastique du jeu de combat Super Clash Heroes, sorti en 1999 sur Megadrive, était toujours aussi resplendissante. J'embarquai mon trophée et allai chercher mon ancienne console dans un second carton. Je fus pris d'une extrême excitation lors du démarrage de l'appareil, et le générique à peine commencé me remplit déjà d'extase.

  Mais alors que je choisissais méticuleusement un personnage pour mon premier combat, l'écran de la console devint instantanément noir.Je restai flegmatique pendant un moment, comme si mon cerveau était déconnecté de mon corps. Puis lorsqu'il se reconnecta, je dus contenir avec grand mal ma rage bouillante, telle une cocotte-minute prête à exploser. Non pas sans pousser des tonnes de jurons à tout va, je passai le reste de la journée, puis de la soirée, à essayer de comprendre le dysfonctionnement de ma vielle machine. Il était deux heures du matin lorsque j'y arrivai. N'ayant plus l'envie de me divertir, je filai me coucher, avec un mince sentiment d'amertume naissant.


   Plus que cinq jours.

   Le temps pressait, et je n'avais pas encore trouvé le moyen de finir mes jours avec grandeur. Armé d'un calepin et d'un stylo, je fis le brainstorming de toutes les idées qui me passaient par la tête.Avant que l'encre se vide, j'eus le temps de noter « Fête foraine ». Je n'ai jamais eu l'occasion de participer à ce genre d'événements, ça allait donc être le moment. Je regardai sur Internet le lieu et la date de la prochaine fête dans ma ville.Je lus : Jeudi, à la place du marché. C'était demain. Enfin, la chance me sourit !

La semaine d'avant ma seconde vieLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant