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Savez-vous réellement ce que c'est d'être heureux? Est-ce que c'est être riche? Est-ce que c'est avoir une vie peu compliquée? Est-ce que c'est avoir beaucoup d'amis? Est-ce que c'est avoir un compagnon de chemin?

Je ne pense pas.

Vous savez dont je suis convaincue par contre?

Je vais vous le dire. Pour moi, être heureux c'est lorsque tu ris comme un enfant, que tu t'émerveilles d'un petit plaisir. Avoir un sentiment de plénitude, comme si rien d'autre de mieux à cet instant présent ne pouvait arriver. C'est toucher les étoiles sans bouger d'un pouce. Frôler la vie, la mort, l'amour, la joie, la peine passée ou présente en se disant "tu ne m'atteint pas, je suis ouverte au monde."

D'un coup ton esprit et ton corps ne font plus qu'un et tu es rempli, pas de trous ou de fuite possible. Tu te sens entier et tu voudrais refaire le monde. Tout voir, tout savoir, tout connaitre en un regard. Aimer chaque individu. Tout toucher, tout entendre. Être encore plus emplie de ce sentiment si apaisant. Plus rien ne compte hormis ce qu'il y a à l'instant T. Ce bonheur que tu ne peux pas nommer parce qu'au final je crois qu'on ne se rend pas réellement compte d'être heureux quand on l'est. On se sent bien voilà tout, mais le vrai bonheur c'est la satisfaction pendant un instant que vraiment rien d'autre de plus beau ne pourrait être en train de nous faire rêver, vibrer, flâner, briller, crier, pleurer, rire, aimer, vivre et apprécier.

Ce moment je l'ai connu de nombreuses fois par le passé. J'étais éblouie par la vie. J'étais en perpétuelle demande de battement de cœur frivole. Jusqu'au jour où j'ai tout perdu. Les uns après les autres mes rêves, mes rires, mes palpitations, mon espoir, tout ça avait disparu.

Parce que la vie c'est comme ça.
Un jour tu es debout et le lendemain tu tombes. Tu dois te relever. Et plus tu tombes, plus c'est dur de reprendre appuie sur quelqu'un, moins tes jambes sont stables et te portent.

Alors au moment où tu tombes et que t'es incapable de te remettre en route, tu as deux choix:
- Attendre d'aller mieux en gardant espoir et en faisant de ton mieux pour continuer à avancer.
- Te laisser tomber par terre une bonne fois pour toute. Maudire tes jambes d'être faibles. Maudire les autres d'être parti. Maudire la vie d'être si dur. Te maudire toi pour avoir été si nulle. Maudire le monde de tourner sans toi. Maudire chaque personne plus heureuse que toi, parce que tu es malheureux. Maudire tes rêves de ne pas être restés quand tu leurs as demandé de s'en aller. Maudire chaque chose qui pourrait te rappeler que tu es au sol et que tu ne te redresses pas.

Moi je n'ai pas choisi. On dit souvent qu'on choisi de s'enfermer dans la tristesse. Qu'on choisi d'être malheureux, que quand on veut on peut. Qu'on choisi d'être pessimiste.

Mais en réalité la deuxième option peut aussi être un châtiment. Je ne sais pas trop encore si on se l'inflige inconsciemment ou si ça te tombe dessus comme une fiante de pigeon fraîche. Les deux sont possibles.

J'étais - en réalité je suis, j'ai juste du mal à l'affirmer encore car ça me désole - prisonnière de la deuxième option. En profonde dépression. D'ailleurs j'étais même passé au stade d'après qui consiste à maudire tellement les autres que tu finis par te détester toi de A à Z. Pourtant aussi de t'exiler de la vie, de t'arracher ce droit de vivre. Ou plutôt de te libérer de tout ce poids qui pèse depuis un temps qui te semble être une éternité.

Chaque jour, mes bras me faisaient de plus en plus mal. Ensuite mes cuisses aussi. Chaque partie de mon être était une parcelle de souffrance. Physique ou mentale. Chaque mot était une torture. Chaque idée était noire.

La vie me semblait si confuse, si dur, si horrible. Pourquoi tout le monde semblait être contre moi depuis presque mon premier souffle?

Pourquoi maman disait que je suis un poids pour elle? Pourquoi mamie me dit tous les jours ces paroles qui mutilent mon cœur ? Pourquoi ma vie n'a d'importance pour personne? Pourquoi ces gens qui disaient être mes amis m'humiliaient de la sorte? Pourquoi chaque pas que je m'obstinais à faire était une douleur impardonnable?

M A D E L I A.Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant