Indelible words - Part 1

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(Porcupine Tree - Heartattack In A Layby)

Louis.

Lorsque le feu passa au vert, Louis appuya son pied sur l'accélérateur en soupirant, las. Il était dix-sept heures et les routes étaient complètement bouchées à cette heure ci. Un léger mal de tête pointait le bout de son nez, accentué par le raffut que causaient les deux enfants dans son dos. Il était allé les chercher à la sortie de l'école comme à son habitude juste après son travail. La chaussée glissante de la dernière pluie ralentissait tout le trafic déjà important.

- Papa ! cria Darcy, Ethan m'a arraché tous les cheveux !
- Non c'est pas vrai ! T'es une menteuse ! renchérit le petit châtain.
- Les enfants, calmez-vous s'il vous plaît ! Ethan, laisse ta soeur tranquille, le gronda t-il.

Il souffla, agacé de leurs enfantillages. Son patron lui avait hurlé dessus toute la journée et cela avait rendu son humeur massacrante.
Les enfants durent comprendre qu'il n'était pas d'humeur puisqu'ils se turent à partir de cet instant. Il n'aimait pas leur crier dessus pour évacuer sa frustration mais il n'arrivait pas à se contrôler.

Sa mauvaise humeur allait en empirant puisqu'il savait qu'en arrivant, il trouverait une maison complètement vide, qu'il fallait qu'il fasse la lessive, le repas, qu'il couche les enfants et peut-être après aurait-il enfin un peu de temps pour lui si il ne s'écroulait pas de fatigue sur le canapé. Cette scène se produisait à peu près tous les jours depuis cinq mois maintenant. Harry, son mari ne rentrait à la maison qu'à des heures avancées dans la nuit et cela depuis que son père lui avait légué toute son entreprise "Styles&Co", trouvant son fils apte à enfin diriger la grande compagnie. Louis avait été tellement heureux pour son amour quand la nouvelle leur fut annoncée. Elle signifiait qu'ils n'auraient plus aucun soucis à se faire par rapport à l'argent puisque le salaire de grand patron de l'entreprise qu'allait rapporté Harry semblait complètement ahurissant pour les deux jeunes parents. Ils n'étaient pas en manque cruel d'argent mais les fin de mois étaient parfois difficiles, obligeant la petite famille à limiter les dépenses notamment en jouets pour leur petit garçon Ethan âgé de sept ans. Darcy, leur aîné, approchait des onze ans. Elle commençait donc à se désintéresser de ses poupons et poupées et se tournait vers le maquillage et la mode au plus grand désespoir de ses deux parents.

Louis se demanda si Harry allait au moins rentrer avant minuit pour pouvoir voir ses enfants qu'il ne voyait pratiquement plus à cause de ses horaires impossibles. Depuis ces quelques mois, le couple s'était affreusement éloigné. Une distance s'était créée entre eux due au travail de Harry. Louis n'en pouvait plus de ne plus voir son mari, de ne plus pouvoir le câliner à sa guise. Ils ne se voyaient plus, et quand Harry était à la maison, il passait tout son temps avec ses enfants, délaissant complètement son mari qui souffrait de cet abandon. Dès qu'ils se retrouvaient tous les deux ils se hurlaient dessus pour des raisons complètement ridicules. Louis savait que Harry était épuisé mais il ne comprenait pas pourquoi il déchargeait sa fatigue et sa frustration sur lui. Il lui demandait sans arrêt de changer ses horaires parce que tout de même, il était le grand patron, il pouvait aménager un emploi du temps plus abordable pensait Louis. Mais Harry demeurait sur ses positions. Maintenant c'était le travail avant la famille et Louis l'avait très bien compris. Il savait même que ses enfants en souffraient. Leur papa leur manquait terriblement. Et c'était cela qui lui était particulièrement insupportable, il ne pouvait accepter que Harry fasse souffrir leurs enfants pour son travail alors qu'il était sûr à cent pour-cent qu'il avait le pouvoir de changer cela.

La bonne ambiance familiale d'il y a quelques mois semblait tellement lointaine et laissait un goût amer sur sa langue. Il pouvait bien sûr comprendre que son mari était épuisé mais lui aussi l'était tout autant. Il travaillait toute la journée en supportant son patron détestable et passait tout le reste de son temps à s'occuper de ses enfants et attendre son mari devenu un fantôme.

OS Larry StylinsonLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant