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Quand la nuit se fait jour

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Où suis je? Je ne vois autour de moi que du noir. Je suis perdue dans cette obscurité profonde qui aveugle et m'effraie. C'est une nuit qui n'en finit plus. Pas un bruit, personne aux alentours, pas une lueur, il fait froid comme dans un cauchemar d'enfant. Que s'est il passé ? Pourquoi suis je là ? Assise sur le sol en béton, je me recroqueville pour me protéger et oublier la sensation de froid qui glace mon sang. Quelqu'un sait il où je suis ? Va-t-on venir me sauver ? Les questions se bousculent dans ma tête mais je ne trouve aucune réponse capable de me soulager. Mes yeux, que je peine à tenir grands ouverts, finissent par s'habituer à l'obscurité et je réalise que je suis enfermée dans une cave. Il n'y a aucune fenêtre, pas même un rai de lumière qui passe par le seuil de la porte. Il règne ici une odeur tenace de renfermé, de moisissure qui m'écœure, qui imprègne mes vêtements et les pores de ma peau. J'ai envie de hurler et de fuir mais la panique me paralyse. Et puis bouger pour aller où ? Dehors est-ce pire qu'ici ? Les questions fusent à nouveau et j'angoisse de plus belle. Ma respiration se fait alors haletante, le rythme de mon cœur s'accélère, la pourriture saturant l'air me file la nausée, je suffoque mais je tiens bon. Il faut que je m'active pour me sauver d'ici, pour me sauver la vie. Je tente ainsi de me relever, la tête me tourne, je me retiens instinctivement aux murs humides de la cave. Mes jambes tremblent et de fines gouttelettes de sueur perlent sur mon front fatigué. Je les essuie du revers de la main comme pour effacer l'angoisse qui m'étreint. Il ne faut surtout pas que je flanche! Je n'ai pas d'autres solutions que d'affronter seule cette réalité que j'appréhende et qui me tétanise. Suis-je prête à partir ? Cette cave n'a rien d'un nid douillet mais ici je suis en sécurité à l'ombre des autres et de ma vie compliquée. A l'abri dans mon trou, je ne peux plus tomber puisque je suis déjà à terre. Je ne peux plus me faire mal maintenant que je sais voir dans l'obscurité. Cette routine misérable n'est-elle pas un frein à ma liberté ? Puis-je espérer un avenir meilleur ? Les questions reviennent incessantes, elles me déstabilisent, me minent le moral et épuisent mon énergie. Tout finit par se mélanger dans ma tête, les émotions l'emportent sur ma raison ravagée, le doute oppressant me ronge de l'intérieur et je laisse glisser mon corps affaibli jusqu'au sol sans chercher à me retenir à un éventuel appui. La tête dans les mains, je me mets alors à pleurer pour relâcher la pression et évacuer les tensions trop longtemps agglutinées dans mon ventre, ma poitrine et mon crâne alourdi. Je me sens vidée comme anesthésiée par la fatigue et mon cerveau en perpétuelle ébullition a enfin cesser de cogiter. Je m'abandonne un instant et profite pleinement de cette accalmie.

Tout à coup, la voix cristalline d'une enfant qui prononce inlassablement mon prénom rompt le silence et me tire de ma léthargie. Curieuse et étonnée, je la cherche de mes yeux embués et je finis par distinguer dans un angle de la cave la silhouette d'une fillette. Elle est assise par terre, le dos appuyé contre le mur. Elle tient dans sa main droite une bougie. Comment est-ce possible ? Je ne comprends plus rien, la cave semblait pourtant sans vie et noyée dans le noir. Comment cette enfant a atterri ici ? Suis-je en train d'halluciner ? La fatigue et l'angoisse doivent certainement me jouer un mauvais tour en altérant mes perceptions. Suis-je en train de devenir folle ? Craintive, je ne lâche plus des yeux la fillette qui se relève et s'approche de moi. Je me redresse et nous nous retrouvons l'une en face de l'autre. Elle doit avoir six ou sept ans, son visage est rond, ses longs cheveux lisses sont bruns, ses yeux à la pupille dilatée et d'un noir étincelant me regardent avec intensité. Je réalise surprise que l'enfant me ressemble trait pour trait. Elle est mon double lorsque j'avais sept ans. Face à moi même, je ressens un choc si brutal que ma gorge se noue d'émotion, que mon cœur troublé, se met à trembler. La fillette qui perçoit ma surprise et mon désarroi m'adresse alors un large sourire pour me rassurer. Dois- je avoir peur d'elle ? de moi même ? Je ne sais plus. Je tente de me calmer en respirant par le ventre. Lentement, avec concentration.Longuement. Je dois me résonner avant que la panique dévastatrice ne prenne le dessus, avant que le jeu malsain des questions sans réponse ne me pollue l'esprit.

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