Un mois plus tôt, le 12 novembre 1952

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Maurice Wilkins, le physicien

Bon, rien n'avance. Mon assistant ne vaut rien. Il est d'un mou, quel loukoum. Juste bon à ranger et nettoyer les appareils.

Il paraît que Watson avance bien dans ses recherches, je l'ai vu hier soir, tiens. Bon, faudrait voir si la photo, SA photo, a un quelconque intérêt. Je pense qu'ELLE a trouvé. ELLE a trouvé avant moi ! Elle sait tout cela, c'est un miracle, c'est uniquement de la chance, elle n'a pas pu trouver parce qu'elle est meilleure que moi !

Qu'est-ce qu'elle fait ici ? Le directeur a compris que cette femme avait du génie. Une femme, plus douée que moi ? Une femme dans un labo ?

C'est vrai qu'elle a passé du temps devant ses appareils, on la croirait greffée aux poignées. Experte du rayon X. Elle devrait irradier ce satané animal, je serai plus tranquille.

Un second couteau, voilà comment tout le monde me considère. Ce n'est que partie remise avant d'avoir moi aussi mon heure de gloire. Et s'en sera fini de cet affreux matou au nom ridicule de Kawasaki. Avec l'avancée de cette satanée Rosalind, il me faut un plan. De quoi la tourner en ridicule, elle et son Raymond. Par la même occasion, m'attirer les faveurs du directeur du labo parce que vu mes derniers résultats, il en va de ma place et j'en ai assez d'être à peine mieux considérer que son chat Lico. Allons donc, pense mon cher Wilkins, pense !

Pourquoi ne pas essayer de la séduire après tout... Et une fois le charme agissant, je profiterais qu'elle soit sur son nuage pour lui subtiliser ses clichés.

Ni une, ni deux, j'allai donc de ce pas lui proposer de quitter momentanément son idiot de chat pour un petit café à la machine et faire honneur à mon étiquette de Casanova.

Bouah ! Elle eut quand même le toupet de se pendre un macchiato ! Et à mes frais en plus. Heureusement que ce fut concluant. D'ici quelques jours, je devrais avoir en main son travail avec la ferme intention de le faire payer le Watson, pas question de monnayer à la baisse des informations de qualité.

Heureusement bientôt je pourrais m'introduire dans son labo. Je n'en puis plus de ses « mon amour » et autres « chéri », c'en est trop !

Mince, voilà le dirlo. Toujours au taquet celui-là. Et pas pressé de me verser mes primes. Comme il rôde autour de moi... On dirait qu'il se doute de quelque chose à propos de la photo 51. C'est tellement précieux, tellement inattendu ! ELLE va me rendre fou, tiens.

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